Zoom libraire

 28/12/2018

Dans leur librairie/presse, Ivan Bernardic et Thierry Godin travaillent tout en s’amusant… et cela se voit. Quand l’un est derrière le comptoir, l’autre arpente les recoins de leur commerce pour replacer tel ou tel produit.
« Ta tour de boîtes de chips est trop haute » fait remarquer Thierry à Ivan, avant de commencer à la réarranger, alors que nous sommes en pleine interview. Et ce, sous le regard amusé de son comparse. Bienvenue dans la Librairie de la Clef à Fléron…

 

Bonjour à tous les deux, comment êtes-vous arrivés dans le monde de la presse ?

Ivan Bernardic : Bonjour Colin. Pour ma part, je suis dans le métier depuis vingt ans. Au début de mon aventure, en 1998, j’ai d’abord tenu un point de vente à Herstal. Cela a duré quinze ans. Quant à ce point de vente ci, il existe depuis onze ans.

J’ai géré les deux librairies/presse en même temps, mais à Herstal, le quartier se dépeuplait petit à petit et le magasin mourait à petit feu également. 

Thierry Godin : Quant à moi, j’ai rejoint Ivan en 2007 à l’ouverture de la Librairie de la Clef. Mais à l’époque, la librairie/presse « historique » se situait de l’autre côté de la rue. Cependant l’infrastructure du lien n’était pas idéale.

Ivan Bernardic : Du coup, nous avons racheté cette surface commerciale lorsqu’elle s’est libérée. Il s’agissait d’un salon de coiffure qui faisait déjà la même surface qu’aujourd’hui (environ 90 m²).

 

En plus de vous deux, vous avez une vendeuse qui travaille dans votre point de vente. Elle vous a permis d’étendre vos heures d’ouverture !

Ivan Bernardic : En effet, nous sommes également ouverts le dimanche de 10 h à 18 h. C’est un horaire un peu particulier, mais comme nous proposons des paris sportifs, nous avons des clients qui viennent juste pour cela le week-end.

Le fait d’être ouvert nous permet aussi de dépanner des clients qui organiseraient un barbecue le dimanche après-midi et qui devraient acheter une bouteille d’alcool au dernier moment. En règle générale, nous avons entre 350 et 400 clients par jour en semaine. Le weekend, cela peut monter jusqu’à 500 clients par jour.

Thierry Godin : Comme nous travaillons à trois, nous avons installé un comptoir avec deux caisses et deux terminaux du Lotto. Ce choix nous permet de diviser une fi le de clients dans les périodes plus agitées et comme cela ils doivent moins attendre.

Un autre avantage au fait de travailler à plusieurs est que nous n’avons pas tous besoin d’être dans le magasin en même temps. Généralement, un de nous deux ouvre et l’autre ferme.

D’ailleurs, nous ne coupons jamais le contact avec la clientèle donc le point de vente n’est pas fermé pendant les vacances.

Ivan Bernardic : Et puis nous sommes tous les trois assez différents dans la façon dont nous travaillons. Thierry est plus dans la finance et l’organisation, comme Olga (notre vendeuse). De mon côté, je m’occupe du côté créatif. Chacun son truc, mais on ne se marche jamais sur les pieds.

 

Quels sont les principaux produits que vous proposez ?

Ivan Bernardic : Les trois piliers bien évidemment. Et puis un peu comme tout le monde je pense, nous avons des livres, de la carterie, de la papeterie, etc.

Au niveau de la presse, nous vendons beaucoup de magazines avec un public de niche et donc plus spécifique. Bien sûr, nous avons aussi des élèves le matin et notre clientèle est assez éclectique dans l’ensemble. Le livre, quant à lui, se vend très bien. Par contre au niveau alcool, nous ne proposons que du dépannage.

Thierry Godin : D’ailleurs, au fi l des années, une vraie clientèle livre s’est créée. Il existait auparavant une librairie « pure »dans les environs, mais elle a disparu.

À part cela, nous faisons aussi des photocopies et proposons des cartes de bus et téléphoniques. Par contre nous faisons uniquement des recharges d’abonnements, car activer une nouvelle carte SIM est devenu un véritable parcours du combattant.

J’aimerais aussi revenir sur les trois piliers et plus particulièrement sur la Loterie. Pour nous, elle n’est plus vraiment un partenaire, car ils en mettent partout. Bientôt il y en aura dans les pharmacies… Attention, nous ne boycottons pas du tout le produit, mais nous essayons de « ré humaniser » la relation avec le client, contrairement à Internet.

 

Il y a des produits que vous ne vendez pas, par choix ?

Thierry Godin : Nous nous restreignons beaucoup dans tout ce qui est alimentation. Bien sûr, nous avons de la confiserie et quelques snacks, mais nous ne vendons pas de sandwiches ou autre. Autour de notre librairie/presse, il y a plein de commerces qui vendent de l’alimentation, notamment une sandwicherie. Nous n’avons pas envie de concurrencer des commerçants du quartier en allant marcher sur leurs plates-bandes.

 

Toujours dans les produits, en avez-vous développés suite aux demandes de votre clientèle?

Thierry Godin : Pas spécialement. Un produit que nous avons particulièrement développé, ce sont les paris sportifs. Nous avons quatre bornes pour les clients. L’avantage des libraires/presse pour les paris sportifs, c’est que nous payons directement les gains.

Les maîtres mots pour un libraire/presse, sont la confiance, le professionnalisme et le service. 

 

Pour clôturer ce chapitre, vous comptez mettre en avant des produits spéciaux pour la fin d’année ?

Ivan Bernardic : Pour la fin de l’année, nous restons dans le classique avec des produits cadeaux et des packs cadeaux. Et bien évidemment nous décorons le point de vente. Nous avons aussi prévu une action « un peu spéciale » pour nos clients, mais je n’en dis pas plus pour le moment.

En général, nous organisons quelques petits événements pendant l’année, comme pendant la Coupe du Monde.

Et tous les six-sept mois, nous changeons entièrement la disposition des produits dans le magasin. Cela oblige les clients à explorer des parties de la librairie/presse où ils ne vont pas d’habitude. Et tout au long de l’année, nous mettons en évidence des produits par rapport à la période. Par exemple pour le moment (ndlr : au moment de l’interview), ce sont les 90 ans de Mickey donc nous avons mis en avant les titres spéciaux relatifs à ce sujet.

 

Êtes-vous présents sur internet et les réseaux sociaux ?

Ivan Bernardic : Actuellement non. Mais nous avons comme projet de nous lancer d’abord sur les réseaux sociaux avec une page Facebook, puis par la suite avoir un site internet. Après, il faut être sûr de pouvoir alimenter notre page, sinon cela risque de faire un peu vide.

Thierry Godin : Être présent sur internet est important bien sûr. Il faut se renouveler, car la clientèle est jeune, mais ce n’est pas non plus la cible principale.

 

Vous êtes également membre de Prodipresse, pourquoi ce choix ?

Ivan Bernardic : Nous sommes membres depuis environ un an. La principale raison d’adhérer était de montrer notre soutien et de faire réseau. Nous n’avons jamais rencontré de gros soucis. Allez, peut-être une fois ou deux avec des étudiants qui se trompaient dans les RIC, mais rien de grave et cela a à chaque fois été réglé.

Au vu de notre ancienneté dans le métier, nous connaissons aussi les commerciaux depuis longtemps, ce qui facilite la relation (notamment en cas de soucis) et la rend plus agréable.

 

Avez-vous des projets pour l’avenir de votre commerce ?

Ivan Bernardic : Nous n’avons pas de projets spécifiques pour le futur de notre librairie/presse. En termes d’espace, nous ne pouvons pas repousser les murs et bénéficions quand même de 90 m².

Au niveau des produits, je pense qu’il est toujours intéressant de se diversifier et de suivre un peu les tendances qui vont arriver. Mais il ne faut pas non plus tomber dans l’excès, sinon vous avez un peu de tout, mais vous n’avez plus le temps de bien travailler vos différents produits et de les mettre en avant.

 

Comment voyez-vous le futur du réseau ?

Ivan Bernardic : Je pense que sur ce point-là j’ai un peu la même vision que les autres libraires/presse interrogés dans les Zooms libraire : ce sont seulement les plus sérieux qui vont rester. Ceux qui reprennent un commerce sans se rendre compte de ce qu’on touche vraiment et de tout le travail qu’il y a derrière vont se casser la figure.

 

Pour vous, s’il fallait retenir quelque chose du métier de libraire/presse, ce serait quoi ?

Thierry Godin : Le plus important pour nous, c’est de s’amuser tout en travaillant dans notre point de vente. Cela rend tout de suite les choses plus agréables. Les clients font déjà l’effort de venir, donc il faut être sympa. Des clients nous disent qu’ils font leurs courses au Carrefour du coin, mais qu’ils viennent acheter leur presse et leur tabac chez nous. C’est une belle preuve de confiance.

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