L'avis de ProDiPresse

 06/11/2020

Ce vendredi 6 novembre, Yannik Bellefroid était interviewé sur Vivacité en sa qualité de président de l’Union Professionnelle des Associations de Paris. Il se demandait pourquoi les bornes de paris sportifs avaient été reconnues comme produit non essentiel et avaient dû être débranchées dans les librairies-presse alors que l’intégralité des jeux de la Loterie Nationale reste accessible.

Prodipresse, en tant qu’organisation professionnelle des libraires-presse indépendants francophones de Belgique, partage l’incompréhension de Yannik Bellefroid face aux décisions « deux poids deux mesures » de l’État et même de manière générale ces derniers temps.

Il est évident qu’il n’appartient pas à Prodipresse de se prononcer sur les produits qui sont catégorisés comme essentiels ou non, ce n’est pas notre rôle.

Cependant, nous sommes en droit de nous poser des questions sur les choix politiques actuels à deux vitesses. Aujourd’hui, ce sont les paris sportifs qui sont momentanément à l’arrêt, mais qui nous dit que, demain, l’État ne va pas nous interdire de vendre les produits de la Loterie Nationale pour ne pas faire concurrence aux paris sportifs ? Puis d’arrêter de vendre du tabac parce que les marchands de tabac ont dû fermer… À ce rythme-là, il ne nous restera plus que la presse dont la vente sera autorisée, situation invivable qui mènera à la fermeture de toutes les librairies-presse et plus personne ne pourra rien vendre sans faire une concurrence déloyale à un autre secteur.

Tout ce que nous demandons, c’est uniquement de la cohérence pour les décisions futures.

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 12/03/2020

Ce jeudi 12 mars 2020, « le Quotidien belge francophone grand public et sportif qui affirme chaque jour sa recherche de l’exclusivité et de l’information enrichie » (tel qu’il est décrit par le groupe IPM lui-même sur son site), a publié un article abordant les contrôles menés par la Loterie nationale sur la vente de ses produits aux mineurs d’âge sous le titre « Vente de Lotto aux mineurs : 15% des libraires piégés » dans ses éditions papier ou « Vente de billets de loterie aux mineurs : c’est strictement interdit, mais 15% des libraires s’en moquent » sur son site internet. Problème : ces chiffres sont totalement faux…

Passons sur le titre de cet article, notamment le second qui remet directement en cause le professionnalisme de notre réseau (le terme « s’en moquent » faisant clairement allusion à un non-respect de la loi en toute connaissance de cause) et penchons-nous plutôt sur les chiffres avancés par le journaliste de La DH Les Sports+.

D’après les résultats officiels de la Loterie nationale, 554 librairies/presse ont été contrôlées en tout et pour tout sur l’année 2019. Sur celles-ci, seules 43 ont commis une infraction, ce qui représente 7,76% du total.

Nous sommes donc bien loin des « 15,8% de librairies/presse contrôles » en infraction comme annoncé dans l’article.

Car, sur l’ensemble des 1.601 points de vente de la Loterie nationale ayant reçu la visite d’un « mystery shopper » (faux client âgé de moins de 18 ans) en 2019, tous ne sont pas des librairies/presse. En effet, la vente de leurs produits n’est pas réservée exclusivement à notre réseau.

Si l’on compare avec les 554 annoncés plus haut, uniquement un tiers des points de vente contrôlés sont des librairies/presse.

Dès lors, un point de vente de la Loterie nationale n’étant pas forcément une librairie/presse, il est donc totalement faux et malhonnête d’écrire que « 15% des libraires se moquent » de l’interdiction de vendre des produits de la Loterie nationale à des mineurs d’âge.

Par ailleurs, lors de la publication de ses résultats, la Loterie a précisé que les libraires/presse étaient les meilleurs élèves lors de ces contrôles. À l’inverse, les stations essence et les points de vente « FOOD », enregistrent de moins bons résultats. Étant souvent plus « jeunes », ils manquent parfois d’expérience.

« Le point du jeu responsable est fréquemment abordé avec tous nos points de vente (formation, visites de Reps, modules elearning, emails, LONET…). » nous a confirmé à ce propos Arnaud Hermesse, Chief Retail Officer à la Loterie.

Face aux chiffres erronés annoncés dans l’article, Prodipresse, en tant qu’organisation professionnelle des libraires/presse francophones indépendants de Belgique, se désole de ne pas avoir été consultée avant sa publication, ce qui aurait pu aider le journaliste à éviter toutes ces erreurs.

Après tout, ce n’est pas comme si le Code de déontologie journalistique, dès son préambule, indiquait que « les journalistes s’imposent (...) des normes qui découlent de l'obligation de diffuser des informations vérifiées ».

À préférer le sensationnalisme à des informations exactes et vérifiées, il n’est malheureusement pas étonnant de voir les ventes de la presse papier quotidienne baisser. Mais ce n’est pas en s’attaquant au réseau de distribution de ces mêmes quotidiens que cela va s’arranger…

 

L'article publié en ligne est trouvable au lien suivant : https://www.dhnet.be/actu/societe/vente-de-billets-de-loterie-aux-mineurs-c-est-strictement-interdit-mais-15-des-libraires-s-en-moquent-5e691c65d8ad582f316525f3

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 13/01/2020

Dans le cadre d’un véritable plan santé que Prodipresse et Perstablo, les organisations professionnelles des libraires/presse indépendants de Belgique, ont présenté au Ministre des PME et au Ministre de la Santé en juin 2018, nous confirmons notre souhait et notre volonté de nous inscrire pleinement dans la prévention sur le tabagisme.

Pour rappel, le plan proposé par les organisations professionnelles faisait suite à l’arrivée du paquet neutre en Belgique. Il est axé sur plusieurs points repris partiellement dans les propositions de texte de loi présentées à la Commission Santé de la Chambre :

  1. Oui à la commercialisation des produits tabac uniquement « dans les débits de tabac et chez les marchands de journaux »repris sous la nouvelle définition libraire/presse.
    À l’heure actuelle, la Belgique compte 13.200 points de vente tabac contre 25.500 pour l’ensemble du territoire français.
  2. Oui à l’interdiction de la publicité pour le tabac traditionnel vers les consommateurs uniquement (B to C), tout en autorisant celle des produits tabac sous forme de nouvelles technologies ainsi que la communication indispensable entre professionnels (B to B).
  3. De cette façon, nous avons la possibilité d’aider nos clients à effectuer la transition vers ces nouvelles technologies qui seraient moins novices.

Oui à la mise en place de mesures d’accompagnement structurelles pour aider le réseau des libraires/presse à compenser la perte de certains revenus liés à l’affichage des produits tabac traditionnels.

Le tout, dans un délai raisonnable de deux ans, pour une mise en œuvre à partir du 1er janvier 2022.

Plus que tout, les libraires/presse souhaitent devenir le réseau référent pour aider nos clients à arrêter de fumer. Mais pour y arriver, cela passera obligatoirement par un vrai plan santé porté par le gouvernement et non pas juste par des mesures plus symboliques qu’efficaces.

 

Vous pouvez retrouver l’entièreté de la position de Prodipresse à ce sujet en cliquant ici.

 

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 09/12/2019

Lors de la 25e réunion de la Commission des Diffuseurs de Presse Indépendants (au sein du SPF Économie) dont fait partie Prodipresse, le rapport final d’une étude menée par l’Université Catholique de Louvain et la Katholiek Universiteit van Leuven intitulé « Analyse stratégique de la situation actuelle et de l’avenir des diffuseurs de presse indépendants » a été présenté.

Réalisée à la suite de la concertation des parties prenantes, cette étude avait pour objectif de fournir une vision indépendante (pas celle des éditeurs, des distributeurs ou des diffuseurs uniquement) du métier de libraire/presse afin de se projeter dans l’avenir tout en faisant un constat du passé. Elle représente une part importante du budget du SPF Économie de par son ampleur et ses nombreux interlocuteurs à consulter.

Ce rapport se conclut donc en évoquant trois pistes pour le futur. La première consiste en l’accélération des menaces et donc la disparition rapide de notre réseau, la seconde est un scénario de statu quo qui verrait notre réseau continuer à s’étioler et la troisième propose un scénario d’accompagnement avec sept mesures préconisées. Prodipresse s’est prononcée en faveur pour la troisième solution qu’elle estime être la meilleure pour l’avenir des diffuseurs de presse.

Dans ce troisième scénario, le dispositif d’accompagnement du secteur comprend potentiellement les mesures suivantes :

  • Établir un cahier de charges pour une labellisation officielle des diffuseurs de presse indépendants, renforçant la protection de certains acquis (horaires d’ouverture élargis) et certaines missions (contrôle des clients, promotion de la presse) ;
  • Dans la foulée de cette labellisation, étudier une progressive exclusivité (avec dérogations) sur les ventes de tabac ;
  • Participer au développement d’un réseau de diffuseurs capables de jouer un rôle accru dans l’e-commerce, notamment en servant de plateforme de réception et de transmission d’un plus grand nombre de catégories de colis et marchandises ;
  • Développer une offre de formations complémentaires destinées à accompagner les diffuseurs indépendants dans le développement de nouvelles sources de revenus ;
  • Stimuler le développement des activités de point poste en concertation avec les parties prenantes ;
  • Prévoir un monitoring du secteur, plus particulièrement la transition des activités liées aux piliers historiques, capable de prévoir de manière détaillée le phasage de ces transitions et leurs menaces/opportunités.
  • Soutenir financièrement certaines activités par le biais d’une autre distribution du subside public octroyé pour la distribution de journaux et périodiques à bpost. Parmi les pistes possibles, figurent:
      • La prise en charge des frais de port mensuels ;
      • Une compensation financière pour le portage des abonnements ;
      • Le développement d’une plateforme de distribution élargie pour soutenir l’e-commerce (cfr plus haut).

Selon l’étude, cet accompagnement n’évitera pas les fermetures, mais elles se produiront à un rythme moins élevé que dans les autres scénarios. Ce scénario d’accompagnement doit, à plus long terme, permettre de laisser le temps au secteur de définir un nouvel équilibre commercial entre ses piliers historiques et d’autres activités, le tout en se dotant d’une structure (label associé à une charte, par exemple) réaffirmant la valeur ajoutée des diffuseurs de presse indépendants aux yeux du public. Ce scénario d’accompagnement doit in fine servir à penser l’avenir du secteur, et sa valeur ajoutée, au-delà de la disparition potentielle de certaines activités.

Cette troisième piste proposée reprend également un grand nombre de mesures proposées par Prodipresse dans son mémorandum politique.

L’avenir du réseau des libraires/presse, notre avenir, doit notamment passer par une définition claire de notre secteur (et ainsi des avantages liés) et une réduction du nombre de points de vente tabac .

L’entièreté du rapport et ses conclusions sont consultables au format PDF en cliquant ici.

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 31/10/2019

Ce vendredi 1er novembre 2019, il sera interdit de vendre des produits du tabac aux mineurs d’âge (moins de 18 ans). Cette nouvelle loi, votée en avril dernier par la Chambre des représentants, vise tous les produits liés au tabac (cigarettes, cigarettes électroniques, pot ou pochette de tabac) et relève donc de deux ans l’âge légal pour acheter de tels produits.

En tant qu’organisation professionnelle des libraires/presse indépendants francophones de Belgique, Prodipresse salue cette initiative et a envoyé, via sa revue professionnelle (Prodipresse Magazine), au réseau des libraires/presse une affiche A3 ainsi que des stickers mettant en avant l’interdiction pour les mineurs d’âge d’acheter des produits du tabac mais aussi des alcools forts, des jeux de la Loterie Nationale et des produits de paris sportifs. Via cette initiative, nous invitons également les clients à présenter leur carte d’identité au libraire/presse lorsqu’il la demande et ainsi à aider le commerçant qui respecte la loi.

Le réseau des libraires/presse indépendants souhaite devenir le réseau de référence de la vente des produits non-libres, le partenaire de l’État et des Régions dans la cadre d’un véritable plan santé tabac notamment.

Dès lors, nous réitérons notre demande d’une forte réduction du nombre de points de vente tabac afin d’avoir un réseau clair et contrôlable sur la vente des produits tabac comme dans d’autres pays européens (France, Espagne, Italie, etc.) pour mieux combattre les produits de contrebande et le non-respect des législations actuelles.

C’est également le message que Xavier Deville, Président de Prodipresse, a passé lors de son intervention en tant qu’expert sur le sujet dans l’émission C’est vous qui le dites de la RTBF (du mercredi 30 octobre). Le réseau des libraires/presse se veut respectueux des lois, contrairement à d’autres chez qui les contrôles ne se pratiquent pas toujours.

Vous pouvez retrouver son intervention ici (à partir de 1:23:53)

Xavier Deville est a aussi été interrogé dans le journal télévisé de 13h sur la Une de par son métier de libraire/presse afin de réagir à la façon dont notre réseau va gérer cette nouvelle loi.

Vous pouvez retrouver son intervention ici (à partir de 6:38)

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 20/09/2019

J’espère que vos mois d’été furent à la hauteur de vos attentes et que la rentrée qui se profile s’annonce bien dans votre commerce. On le sait, dès septembre, on est parti pour un petit marathon pour finir 2019 et les mois qui nous en séparent vont filer à la vitesse grand V.

D’abord, c’est la rentrée de toutes les petites (et grandes) têtes blondes dans les différents niveaux scolaires, mais aussi la reprise d’un train-train quotidien et quelques changements importants dans celui-ci.

Le monde du tabac s’apprête à subir une révolution avec l’arrivée du paquet neutre, mais aussi avec le « track and trace », l’âge minimum qui passe de 16 ans à 18 ans, les produits du CBD et un cadre légal clarifié, sans oublier certaines interdictions qui tombent d’un coup. C’est donc en toute logique que nous consacrons un dossier-tabac ultra complet dans ce numéro qui devrait vous permettre de vous y retrouver.

Je peux déjà aussi vous annoncer que cette année le Jour du Libraire Presse (JLP) aura lieu le samedi 19 octobre 2019 et que nous vous préparons, tout comme l’année passée, 150 colis pour vous permettre de remercier vos clients comme il se doit.

S’il fallait garder un mot d’ordre concernant tous ces sujets, ce serait : ANTICIPATION. Que ce soit pour la gestion du paquet neutre ou pour vous préparer à ce marathon de fin 2019. Sans cela, vous risquez d’être débordé/e/s et de devoir mettre les bouchées doubles pour ne pas être dépassé/e/s.

Prodipresse sera là, à votre disposition, pour vous y aider et nous commençons par ce dossier-tabac, mais aussi avec cinq rencontres pour vous expliquer le paquet neutre et comment gérer ses conséquences sur votre quotidien. Ces sessions seront réalisées en collaboration avec Philip Morris et j’en profite aussi pour vous inviter à jeter un coup d’œil sur la plateforme PMI OPEN pour y retrouver les vidéos reprenant les rencontres que j’ai eues avec mes collègues français qui connaissent bien le sujet.

Bonne rentrée à tous,

Xavier Deville

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 04/07/2019

Dans tous les contrats, il y a des conditions générales et certaines dispositions particulières qui le composent. Il faut TOUJOURS tout lire et bien comprendre à quoi
cela vous engage.

Au-delà des promesses du représentant de la société, seul votre contrat fera force de loi auprès d’un juge si une des parties n’est pas d’accord sur ses obligations et toutes les belles promesses de votre représentant n’existeront plus si elles n’ont pas été écrites et validées par le responsable de la société.

 

En général, un contrat est prévu pour définir les obligations de chaque partie dans le cadre d’une collaboration commerciale.

Dès lors, si le contrat vous est proposé par votre futur partenaire, il y a beaucoup de chance qu’il mette plus d’obligations de votre côté que du sien et que vos obligations soient plus contraignantes que les siennes. Il est donc important de les lire à tête reposée et de bien comprendre à quoi vous vous engagez aussi bien sur les montants financiers que sur les délais. Prenez toujours au moins 48h pour vous donner le temps de lire et comprendre votre contrat avant de signer. Si votre représentant n’est pas capable de vous donner une explication claire et précise ou vous répond que ce point « n’est pas important parce que jamais utilisé », méfiez-vous doublement. Pour rappel vous êtes le propriétaire de votre magasin et si elle vous démarche, c’est que la société en face de vous a un intérêt à travailler avec vous, donc imposez vos conditions. Prodipresse est aussi là pour aider ses membres à comprendre les articles du contrat posant problème et à les aider à choisir le bon contrat.

Les contrats de paris sportifs n’échappent pas à la règle et nous vous proposons un petit florilège de ce qui nous a été soumis, qui est tout simplement inacceptable et même très dangereux pour vous. Dans certains contrats, c’est carrément un droit de préemption sur votre commerce que vous validez en le signant.

 

Un droit de quoi ? De préemption ? C’est quoi ce truc ?

C’est le droit qu’aura l’opérateur sportif sur la reprise de votre commerce si vous ne répondez pas aux critères et obligations inscrites en toutes lettres dans votre contrat. Autrement dit, si vous ne remplissez pas vos obligations, il aura le droit d’annuler la reprise de votre commerce en lieu et place du repreneur que vous auriez trouvé, et de le reprendre… mais à ses conditions ! Le plus souvent, il s’agit de faire accepter au repreneur la signature du nouveau contrat avec l’opérateur sportif existant, mais on ne vous dit pas si ce sera aux mêmes conditions. Il en sera souvent aussi de votre responsabilité si votre repreneur ne peut obtenir une licence F2 à son nom… éléments difficiles à connaître et à faire accepter à un repreneur éventuel.

 

Durée et résiliation

Votre durée de contrat ne doit pas excéder la durée de votre licence F2, à savoir 36 mois (3 ans). Dans certains contrats, notamment celui d’un opérateur sportif lié à un quotidien, il va jusqu’à 108 mois soit neuf ans ou la durée de trois licences. Ne vous engagez JAMAIS pour des durées aussi longues : vous vous bloquez et ne pourrez pas vous diversifier si le produit fonctionne.

De plus, en cas de résiliation avant l’échéance vous allez devoir payer une indemnité à l’opérateur. Dans le cas des 108 mois, elle sera « égale à la moyenne du revenu brut des jeux des six derniers mois précédents la date de rupture du contrat multiplié par le nombre de mois à échoir jusqu’à l’expiration du contrat ». Autrement dit, après trois ans vous voulez arrêter et avec un « petit » revenu brut des jeux de 1.000 €/mois vous allez devoir payer 1.000 € multiplié par les 72 mois restants, soit 72.000 €… si vous avez 5.000 € de revenu brut des jeux cette somme monte à 360.000 € !

D’autant plus important que si vous cédez votre libraire/presse dans cette période et que votre repreneur ne parvient pas à obtenir sa licence, VOUS serez considéré comme ayant rompu fautivement le contrat et donc vous devrez payer les sommes ci-dessus.

Il en est de même si vous déménagez dans le même quartier, vous devrez continuer aux mêmes conditions alors que votre licence devra être renouvelée puisqu’elle est attribuée à une personne physique ou morale et pour une adresse donnée. Un changement d’une de ces trois options entraîne la perte de la licence en cours et l’obligation d’en reprendre une nouvelle et le paiement d’une nouvelle cotisation complète sans remboursement partiel de l’ancienne. Alors, réfléchissez bien aux conséquences d’un déménagement ou à des dates les plus appropriées pour le faire.

 

Obligations de l’exploitant

Comme expliqué, elles sont plus souvent nombreuses pour l’exploitant que pour l’opérateur. Dans certains contrats qui nous ont été soumis, elles peuvent aller jusqu’à plus de 10 points tout en laissant planer beaucoup trop d’incertitude sur leurs applications et un flou dans lequel l’opérateur pourra l’interpréter à vos dépens en vous mettant en tort.

Outre les classiques et justifiés du type « l’exploitant respecte les exigences de la commission des jeux de hasard relatives à la licence F2 », il y en a beaucoup qui sont « libres » dans leur interprétation et donc sujet à problèmes. Quelques exemples :

  • L’exploitant prévient immédiatement : est un délai trop vague qui pourrait se retourner contre vous. Immédiatement sous-entend sous les 24h ou dans les trois jours ou dans la semaine ?
  • L’exploitant accepte d’utiliser le règlement rédigé par l’opérateur qu’il s’engage à afficher et veille à ce qu’il soit connu et respecté par ses clients. L’opérateur pourra modifier à tout moment et le rendre plus pertinent aux enjeux du métier : la preuve de l’application de cet article sera à votre charge en cas de litige. Imaginez que vous deviez faire signer chaque joueur pour qu’il vous confirme qu’il a pris connaissance dudit règlement et qu’il va le respecter… et quand l’opérateur le change il n’y a pas d’obligation de sa part de vous en avertir de façon claire et précise ni le délai. Un point très délicat surtout quand il fait partie de vos obligations et que si vous ne les respectez pas, elles peuvent amener l’opérateur à casser le contrat tout en en mettant la faute sur votre compte, ce qui nous amène à revenir aux mesures d’un contrat rompu fautivement avec des dédommagements financiers.
  • L’exploitant accepte que l’opérateur installe du matériel de promotion et il accepte de mettre à disposition de ses clients tout le matériel que l’opérateur lui communiquera : dans ce cadre afin de ne pas être victime d’abus et d’un envahissement de PLV il vaut mieux prévoir clairement l’emplacement des bornes et les limites de l’espace disponible pour leur promotion sans quoi votre libraire/presse risque de ressembler à une agence de paris sportifs. Il en va de même pour le matériel supplémentaire (décoration, chaise, table, enseigne, etc.) mis à votre disposition et qui pourrait vous bloquer juridiquement ou moralement pour accepter un second opérateur. Pour ce qui est des enseignes, n’oubliez pas que dans certaines communes elles sont soumises à autorisation de placement et à une taxe. Faites préciser dans le contrat que cette taxe n’est pas à votre charge ainsi les démarches et coûts liés à son installation et désinstallation le jour où votre contrat se termine.

En résumé, chaque clause du contrat vous engage de façon définitive sur celle-ci et il donc CAPITAL que vous sachiez exactement à quoi cela correspond et quelles en sont les conséquences et obligations.

 

Commission et autres avantages

Dans ce cadre, il existe aujourd’hui sur le marché deux types de contrats :

  • Le premier qui vous propose une commission sur le net gaming ;
  • Le second qui vous propose une commission sur les mises. La commission sur le net gaming consiste à vous donner de 30% à 60% sur la somme qui reste une fois les gains, taxes et autres suppléments déduits des mises. Cette forme paraît très intéressante, mais veillez au grain, car si vous avez de bons parieurs en votre commerce, elle risque de ne rien vous rapporter pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois.

En effet, si vous encaissez 1.000 € de mises sur la semaine et que l’ensemble de vos joueurs gagnent autant que les mises, 50% de 0 € cela reste 0 €. Pire si vous avez un gain de 5.000 € par exemple, celui-ci devra être reporté sur plusieurs semaines (jusqu’à six semaines dans certains contrats).

Dans notre exemple de 1.000 € de mises par semaine et de 5.000 € de gain, cela veut dire que vous ne toucherez plus rien pendant cinq semaines, c.-à-d. plus d’un mois sans rentrée financière pour vous (mais pour l’opérateur). Il n’est pas rare de voir des libraires/presse ne rien gagner alors que votre machine consomme du courant et prend de la place sans que cela ne vous rapporte rien. Tenez toujours compte que l’opérateur lui n’est jamais perdant.

Cas extrême, c’est de devoir demander à un client bon parieur de ne plus venir jouer chez vous parce qu’il ne vous permet pas de gagner votre vie. Quand vous avez ce type de configuration sur des contrats pendant 108 mois, vous risquez très gros, mais pas l’opérateur qui sera peu enclin à vous changer le contrat.

Certains de vos collègues ont déjà vécu le cas et ont débranché la machine pour la mettre en panne. L’opérateur est revenu à la charge en stipulant que dans les obligations de l’exploitant, il faut que cette borne fonctionne et soit disponible pour que les clients puissent jouer au risque de vous mettre en défaut sur le contrat et ainsi provoquer une rupture dans votre chef avec les conséquences évoquées ci-avant. Il n’est pas rare d’avoir un représentant qui vous floue en vous signalant que vous allez toucher 50 % du net gaming et en vous disant que si vous avez 1.000 € de mises moins 200 € de gains vous allez toucher 400 € de commissions… sauf que souvent il « oublie » de vous dire qu’il faut encore déduire d’éventuelles taxes, TVA ou autres frais à votre charge et que dès lors vos 400 € ne font plus que 300 € voir moins… on est loin des 50 % de commissions que vous espériez nettes.

Dans le second système (celui des commissions sur les mises), vous pouvez toucher des pourcentages différents sur toutes les mises. Ainsi en fonction du nombre de paris que votre joueur prend, vos marges augmentent, car le risque qu’il ne gagne pas augmente aussi pour l’opérateur. Vous pouvez vous retrouver avec des marges fixes allant jusque 20% sur plus de 10 paris pris sur un seul ticket.

Il y a aussi un revers dans le cas ou votre joueur ne prend pas de risque (1 ou 2 paris sur son ticket) et que les gains sont supérieurs à plus de 95% des mises, vous ne touchez pas de commissions sur cette tranche. Mais vous continuez à gagner sur toutes les autres.

Ce système est celui qui est validé par Prodipresse, car vous ne jouez pas contre vos clients et vous n’êtes pas un bookmaker qui prend des risques et peu de gains contrairement aux opérateurs.

 

En résumé

Avant de signer, lisez toujours toutes les clauses de votre contrat et les conditions générales présentes au dos de votre bon de commande. Elles vous engagent de façon définitive, car vous n’avez pas droit à un délai de rétractation (comme un consommateur lambda).

Prenez au min. 48h pour les relire à tête reposée et n’hésitez pas à poser des questions. Si les réponses semblent évasives, peu claires ou que vous ne comprenez pas les tenants et aboutissants de votre contrat, postposez sa signature.

Soyez encore plus vigilants quand votre représentant vous met la pression. Vous êtes le patron de votre commerce, donc c’est vous qui allez peut-être perdre de l’argent ou faire une mauvaise affaire et pas le représentant. Si vous avez des doutes, contactez Prodipresse pour que nous vous aidions à y voir clair.

 

Cet article écrit par Xavier Deville a été publié dans le Prodipresse Magazine n°88 de Juin/Juillet 2019

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 11/03/2019

Vous l’avez entendu et vous en entendrez encore parler : en mai de cette année nous avons des élections fédérales et régionales. C’est donc un moment important pour notre secteur puisqu’un nouveau gouvernement devra être composé à la sortie des urnes.

Même si le délai est incertain pour la constitution de ce prochain gouvernement, il est capital que nos demandes intègrent les programmes d’un maximum de partis belges dès aujourd’hui pour qu’elles se retrouvent dans le programme final lors de la prochaine législature.

Prodipresse a donc écrit un mémorandum présent au centre de ce Prodipresse Mag. Les sept points développés sont indispensables pour nous permettre de continuer à exercer notre métier de libraire/presse comme le prévoit la résolution parlementaire du 16 mai 2013 qui reconnaît le « rôle précieux » des diffuseurs de presse et qui engage l’Etat à accompagner notre réseau dans sa nécessaire réinvention.

Si une partie de la réinvention de ce métier dépend de chaque libraire/presse, il est indispensable qu’un cadre juridique clair nous permette de prévoir notre redéveloppement et c’est là que notre mémorandum intervient.

Pour lui donner le poids qui lui revient, nous l’avons donc validé de façon nationale avec mon collègue néerlandophone de Perstablo, Yannick Gyssens qui le co-signe. Le rôle des deux organisations professionnelles que sont Prodipresse et Perstablo était d’écrire ce mémorandum, celui des libraires/presse belges, membres ou pas, est donc de le porter auprès d’un maximum d’hommes et de femmes qui font de la politique et ce, quelle que soit leur fonction (ministre, député, conseiller parlementaire, etc.).

Au-delà de cette contribution directe de votre part, nous vous invitons également à sensibiliser tous vos clients à l’avenir de votre commerce et de leur demander de signer la pétition de soutien qui se trouve sur le site www.votrelibraire.org.

Une grande campagne de sensibilisation du grand public est également en cours. Vous en retrouverez tous les détails dans le Prodipresse Mag n°85 (disponible ici). Faites de ce mémorandum votre revendication auprès de tous, car nous sommes « Plus forts ensemble » et votre avenir est dans vos mains.

Xavier

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 07/03/2019

Dans différentes discussions et dans différents commentaires sur les réseaux sociaux, nous remarquons que certains se plaignent, à juste titre ou pas, de l’excédent de fournitures presse qui nous est imposé par nos distributeurs presse. Dès lors, il est intéressant de rappeler qui est responsable de quoi dans ce domaine et surtout pourquoi.

La presse en général profite d’un système unique de prix de vente public imposé qui est contraire aux règles européennes d’économie et de libre marché.

En effet, dans l’économie libérale sous laquelle nous exerçons notre métier de libraire/presse, la seule règle est que tout commerçant ne peut pas vendre à perte. En simplifiant, et sans rentrer dans les différentes jurisprudences et les exceptions de la vente à perte, vous ne pouvez pas vendre un produit sous votre prix d’achat, mais tout le reste est autorisé (exception faite du tabac pour des raisons de santé publique).

Les éditeurs de presse bénéficient de cette exception, puisque dans le système de distribution ils assurent la totalité du risque financier. En effet, ils mettent sur le marché une quantité de titres et un volume et le reprennent au même prix que ce qu’ils vous l’ont fourni et sans condition restrictive. Dès lors, le choix des titres et surtout de la quantité d’exemplaires fournis est une politique exclusivement réservée aux éditeurs.

Quand un distributeur presse comme AMP a besoin de 10.000 ex. pour servir le marché en fonction des ventes moyennes et des demandes du réseau et que l’éditeur lui en fournit plus, par exemple 15.000 ex., le distributeur augmente tous les services de 50% en moyenne. Si vous en receviez dix, vous allez en recevoir quinze. Si vous receviez un exemplaire, vous risquez d’en recevoir deux puisque l’on ne fournit pas de demi-magazine. La même règle sera appliquée dans l’autre sens si le même éditeur ne fournit que 8.000 ex. au distributeur presse.

Le plus simple serait qu’en cas d’excédent fourni, le distributeur ne serve que la quantité souhaitée par le réseau (dans l’exemple 10.000 ex.) et qu’il garde chez lui l’excédent. Mais là interviennent les contrats qui lient les distributeurs aux éditeurs et surtout la règle citée plus haut, soit que c’est la politique exclusive de l’éditeur et pas du distributeur ou du diffuseur.

Il est clair que certains éditeurs jouent avec cette règle afin de nous imposer des piles d’exemplaires de leurs titres. Et ce, uniquement pour une raison «marketing» qui est de montrer à leurs annonceurs qu’ils sont présents partout et en quantité, ce qui justifie les coûts de la publicité. Ces éditeurs vendent de la publicité par rapport au nombre de tirages annoncés, mais pas des ventes réalisées. D’autres éditeurs croient dur comme fer que leur numéro sur la «décoration tendance» qu’ils vont sortir va faire exploser leurs ventes et que, dès lors, il faut inonder le marché (ce qui fonctionne de temps en temps et évidemment nous fait plaisir). D’autres encore jouent avec notre trésorerie, surtout pour les titres dont la périodicité est supérieure au mois.

Voilà donc la raison pour laquelle vous recevez assez, ou trop, ou pas assez d’exemplaires de certains titres. À ce jeu du trop fourni, les éditeurs prennent un double risque : nous avons la possibilité de retourner les quantités excédentaires par rapport à nos ventes moyennes et au lieu de garder un nombre d’exemplaires correct pour faire la promotion du titre, nous retournons ce qui ne nous sera pas utile.

Malheureusement, au vu du nombre de titres presse, aucune règle ne sera jamais la bonne pour tous et il n’est pas possible d’en créer une pour chaque titre. Si vous avez des griefs sur des quantités mises par des éditeurs belges (Keesing, MG, Sudpresse, Rossel, IPM, Roularta), n’hésitez pas à les contacter pour leur faire part de votre mécontentent.

 

Cet article écrit par Xavier Deville a été publié dans le Prodipresse Magazine n°85 de Janvier/Février 2019

L'avis de ProDiPresse

 20/12/2018

Cette année se termine avec en fond une contestation sociale nommée les « gilets jaunes », on ne sait pas (au moment où j’écris cet édito) ce qu’il va en sortir et comment cela va se terminer, mais il faudra certainement que les lignes bougent et que des changements s’opèrent…

Pour notre secteur aussi des changements sont prévus. Ainsi les éditions de l’Avenir vont subir un plan de restructuration, qui verra partir 25% de leur personnel, et un nouveau format arrive quasi en catastrophe puisque le changement d’imprimerie a été confirmé en dernière minute. Toujours un mauvais signe dans ces temps difficiles pour la presse quotidienne et en espérant que nous ne soyons pas impactés négativement par cette problématique. Ce ne sera pas faute d’avoir pris les devants et d’avoir balisé ce changement dans mon chef.

Tournons déjà la page de 2018 et projetons-nous sur 2019… une année d’élections fédérales et régionales pour les hommes et femmes politiques. Notre mémorandum est prêt et il sera validé par l’Assemblée générale de ce mois de décembre. Je reviendrai vers vous dans le premier magazine de 2019 pour l’expliquer et pour que vous vous mobilisiez afin de faire passer un maximum de demandes pour notre secteur.

Prodipresse aussi verra les membres décider en juin qui tiendra la présidence et la vice-présidence pour quatre années jusqu’en 2023. Je termine ainsi mon demi-mandat de président à la suite de Walter comme nous vous l’avions annoncé. Ce sera l’heure d’un premier bilan et des objectifs pour la suite.

En résumé, 2019 sera une année fort chargée puisque je la souhaite de toutes les réalisations entamées et que je suis confiant dans notre avenir.

J’en profite pour souhaiter à tous mes meilleurs vœux pour 2019 et que cette fin 2018 soit celle de tous les succès pour votre famille et en vos magasins.

Xavier Deville

Président