Zoom libraire

 28/02/2020

Après un peu moins de six mois passés dans un container alors que le bâtiment abritant sa librairie/presse était rénové de A à Z, Frédéric Mossiat a pu réintégrer son emplacement d’origine en novembre dernier. La surface a désormais doublé, passant de 45 à 98 m² et de nouveaux produits font régulièrement leur arrivée, sans oublier la grande vitrine dégagée qui invite lumière et clients à entrer. Mais Frédéric ne compte pas s’arrêter là et a l’intention d’exploiter toutes les opportunités que lui offre sa librairie/presse !

Ici, les clients peuvent trouver entre 1.000 et 1.200 titres de presse différents.

 

Container temporaire pour un agrandissement spectaculaire

Jeudi 30 janvier, malgré une mauvaise volonté flagrante de mon GPS qui a décidé qu’il préférait m’envoyer Rue de la Clef à Retinne plutôt qu’à celle d’Herve, je finis par arriver à la Librairie du Rond Point, située… en bordure d’un rond-point !

À l’intérieur du magasin, Frédéric et André (un client pensionné qui vient lui donner un coup de main à l’occasion, comme quand son employé est malade en ce début d’année) sont au poste : « Tu sais que tu peux faire un seul aller-retour jusqu’aux frigos en mettant toute la marchandise sur le chariot roulant ? » lance Frédéric à son collègue du jour.

« Je suis très heureux que tu te préoccupes de ma santé ! » lui répond ce dernier en riant, « mais ne t’inquiète pas, l’exercice c’est bon pour moi ! »

C’est dans cette ambiance bon enfant que les clients entrent, jouent, achètent, parlent et repartent dans cette librairie/ presse d’un peu moins de 100 m² depuis le 7 novembre 2019.

« La propriétaire du bâtiment est venue nous trouver pour nous annoncer qu’elle allait rénover l’entièreté du centre commercial (ndlr : la librairie/presse est située dans un bâtiment abritant plusieurs commerces ayant tous pignon sur rue) et qu’elle allait mettre à ma disposition un container pour que je puisse continuer mon activité durant les travaux », me raconte Frédéric.

« Les travaux allaient durer environ cinq mois et mon « local temporaire » était plus petit que ma librairie/presse. Je passais de 45 m² à 36 m². La différence peut ne pas sembler énorme sur papier, mais dans la réalité des faits, j’ai dû faire un choix et réduire la quantité de produits que je proposais. »

Une période temporaire de presque six mois qui n’aura pas été facile. « Alors que j’étais situé à cent mètres de ma librairie/presse actuelle, j’avais moins de clients et, forcément, cela s’est ressenti sur mon chiffre d’affaires. Je pense que le seul mois lors duquel j’ai atteint mon chiffre habituel était celui de septembre avec la cagnotte de l’EuroMillions qui avait atteint son plafond de 190 millions d’euros. Comme quoi, l’emplacement reste un critère important pour votre magasin, même à quelques mètres près ! »

Mais des coups durs, Frédéric en a connu et ils font aujourd’hui sa force. « À la base, je viens du milieu de la restauration. Un jour, j’ai été victime d’un accident de la route suite auquel on a dû m’amputer une partie de la jambe. Difficile de retrouver du boulot après ça, se souvient-il, donc j’ai commencé à chercher des librairies/presse à remettre. Mais dans les premières sur lesquelles je suis tombé, il fallait rénover énormément et cela demandait directement un gros investissement de temps et d’argent.

Finalement, j’ai trouvé celle-ci il y a six ans et demi que j’ai rachetée à quelqu’un qui avait déjà deux autres commerces du même type. »

Quelques années et une rénovation plus tard, sa librairie/presse est rebâtie, mais le mobilier reste le même. « J’ai repris les meubles de mon ancien magasin et j’ai dû racheter trois mètres de linéaire presse, m’explique-t-il, le comptoir c’est également celui que j’avais avant, mais je l’ai intégré dans une structure en bois que j’ai construite moi-même. J’ai aussi installé les luminaires, car je trouvais important d’éclairer son magasin comme on le désire et en fonction des produits à mettre en valeur.

Au final, nous avons fermé entre le 26 et le 30 mai pour déménager dans le container, puis rebelote du 31 octobre au 7 novembre pour la réouverture officielle dans nos nouvelles installations. J’avais bien évidemment prévu trois jours spéciaux avec des drinks et des cadeaux. »

À gauche, la Librairie du Rond Point avant les travaux de rénovation. À droite, le container qui a abrité le commerce durant six mois.

 

Une multitude de possibilités

Dans ce nouvel espace, Frédéric peut proposer une multitude de produits et services : bornes de paris sportifs installées à l’écart pour le confort des joueurs, machine à cafés, articles cadeaux, confiserie, carterie ou encore la papeterie, dernière arrivée dans la liste.

« L’idée était de tirer parti de la surface que j’ai désormais pour élargir ma gamme de produits, tout en restant fidèle à notre cœur de métier. J’en ai donc aussi profité pour ré-étoffer mon offre de magazines, car je reste un libraire/presse avant tout. Ce fut un choix gagnant puisque j’ai des clients qui viennent des villes et villages voisins, car ils savent qu’ici ils trouveront la revue qu’ils cherchent et qu’ils ne trouvent pas près de chez eux !

J’aime bien mettre les nouveautés du jour en valeur sur une planche directement en face des clients quand ils rentrent. Ainsi, cela leur permet de découvrir de nouveaux titres à côté desquels ils passeraient.

Au niveau des autres services, je suis point Mondial Relay et j’ai environ mille colis par mois. Heureusement, j’ai une grande réserve dans laquelle je peux tout stocker. Je dirai que huit clients sur dix qui viennent récupérer un colis Mondial Relay achètent un produit dans ma librairie/ presse, donc c’est un bon investissement. »

Et ce n’est d’ailleurs pas le seul… « C’est un peu pareil avec les bijoux. Un client n’entre pas dans mon commerce pour en acheter un, il vient pour autre chose et il repart avec un bijou. Ce sont des produits intéressants à avoir si l’on a la clientèle qui s’y prête. Après, chacun son métier, je ne suis pas une bijouterie donc vous ne trouverez pas chez moi des pièces de grands bijoutiers. Ce n’est pas le but.

J’ai pas mal développé mon offre de livres, continue Frédéric, ils sont disposés sur deux grandes bobines de câble en bois. C’est un display qui sort un peu de l’ordinaire des linéaires ou des armoires et cela permet vraiment de mettre le produit en valeur.

Et puis le gros avantage, comme vous pouvez le voir, c’est que j’ai encore de la place pour ajouter d’autres services. Il serait impensable de ne pas en profiter. Maintenant, trop surcharger n’est pas bénéfique non plus.
Actuellement, j’ai des clients qui se déplacent en fauteuil roulant et la rampe devant ma librairie/presse combinée à l’espace que j’ai entre mon mobilier leur permet de venir sans aucun souci.

D’ailleurs, les meubles restent faciles à bouger et je peux adapter un peu près tout dans ma librairie/presse. »

 

L’idée était de tirer parti de la surface que j’ai désormais pour élargir ma gamme de produits, tout en restant fidèle à notre cœur de métier.

 

Mezzanine et diversification

« Et puisque l’on parle de futurs projets, j’aimerais continuer à étendre mon offre de papeterie et me diversifier davantage dans les cigares et le vin. Je devrai d’ailleurs bientôt avoir un nouvel humidor (ndlr : cave à cigare en français – boîte à humidité contrôlée utilisée pour entreposer des cigares).

Concernant le vin, j’organise actuellement des dégustations de vin avec des marchands environ six fois par an dans la librairie/presse. Quand il fait beau, il me suffit de sortir la tonnelle devant le commerce et dans le cas contraire, rien de plus simple que de déplacer les meubles sur roulettes et je bénéficie d’un espace au sein même de mon magasin.

Et puis pourquoi pas développer également le livre en construisant une mezzanine avec un coin lecture ? À nouveau, cela me permettrait d’exploiter toutes les spécificités de mon local commercial avec sa belle hauteur sous plafond.

Je vais bientôt avoir une exposition d’un artiste local qui peint sur du verre et qui a loué l’espace de mes murs. Vous l’aurez compris, plusieurs domaines peuvent se développer et, évidemment, cela représente des investissements à des degrés divers.»

 

Parmi les produits proposés, les dernières sorties littéraires, des bornes de paris sportifs ou encore des cigares.

 

Choyer ses clients

Frédéric continue : « Une des forces de la situation de ma librairie/presse, c’est clairement son emplacement. Le Point Chaud juste à côté me ramène pas mal de clients en début de journée. Pareil pour la centrale de repassage qui va bientôt ouvrir dans une nouvelle cellule commerciale.

Sans oublier la page Facebook ! L’air de rien, c’est important, car les gens sont attirés en magasin suite aux publications de la librairie/presse. C’est mon épouse qui se charge de l’alimenter et nous l’utilisons beaucoup : nouvelles publications du jour, dicton du jour, anniversaires des clients avec un message personnalisé, les gains des jeux de hasard, etc. L’idée c’est de toujours dynamiser votre information avec une petite phrase.

J’organise aussi de temps en temps des concours pour les clients avec des cadeaux à gagner. On en parle en magasin évidemment et sur la page Facebook aussi. Cela génère un bouche-à-oreille assez efficace.

Je m’arrange avec des commerces du coin pour faire leur publicité durant toute la durée du concours et en échange ils offrent un cadeau (menu pour deux personnes, bons d’achat, etc.). À nouveau ce sont des petits investissements qui agissent sur le long terme.

Ce mois de février, je vais relancer le concours « seconde chance ». Cette action fidélise les clients, mais il ne faut pas la faire trop souvent, car vous ne devez surtout pas tomber dans la routine. »

Pas de crainte de ce côté-là pour Frédéric, la tête pleine d’idées devant les nouvelles possibilités que lui offre désormais sa librairie/presse.

 

Zoom libraire réalisé par Colin Charlier pour le Prodipresse Magazine n°93 (Janvier/Février 2020)

Zoom libraire

 30/12/2019

« On a notre Marianne, on peut rivaliser avec les Français » glisse un habitué, suscitant les rires de ses quelques comparses réunis autour d’un café. Leur Marianne, c’est Marianne Morue, libraire/presse à Liège dans le quartier des Vennes. Le 14 septembre, elle a fêté la rénovation de son commerce avec une « réouverture » officielle pour ses clients. Une troisième transformation de sa librairie/presse qui accueille désormais un espace « salon de thé » où les clients peuvent prendre le temps de déguster un café tout en lisant la presse quotidienne.

 

Travaux et roue aux cadeaux

« Les travaux ont duré de fin février à fin juin. J’ai gardé la librairie/presse ouverte durant tout ce temps, car cela aurait été trop long de fermer sur une aussi grande période. Comme les ouvriers ont commencé par casser le mur du fond pour agrandir mon commerce, ils m’avaient installé une paroi en bois qui séparait la librairie/presse de la partie « travaux ». Avant, la deuxième partie de mon commerce était une cour extérieure. Il a donc fallu reculer le jardin, abattre deux murs porteurs et faire construire une pièce dans la continuité de mon magasin », m’explique Marianne alors que nous sommes attablés dans la nouvelle partie de son commerce.

« Par la suite, j’ai quand même dû fermer dix jours en juillet afin de refaire la première partie de mon magasin et de réaménager les rayons.

Au début, et bien que les travaux étaient terminés, j’ai remarqué que mes clients n’osaient pas trop franchir le pas et aller dans la nouvelle partie. C’est de là que m’est venue l’idée d’organiser une « réouverture officielle ».

Pour l’occasion, j’avais prévu un petit verre de bienvenue et Télépro m’a proposé de faire un événement pour marquer le coup. Le représentant est donc venu dans ma librairie/presse avec une roue aux cadeaux. J’ai eu pas mal de clients, mais pas de grosse augmentation non plus. Comme il faisait beau, j’imagine que les gens ont été se promener !

Toutes les tables et chaises que vous voyez ici, c’est uniquement du matériel de récupération et d’occasion, car les travaux représentaient déjà un sacré budget à eux seuls ! Les tables, je les ai récupérées sur internet, tout comme les chaises. Pour les premières, nous les avons repeintes et vernies en famille. J’ai pu mettre mes deux filles à contribution ! Concernant les chaises, je suis passée par un artisan pour refaire l’assise. Je voulais quelque chose de très coloré et de très gai… je crois que c’est assez réussi.

Quant à l’éclairage, j’ai moi-même tout refait en LED. D’ailleurs, il n’y a rien de plus simple et je tiens à mettre en garde mes collègues qui passeraient par des sociétés extérieures et à qui on risque de demander un prix trop élevé pour ce travail. »

 

Trois transformations en 28 ans

« À l’origine, mon mari et moi tenions une librairie/presse dans un local commercial que nous louions deux maisons plus loin. Quand nous avons acheté le bâtiment, en 1991, c’était une sorte de pari, un peu comme acheter « un chat dans un sac ».

Mon mari ne voulait pas de ce commerce à la base. De mon côté, j’étudiais le chant classique au conservatoire et je l’aidais dans la librairie/presse. Puis, mon aide s’est faite de plus en plus fréquente, sans oublier le fait que je suis tombée enceinte. J’ai donc dû arrêter le chant.

Bref, nous voilà propriétaires d’un bâtiment avec, au rez-de-chaussée, deux commerces : un tout étroit avec une entrée indépendante pour l’étage et une petite bijouterie avec plusieurs réserves.

Suite à notre achat, nous avons effectué une première transformation. Nous avons décidé de réunir les deux commerces pour faire une librairie/presse avec deux vitrines (ndlr : celles des deux anciens commerces).

Et puis il y a douze ans, mon mari est parti du jour au lendemain pour retourner vivre en France. J’ai alors effectué une seconde transformation : j’ai recréé une entrée pour la maison indépendante des deux vitrines. Ainsi, je me laissais une sortie de secours si j’avais dû remettre le commerce et garder la maison.

Vient alors la troisième et dernière transformation. La genèse du projet remonte à plusieurs années. Il y avait à l’époque un café dans le quartier, mais il était fermé le samedi. J’avais donc un petit coin avec deux tables pour servir du café aux gens, mais uniquement ce jour-là.

Finalement, les propriétaires du bar ont cherché à le remettre et il a été fermé durant quatre mois. J’ai décidé d’assurer l’intérim pour mes clients et d’autres personnes sont venues juste pour cela. Je me suis rendue compte qu’il y avait un créneau à prendre.

En 2013, je m’étais décidée sur le fait que je voulais agrandir mon commerce, mais j’ai dû attendre le bon moment. J’avais l’accord de la banque, mais il n’existait pas encore les fameuses facilités pour le premier emploi. L’idée était aussi de m’associer avec une connaissance, mais cela ne s’est pas fait et le projet a été reporté. Et puis un jour, le Gouvernement a annoncé qu’on ne devrait plus payer les charges patronales sur le premier emploi, donc c’était un véritable coup de boost pour mon projet.

Aujourd’hui, deux entrepreneurs et quelques années plus tard (le premier m’a quasiment baladée pendant un an en faisant des sondages dans les murs, etc. et il ne semblait pas avoir envie de commencer les travaux), il s’est enfin réalisé ! »

 

Journaux, pains et viennoiseries

« La boulangerie c’est de nouveau une histoire de quartier. Il n’y en avait plus dans les environs directs. La seule qui restait était située à l’autre bout du quartier, mais c’était un peu loin pour la clientèle plus âgée des environs. J’ai donc décidé d’ouvrir un dépôt de pain.

Au début c’était juste ça, un simple et petit dépôt de pain, puis cela a pris de l’ampleur donc j’ai décidé d’agrandir cette partie de mon commerce, notamment lors de la troisième transformation.

Pour cela, je devais trouver une boulangerie qui ne fermait pas en semaine, qui pouvait me livrer tous les jours et qui n’était pas située dans le quartier, car le but n’était pas de leur faire de la concurrence. Une boulangerie située près de la gare des Guillemins cherchait à reprendre un local commercial dans le coin pour s’étendre. Finalement, elle a laissé tomber l’affaire et à la place, nous avons noué une sorte de partenariat.

Mais je reste une libraire/presse avant tout ! J’ai même eu jusqu’à 2.000 titres de presse différents. C’était vraiment ma grande force, de pouvoir proposer des magazines que mes clients ne trouvaient pas ailleurs. J’en avais qui venaient juste pour cela, car un de leurs amis leur avait dit qu’on trouvait tout chez moi. Au fur et à mesure des années, j’ai dû réduire la quantité, en passant à 1.500 titres de presse d’abord et aujourd’hui je dois être à un peu plus de 1.000. J’ai réussi à réarranger toute la presse pour que cela reste attractif. J’ai notamment encore de nombreuses revues spécialisées de chez Tondeur.

À part cela, je ne propose pas spécialement de produits locaux. J’ai essayé à une époque de vendre un thé bio lancé par un jeune du coin, mais il a assez vite abandonné.

Par contre, je travaille avec La Bourrache. C’est une ASBL qui remet au travail des gens dans l’agriculture. Je sers de point de dépôt donc les gens commandent leurs paniers et viennent les chercher chez moi. Je le fais aussi pour le nettoyage à sec. C’est une façon d’offrir un service en plus à mes clients et bien souvent, ils prennent un petit quelque chose en plus en venant retirer leurs commandes.

Auparavant, j’ai travaillé de la même façon avec une cordonnerie, des tirages photos, etc. Mais j’ai abandonné, car ce n’était pas assez intéressant financièrement parlant.

De manière générale, mon mot d’ordre, c’est qu’il faut toujours chercher et ne jamais se contenter de la première chose que l’on trouve. »

 

Des projets, des projets et encore des projets

« Le futur ? J’ai encore quelques petits aménagements à terminer de-ci, de-là et des projets comme organiser des expositions temporaires ou faire venir des « repair cafés », ou une société d’achat d’or. J’ai plein d’idées pour occuper ce nouvel espace dont je dispose désormais. L’objectif est évidemment de ne pas reproduire une activité déjà présente dans le quartier, mais de proposer quelque chose en plus pour attirer des nouveaux clients.

J’ai également profité des travaux pour voir sur le moyen et long terme. Ainsi, tout est prévu pour que je puisse installer une cuisine dans la seconde partie avec une hotte, un lave-vaisselle, etc. Mon idée est d’engager quelqu’un à plein temps qui m’aiderait avant tout pour la librairie/presse, puis qui pourrait prendre en charge la partie cuisine…

Mais ne brûlons pas les étapes, je vais d’abord installer à fond ce concept-ci, puis voir ce que je peux mettre en place. »

Et alors qu’elle retourne au comptoir pour servir une cliente, un autre habitué se penche vers moi. « Vous savez, c’est une femme très courageuse. Quoi qu’il arrive, elle a toujours le sourire ! » me dit-il, avant de retourner chercher un café. Une preuve de plus que Marianne a d’ores et déjà réussi son pari.

Zoom libraire réalisé par Colin Charlier pour le Prodipresse Magazine n°90 (Octobre 2019)

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 11/07/2019

Au début du mois de mai, la librairie/presse Le Manuscrit a rouvert ses portes après cinq jours de travaux à la suite de la reprise du magasin. Un changement de propriétaire qui n’a pas vraiment dépaysé les clients habitués, puisque les nouveaux libraires/presse ne sont autres que Laurence, la fille des propriétaires précédents et son mari Nicolas.

Et s’ils ont gardé tout ce qui faisait le succès de la librairie/presse, ils sont également arrivés avec leurs idées et améliorations, dont un plus fort ancrage local via la vente de produits de la région.

 

Bonjour Nicolas, quelle est l’histoire de votre librairie/ presse ?

Nicolas : Bonjour Colin. Les origines de ce magasin remontent à une petite trentaine d’années. À ce moment-là, c’était un petit magasin comme une épicerie. Il a ensuite été transformé en un magasin de vêtements quelques mois seulement avant de devenir une librairie/ presse il y a une vingtaine d’années.

Depuis 2006, les parents de mon épouse tenaient ce commerce et il nous arrivait de leur donner un coup de main, notamment quand ils partaient en vacances. Nous nous occupions alors de la gestion du commerce. Finalement, ils ont commencé à parler de remettre la librairie/presse, car ils avaient tout doucement envie de raccrocher. Nous en avons discuté entre nous avec mon épouse et nous nous sommes dit que nous étions partants ! Ce n’était pas trop prévu à la base, mais cela nous a semblé être la bonne chose à faire et nous en avions envie.

 

Vous venez de rouvrir après quelques jours de travaux. Quels changements avez-vous apportés ?

Nicolas : Premièrement, nous avons tout repeint à l’intérieur et les châssis à l’extérieur. Nous avons changé le comptoir de place afin d’améliorer la disposition de notre librairie/presse et nous avons remplacé tout le mobilier.

Pour le comptoir, nous l’avons récupéré et retapé, mais pour le reste des meubles en bois, nous sommes passé par une entreprise qui les confectionne à partir palettes « usagées » et qui met des personnes au chômage au travail. Nous trouvons que ça correspondait bien à ce que nous voulions pour notre commerce au niveau du visuel et aussi au niveau des valeurs que nous désirons véhiculer. Avec la nouvelle disposition du magasin, l’espace est agrandi et nous avons donc plus de place pour les articles et produits que nous proposons.

Au niveau de la signalétique de notre point de vente, nous avons également fait écrire le nom (Le Manuscrit, une librairie de proximité) des deux côtés de la vitrine. C’est quelque chose qu’il n’y avait pas avant et que nous trouvions qu’il manquait.

C’est toujours chouette d’entendre les premières réactions positives des clients lorsqu’ils redécouvrent le magasin. Cela nous a demandé pas mal de travail, mais nous sommes très heureux du rendu final !

 

Cette réouverture s’est accompagnée d’un grand concours…

Nicolas : Au départ, nous avions comme idée d’organiser un concours avec des places à gagner pour le parc animalier Pairi Daiza. Nous les avons donc contactés, mais ils n’étaient pas très chauds pour faire un concours qui dure plus d’une semaine, or nous étions partis sur une durée d’un mois.

Nous nous sommes alors tournés vers les commerces locaux voisins qui ont tout de suite accepté de nous accompagner dans ce concours pour la réouverture de notre magasin. Durant un mois, tous les clients de notre librairie/presse avaient la possibilité de remplir un formulaire de participation afin de gagner des bons de 50 euros dans quatre commerces locaux. À savoir : le restaurant La Ferme Rose, l’épicerie Au Petit Poids, l’institut de beauté Ambiente et P. & A. Gelin Vins. Toutes les semaines, nous tirions au sort un formulaire, ce qui a donné quatre grands gagnants. Cette idée de concours était vraiment importante pour nous, car elle permettait de marquer le coup lors de la réouverture et aussi de faire (peut-être) découvrir les autres commerces locaux à nos clients qui n’y avaient jamais mis les pieds. L’avantage, c’est que nos partenaires pour ce concours en ont eux aussi fait la publicité et ont parlé de nous. Tout le monde en ressort donc gagnant !

 

"Développer une étagère avec une étagère de produits locaux"

 

Avez-vous également développé de nouveaux produits à la suite de cette reprise ?

Nicolas : Comme toute personne qui reprend un commerce, nous avions déjà réfléchi à quelques pistes en amont, afin de ne pas tout décider à la dernière minute.

Dès l’instant où nous avions pris notre décision, nous avons commencé à demander aux clients s’il y avait des produits qu’ils souhaiteraient trouver dans notre librairie/presse. Que ce soit des nouveaux articles, ou des choses qui étaient vendues avant, mais qui ne l’étaient plus aujourd’hui. Après, on a fait le tri dans toutes ces idées. Faire plaisir à ses clients est important, mais on ne va pas lancer toute une procédure de commande, de contact de fournisseurs, etc. juste, car deux clients veulent un produit en particulier. C’est suite aux demandes du genre que nous avons par exemple recommencé à vendre des piles. Avec mon épouse, notre grande envie était de redévelopper le livre dans notre magasin. Il y en avait toujours eu un peu, mais nous trouvons que c’est un produit intéressant et nous pensions que notre clientèle pouvait bien y accrocher. Nous travaillons notamment avec une société qui publie des livres du Brabant wallon (écrit par un auteur de la région, parlant de la région, etc.). Ce choix nous permet aussi de mettre notre ancrage local en avant. Nous avons fait pas mal de publicité autour du fait que nous avions une belle offre en livres. Pour l’instant, cela fonctionne plutôt bien et nous avons pas mal de commandes de livres.

Au niveau des réservations, nous avons aussi voulu mettre les bouchées doubles. Nous pensons que c’est un réel plus pour nos clients. En plus, comme tout est préparé, quand on voit, par la vitrine, un client habitué arriver, on peut lui sortir sa commande. Un autre grand projet que nous avons avec mon épouse, et que j’ai déjà un peu évoqué, c’est de développer une offre de produits plus sains et locaux. Forcément, si vous vendez des boissons et des confiseries, vous devez avoir les grandes marques et les « classiques », mais nous incorporons petit à petit des produits meilleurs pour la santé. C’est une volonté que nous avions et qui correspond à comment nous voyons l’avenir de notre commerce également.

De l’autre côté, nous avons des produits qui ne nous intéressent pas du tout. Par exemple ceux de la poste, nous n’avons pas la place pour des colis et cela ne nous semble pas en adéquation avec notre commerce, du moins actuellement.

Il en va de même pour les paris sportifs qui ne nous intéressent pas pour le moment, car nous avons déjà suffisamment de produits. Et puis cela veut dire qu’il faudrait trouver de la place pour au moins une borne dans le magasin.

Dernier changement que nous avons voulu, c’est être présents sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur Facebook. Nous avons lancé une page du magasin lorsque mes beaux-parents tenaient encore la librairie/presse. Comme nous sommes affiliés à l’UCM, nous avons pu profiter de leurs conseils avant de nous lancer sur internet. Ce fut notamment super utile pendant notre concours, car nous avons pu identifier les différents magasins partenaires.

Au début, nous voulions un site internet et nous avions demandé une remise de prix. Mais au vu du montant demandé qui était de plusieurs milliers d’euros, nous avons fait le choix des réseaux sociaux. Surtout quand vous savez qu’il est assez difficile de quantifier le réel retour sur investissement d’un site internet.

 

Quelles sont vos premières impressions en tant que nouveaux libraires/presse ?

Laurence : Sincèrement, nous sommes étonnés par tout ce qu’il y a à faire ! Mes parents avaient toujours l’air cools et zens. Alors que nous, nous courons un peu partout. Vous avez toujours quelque chose à faire en magasin comme enlever les titres rappelés, ranger les nouveautés, remettre des produits en place, ou en réserve au niveau du stock. On ne s’arrête jamais. Mais bon, comme c’est un métier qu’on aime, c’est plus facile et le contact avec les clients est un véritable moteur.

Nicolas : En plus d’être libraires/ presse et parents, nous avons tous les deux gardé nos emplois sur le côté. Ma femme travaille encore un peu comme indépendante pour son ancien patron et de mon côté je suis échevin à Braine-le- Château. Nous n’avons pas le temps de nous ennuyer !

 

 

Quels sont vos projets pour votre magasin dans le futur ?

Nicolas : Notre ligne directrice va vraiment être d’essayer d’avoir des produits de plus en plus sains. Comme je l’ai expliqué précédemment, nous n’allons pas virer ce qui marche bien, mais surtout développer une étagère avec une étagère de produits locaux (gaufres, vins, bières) en collaboration avec les magasins locaux.

Le prochain changement sera d’avoir un vrai système de caisse avec un scan, ce qui devrait nous faciliter grandement la gestion des stocks.

Finalement, nous allons regarder pour engager un(e) étudiant(e) pour nous donner un coup de main dans le futur.

 

 

Comment voyez-vous le futur du réseau ?

Nicolas : Sans surprise, je pense que la proportion de la presse va diminuer, comme nous l’observons ces dernières années, mais que le reste de nos produits va continuer à exister. Bien sûr, il y aura encore des hauts et des bas. Regardez la cigarette qui reste un de nos piliers, mais qui est aujourd’hui plus un produit d’appel et que vous ne pouvez pas vivre uniquement grâce à ce que cela vous rapporte.

S’il faut retenir une seule chose par rapport à l’avenir, c’est qu’il faut se diversifier.

 

Zoom libraire réalisé par Colin Charlier pour le Prodipresse Magazine n°88 (Juin/Juillet 2019).

Zoom libraire

 22/05/2019

Avec ses 33.000 m² de superficie, le centre commercial des Bastions à Tournai accueille en son sein une petite centaine de commerces différents. Parmi ceux-ci, la librairie/ presse Ludorama est présente depuis l’ouverture du shopping en 1978. Spécialisée dans les cadeaux, elle offre également à ses clients une offre presse assez conséquente, ainsi que des produits que vous ne trouverez pas dans les grandes chaines. Partez à la rencontre d’une librairie/presse atypique de centre commercial !

 

Bonjour Monsieur Coussement, comment êtes-vous devenu libraire/presse ?

Jérémie Coussement : Bonjour Colin. En fait la librairie/presse a été créée en 1979 en même temps que la galerie commerciale. J’étais ami avec le fils du couple de libraires/presse et un jour, alors que nous jouions au badminton ensemble, il m’annonce qu’il a reçu une offre pour racheter le commerce et me demande d’y jeter un œil. Il faut savoir que j’ai une formation de comptable et à l’époque je possédais une maison de repos.

Je lui ai dit qu’il se faisait arnaquer et que je voulais bien lui racheter la librairie/presse en augmentant l’offre s’il restait pour me former, car je n’avais aucune expérience dans le monde de la presse. Il a accepté et, en 2006, j’ai donc repris son commerce, tout en le gardant comme employé.

D’ailleurs ce qui me fait sourire, c’est que treize ans plus tard des clients pensent que c’est encore lui le patron ! Aujourd’hui, nous sommes dix personnes à travailler dans le magasin, ce qui représente six équivalents temps plein. Nous sommes toujours minimum deux dans la librairie/presse et le samedi nous sommes à quatre.

 

J’imagine qu’il y a des spécificités à être dans une galerie commerciale ?

Jérémie Coussement : C’est exact ! Déjà au niveau des horaires, vous devez vous caler sur ceux de la galerie. Le matin, nous ouvrons donc à 8h30, ce qui fait que nous n’avons pas cette clientèle de gens qui viennent acheter leur journal tôt le matin pour le lire en déjeunant. Le dimanche, nous sommes fermés, comme tous les autres commerces du shopping.

Dans l’autre sens, nous ne pouvons pas fermer le commerce un jour où le centre commercial est ouvert, sinon nous nous exposons à des amendes.

Au niveau de la sécurité, c’est évidemment le top ! Il y a tout le temps des gardes qui font des rondes en journée et la nuit. Après, on a toujours un peu de vols à l’étalage en journée.

Concernant notre clientèle, nous la drainons surtout du Delhaize qui est juste à côté de nous, car ils viennent faire leurs courses puis passent dans notre magasin. Je dirai que nous avons 30% de clients réguliers et 70% de clients de passage. Ce qui ne nous empêche pas de faire facilement 500-600 passages caisse par jour.

Ajoutez à cela le fait que nous ne sommes pas trop loin de la frontière française. Il arrive donc très régulièrement que des couples de Français viennent visiter la région et en profitent pour faire le plein de tabac chez nous. Ce qui est toujours bénéfique !

 

"Je dirai que nous avons 30% de clients réguliers et 70% de clients de passage. Ce qui ne nous empêche pas de faire facilement 500-600 passages caisse par jour."

 

Vous parlez du Delhaize. Vous ne craignez pas la concurrence des autres commerces du shopping ?

Jérémie Coussement : Mon père m’a toujours dit qu’il y avait trois règles quand vous lancez/reprenez un commerce : l’emplacement, l’emplacement et l’emplacement. Je suis bien conscient que je suis dans une bonne galerie commerciale. Alors oui, j’ai de la concurrence aux alentours en termes de Loterie avec le Club et le Delhaize, mais le service fait la différence.

Le Delhaize ne fait d’ailleurs pas du tout de presse. Ils ont une machine au paquet pour le tabac, mais ils vont arrêter car ils ont trop de vols, du coup le gérant m’envoie ses clients tabac. Nous avons une bonne entente dans la galerie. C’est plus malin de travailler ensemble.

 

Toujours à propos de la galerie, des grosses rénovations ont eu lieu il n’y a pas si longtemps…

Jérémie Coussement : Elles ont commencé en 2015 pour s’achever en avril 2018. Mais tout n’est pas encore fini, comme les abords du centre commercial. Ils doivent encore fermer le pont en face du magasin donc on sait qu’on va le ressentir.

Pendant les travaux, cela s’est fort ressenti sur le commerce. Nous avons même vu notre chiffre d’affaires baisser de 50% à un moment. Je peux vous dire qu’il faut sacrément s’accrocher à ce moment-là. Heureusement, les ouvriers du chantier venaient acheter leur tabac et leur petite canette dans notre librairie/presse. C’est toujours ça, mais on est loin des marges que vous avez sur des produits type cadeaux.

Du côté positif, nous avons profité de la rénovation pour refaire le magasin. La galerie a été rehaussée d’un mètre, donc nous avons perdu cet espace en hauteur. Nous avons donc entièrement refait la devanture du magasin, ainsi que le carrelage.

 

Avez-vous des produits spécifiques ou des partenariats que vous avez développés ?

Jérémie Coussement : Depuis que j’ai repris le magasin, nous avons lancé les paris sportifs. Nous avons aussi bien développé le Lotto. Nous avons deux machines aux caisses et un Lottomatic. Cela fait bien huit-dix ans qu’on l’a. De base, elle donnait vers la galerie et elle fonctionnait du tonnerre. Ensuite, on a dû la rentrer à cause des travaux et mettre une vitre : le chiffre d’affaires a diminué de 30%. Et depuis l’instauration du lecteur de carte d’identité dessus, cela a encore baissé. Mais je continue à faire beaucoup de ventes au comptoir.

Nous avons aussi certaines spécificités au vu de notre situation. Par exemple, nous ne faisons pas de cagnottes, car notre clientèle ne s’y prête pas. Par contre les pochettes cadeaux se vendent très bien toute l’année.

Sinon, nous avons un accord privilégié avec Hallmark, mais nous essayons d’avoir des partenariats avec des plus petits distributeurs pour avoir des spécificités, car les produits Hallmark sont présents partout.

Concernant les cadeaux, nous travaillons dans le même ordre d’idées. Nous essayons d’avoir des produits qu’on ne retrouve pas ailleurs, surtout dans les autres commerces de la galerie. Nous privilégions l’achat en compte ferme, car cela nous permet de négocier des meilleures marges qu’avec du dépôt vente.

La partie cadeau évolue au fur et à mesure. Les produits vendus dans la librairie/presse lors de la reprise n’ont plus rien à voir avec ceux que nous vendons maintenant. Il faut tout le temps s’adapter et aller dans les salons (c’est quelque chose qu’on fait deux fois par an, notamment à Paris).

Nous travaillons avec Moulinsart et leurs produits fonctionnent super bien chez nous. Nous suivons fort les tendances, on a des figurines Pop, des produits Schleich…

Sans oublier que vous devez vous adapter en permanence. Depuis que le magasin Flynn Tiger est arrivé dans la galerie, nous faisons beaucoup moins dans les gadgets.

 

"Nous essayons d’avoir des produits qu’on ne retrouve pas ailleurs, surtout dans les autres commerces de la galerie."

 

Dans votre magasin, vous avez trois écrans sur lesquels vous diffusez de la publicité pour vos produits. C’est un vrai plus ?

Jérémie Coussement : Totalement et c’est surtout très facile. Là par exemple, il y a une action temporaire liée au Lottery Club. Il me suffi t d’aller télécharger leur vidéo sur Youtube et de la mettre sur les écrans.

À ce propos, je suis à fond derrière des actions comme celle du Lottery Club (ndlr : l’interview a été réalisée mi-avril). Je pense que si vous ne rentrez pas dans le jeu, vous vous sanctionnez vous-mêmes.

Si vous voulez gagner votre vie, il faut essayer de se faire un maximum sur les actions temporaires avec les commissions variables de la Loterie. Lors d’actions passées, j’ai utilisé les écrans pour diffuser la publicité du Subito. Avec ces actions temporaires, ma marge sur les produits de la Loterie est meilleure. Alors oui, il faut être tout le temps derrière, mais c’est comme cela que ça marche.

 

Parlons un peu d’internet, car vous y êtes présent avec une page Facebook, un site internet et même un compte Instagram !

Jérémie Coussement : Aujourd’hui un libraire doit être sur Internet, ne fût-ce que pour gérer sa librairie/presse. Partant de ce constat, nous avons décidé il y a quelques années de créer un site internet et d’y proposer de la vente en ligne sur les produits type cadeaux.

Au début, j’avais un peu peur de me porter préjudice en déviant une partie de ma clientèle en magasin sur le site, mais ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. Le site me permet justement de toucher une clientèle qui ne venait pas chez moi et de vendre plus loin. J’ai par exemple des gens d’Amsterdam, de Brest ou de Marseille qui commandent. Le fait que le site soit traduit en plusieurs langues n’y est d’ailleurs pas étranger !

Quant à la page Facebook, nous essayons de l’alimenter à raison de trois publications par semaine. Mes vendeurs/ses sont équipé(e)s de tablettes donc dès que nous avons des arrivages, ils prennent des photos et publient sur Facebook.

 

Sans oublier votre newsletter et votre partenariat récent avec le programme de fidélité Joyn.

Jérémie Coussement : Concernant la Newsletter, nous avons développé des bases de données clients. Notamment lors d’actions du Lottery Club justement où nous en profitions pour demander aux clients si nous pouvions utiliser leurs coordonnées pour leur envoyer des informations sur nos nouveautés.

Nous avons donc une Newsletter mensuelle et nous travaillons sans cesse à l’amélioration de notre base de données, sans pour autant être trop invasifs, sinon les gens se lassent.

À propos de Joyn, nous venons effectivement de nous lancer avec eux. En résumé, ils proposent une carte de fidélité et une application commune à plusieurs commerçants, mais sur laquelle vous avez des comptes séparés. À chaque achat dans votre magasin, votre client gagne des points.

Il existe plusieurs paliers de points et vous pouvez gagner des cadeaux ou des réductions à chaque fois qu’on en passe un. Chez nous par exemple, vous avez des bons sur des livres ou des cadeaux, une bouteille de vin, un sac réutilisable, etc.

Là où on va un peu plus loin, c’est que certains de mes employés travaillent dans un café ou une friterie le weekend. Et bien à partir d’un certain seuil de points, les clients ont un verre gratuit dans le café en question ou un repas gratuit à la friterie. J’aime bien la publicité croisée et je pense que cela bénéficie à tous ! Et quand un client atteint les 10.000 points, il reçoit un chèque voyage de 500 euros.

À côté de cela, je fais aussi la pub de ma librairie/presse via ma camionnette sur laquelle j’appose des grands magnets avec les infos de mon commerce. J’utilise aussi cette technique quand les fêtes de fin d’année arrivent, car je vends des feux d’artifice. Donc j’utilise des magnets qui mettent ce produit en avant et je roule dans les environs.

 

Vous êtes membre de Prodipresse, pourquoi ce choix ?

Jérémie Coussement : Pour plusieurs raisons. D’abord le fait d’avoir une fédération forte qui va gagner en représentativité, car nous serons beaucoup à la soutenir. Puis pour les actions membres et le groupe Facebook Pro où il est toujours intéressant d’être présent.

Récemment, j’ai suivi une discussion sur le tabac et suite à cela, j’ai été vérifier mes marges, car certaines étaient plus intéressantes chez Colruyt. Il faut toujours être attentif à ce genre d’informations.

 

Quels sont vos projets pour le futur de votre librairie/presse ?

Jérémie Coussement : Surtout développer la partie web. Je constate que l’un ne va pas remplacer l’autre, mais c’est de plus en plus une obligation d’être complémentaire. Par exemple, en fi n d’année, je me souviens d’un calendrier de l’Avent Harry Potter avec des figurines Pop. Dès qu’on l’a eu, on l’a publié sur nos réseaux et on a touché 10.000 personnes en deux jours avec aucun coût. Tout a été vendu super vite.

Sinon, continuer à suivre les tendances et toujours faire deux sessions de salons par année. On doit vraiment se différencier par rapport aux chaînes. Et même si dans mon chiffre d’affaires, les cadeaux ne représentent pas le plus gros, c’est sur ce type de produit que j’ai la meilleure marge.

Sincèrement, je préfère de loin être libraire ici que d’avoir un magasin de vêtements où on plie des pulls toute la journée. Cela bouge tout le temps, on a du passage caisse toute la journée… On s’amuse bien !

Je pense que la société de consommation va continuer à évoluer. Quand Yves a commencé le magasin avec son père en 79, il avait 15% de marge sur le Lotto. Mais, il y a toujours moyen de dynamiser son point de vente. Comment voulez-vous évoluer si vous êtes toujours réfractaire à tout ?

 

Zoom libraire réalisé par Colin Charlier pour le Prodipresse Magazine n°87 (Avril/Mai 2019).

Zoom libraire

 26/03/2019

Dans la grande vitrine de la Librairie de l’Eau Noire à Viroinval siège un fauteuil accompagné de plusieurs présentoirs de livres. On s’attendrait presque à voir un client s’installer dans ce petit coin cosy avec un bon roman. Depuis décembre, Laetitia Jacques a repris ce commerce avec l’aide de son mari. Et si ce sont ses premiers pas dans le métier de libraire/presse, elle n’est pas pour autant une inconnue pour les clients de son point de vente. Rencontre avec une « petite nouvelle » dans le monde de la presse !

 

Bonjour Laetitia, pourquoi êtes-vous devenue libraire/ presse ?

Laetitia Jacques : Bonjour Colin ! En fait, la décision a été prise en 2018. Nous étions clients de cette librairie/presse alors tenue par Monsieur Rachart.

Un jour, mon mari discutait avec lui et il a appris qu’il souhaitait remettre son commerce dans un futur proche, ou en tout cas d’ici deux ans maximum.

De mon côté, je venais d’enchaîner deux boulots et quand mon mari m’a parlé de cette opportunité, nous y avons sérieusement réfléchi. Bien sûr, nous avons pris le temps de consulter les bilans, de voir un peu les produits qu’il vendait, etc.

 

Savez-vous pourquoi il souhaitait arrêter son commerce ?

Laetitia Jacques : Il n’a pas eu de chance, car il a connu trois mois de travaux dans le centre-ville. La rue a été ouverte à plusieurs endroits, voire fermée totalement et il n’y avait plus non plus moyen de se garer devant le commerce pendant tout un moment.

En plus de cela, il nous a confié qu’il n’aimait pas rester trop longtemps à la même place.

Ce sont les deux grosses raisons qui l’ont décidé à remettre son commerce. Mais le bâtiment lui appartient et il vit toujours juste au-dessus de la librairie/presse.

 

Pour vous, ce métier de libraire/presse c’était l’occasion de rester dans le village…

Laetitia Jacques : Tout à fait ! J’ai travaillé quelque temps dans la boulangerie juste à côté, donc les gens du quartier me connaissent déjà un peu.

En plus de cela, j’ai commencé par suivre une formation durant deux mois dans la librairie/presse. C’était l’occasion de me familiariser avec le fonctionnement de la presse, les clients, la gestion des stocks, etc.

C’est évidemment une préparation indispensable avant de reprendre un tel commerce. Surtout quand vous voyez qu’il y a des fournisseurs différents pour la confiserie, les paris sportifs, la presse ou encore la papeterie.

 

Est-ce que la réalité du métier correspond avec ce que vous attendiez ?

Laetitia Jacques : Je pense que vous pouvez faire toutes les formations que vous voulez et vous renseigner autant que possible, vous n’êtes jamais totalement prête quand vous devez reprendre un commerce seule.

Lors de la reprise concrète, c’est beaucoup de stress, car il faut attraper le rythme et s’y faire. Maintenant c’est aussi une question d’habitude. Cela fait désormais un mois et demi que j’ai repris (ndlr : au moment de l’interview) et j’ai trouvé mes marques. Mais il y a encore des choses que j’apprends et cela sera sûrement encore le cas pendant un petit temps.

 

Avez-vous lancé des produits particuliers depuis que vous avez repris votre librairie/ presse ?

Laetitia Jacques : Non, à l’heure actuelle nous n’avons pas encore eu le temps de développer certains produits. Nous avons repris tout le stock précédent et allons devoir faire un peu de tri.

Dans un premier temps, nous allons surtout analyser quels produits fonctionnent bien et lesquels ne marchent pas ou pas bien. Quand nous avons repris la librairie/presse, mon mari était un peu sceptique par rapport à la grande quantité d’articles de papeterie. Mais au final, nous avons pu nous apercevoir que c’était un produit qui tournait vraiment bien et au vu des marges, c’est une très bonne nouvelle.

À propos de la papeterie, nous soupçonnions quelques vols donc nous avons décidé de réorganiser un peu la disposition du magasin en mettant les bornes de paris sportifs dans le fond et en ramenant une partie de la papeterie en face du comptoir. Nous avons aussi déplacé les e-cigarettes pour les mettre dans un lieu plus sécurisé à notre sens.

Dans les semaines à venir, nous allons vraiment prendre le temps de voir ce que chaque produit nous rapporte par rapport à ce qu’il coûte et le passage qu’il draine dans la librairie/presse. Par exemple nous avons les colis UPS, mais une grosse majorité des clients de ce produit n’achètent rien d’autre. Ils entrent, vont directement au comptoir pour prendre leur colis puis ressortent du magasin. Nous attendons un peu de voir si cela change, mais la situation actuelle pour ce service n’est pas terrible.

 

Quels sont vos grands projets pour le futur de votre magasin ?

Laetitia Jacques : Il y a tout d’abord des projets de développer certaines marchandises que nous ne proposons pas encore aujourd’hui.

Dans un futur proche, nous aimerions proposer des petites écharpes, des foulards ou encore des bijoux. Au milieu de la librairie/ presse, nous avons un présentoir avec des articles cadeaux dont certains sont là depuis plusieurs mois, voire plusieurs années ! C’est de l’espace gâché à notre sens, donc nous prévoyons de remplacer la marchandise pour avoir quelque chose de plus attractif.

D’un autre côté, nous avons un projet un peu plus gros et qui va bientôt se réaliser à propos des paris sportifs. Nous avons donc trois bornes dans le fond du magasin et nous prévoyons d’ouvrir à l’arrière du commerce, car nous avons des fenêtres dans le mur qui sont actuellement cachées derrière les étagères.

L’idée sera d’avoir un coin paris sportif avec une machine à café et un mange debout. Ils permettront aux joueurs de parier tranquillement dans leur coin, sans pour autant gêner le passage des autres clients dans le commerce. L’idée du café date de l’époque à laquelle je travaillais dans la boulangerie. On m’avait alors demandé si nous vendions du café à emporter. Pour le moment, aucun des commerçants à proximité de notre librairie/presse n’en vend, donc ce produit pourrait être une très bonne idée.

Et puisque nous parlions de colis un peu plus tôt, plusieurs de nos clients nous ont déjà demandé si nous allions ouvrir un point poste. Actuellement, il en existe un à quelques kilomètres de notre commerce, mais il n’est ouvert que de 14h15 à 17h certains jours de la semaine. Donc pour les gens qui travaillent, c’est impossible de s’y rendre.

Nous y réfléchissons donc, mais il faut voir s’il serait rentable et surtout si nous parviendrons à avoir l’autorisation de bpost pour l’ouvrir.

Enfin, nous sommes dans une région avec pas mal de touristes. C’est notamment pour cela que nous proposons des cartes Michelin ou avec les sentiers de randonnée. Je pense qu’il y a là un certain potentiel de produits à développer. Donc comme vous le voyez, la librairie/presse va pas mal bouger pendant un certain temps !

 

Dès que vous avez repris la librairie/presse, vous êtes devenue membre chez Prodipresse, pourquoi ce choix ?

Laetitia Jacques : Pour être tout à fait honnête, c’est le libraire/presse précédent qui nous a parlé de Prodipresse en disant qu’il avait été membre et que cette organisation pourrait nous aider, notamment au début si nous avions des questions.

Nous avons donc décidé de cotiser et David est déjà venu à plusieurs reprises dans notre point de vente pour voir si tout se passait bien, ainsi que pour nous aider. Il y a des choses que nous savons régler nous-mêmes, c’est vraiment important de savoir que vous pouvez compter sur de l’aide en cas de besoin.

 

Conseilleriez-vous à vos collègues d’aller sur le groupe Facebook « Prodipresse Pro » ?

Laetitia Jacques : Sans hésiter ! Je n’ai pas tout de suite eu le réflexe de m’inscrire dessus, mais depuis que j’ai fait la demande pour le rejoindre, je comprends totalement l’intérêt d’être dessus.

Au quotidien, cela représente un gain de temps réel. Par exemple lorsque l’on cherche un visuel de revue à renvoyer avec les invendus, ou lorsque l’on a une question à poser sur tel produit, telle législation, tel contact de représentant.

C’est toujours très chouette de voir des autres libraires/presse prendre le temps de vous répondre et de vous aider alors qu’ils ne vous connaissent pas au départ.

 

Avez-vous une petite anecdote pour conclure ?

Laetitia Jacques : Au début, lorsque j’étais en apprentissage dans la librairie/ presse et que l’ancien propriétaire me présentait, un client est venu me voir et m’a demandé très sérieusement : « Mais vous avez fait vos études en librairie au moins ? »

Sur le coup cela m’a fait rire et j’ai pris le temps de lui expliquer qu’il n’y avait pas « d’étude de libraire ». En tout cas, pas à l’heure actuelle !

 

Zoom libraire réalisé par Colin Charlier pour le Prodipresse Magazine n°85 (Janvier/Février 2019).

Zoom libraire

 28/12/2018

Dans leur librairie/presse, Ivan Bernardic et Thierry Godin travaillent tout en s’amusant… et cela se voit. Quand l’un est derrière le comptoir, l’autre arpente les recoins de leur commerce pour replacer tel ou tel produit.
« Ta tour de boîtes de chips est trop haute » fait remarquer Thierry à Ivan, avant de commencer à la réarranger, alors que nous sommes en pleine interview. Et ce, sous le regard amusé de son comparse. Bienvenue dans la Librairie de la Clef à Fléron…

 

Bonjour à tous les deux, comment êtes-vous arrivés dans le monde de la presse ?

Ivan Bernardic : Bonjour Colin. Pour ma part, je suis dans le métier depuis vingt ans. Au début de mon aventure, en 1998, j’ai d’abord tenu un point de vente à Herstal. Cela a duré quinze ans. Quant à ce point de vente ci, il existe depuis onze ans.

J’ai géré les deux librairies/presse en même temps, mais à Herstal, le quartier se dépeuplait petit à petit et le magasin mourait à petit feu également. 

Thierry Godin : Quant à moi, j’ai rejoint Ivan en 2007 à l’ouverture de la Librairie de la Clef. Mais à l’époque, la librairie/presse « historique » se situait de l’autre côté de la rue. Cependant l’infrastructure du lien n’était pas idéale.

Ivan Bernardic : Du coup, nous avons racheté cette surface commerciale lorsqu’elle s’est libérée. Il s’agissait d’un salon de coiffure qui faisait déjà la même surface qu’aujourd’hui (environ 90 m²).

 

En plus de vous deux, vous avez une vendeuse qui travaille dans votre point de vente. Elle vous a permis d’étendre vos heures d’ouverture !

Ivan Bernardic : En effet, nous sommes également ouverts le dimanche de 10 h à 18 h. C’est un horaire un peu particulier, mais comme nous proposons des paris sportifs, nous avons des clients qui viennent juste pour cela le week-end.

Le fait d’être ouvert nous permet aussi de dépanner des clients qui organiseraient un barbecue le dimanche après-midi et qui devraient acheter une bouteille d’alcool au dernier moment. En règle générale, nous avons entre 350 et 400 clients par jour en semaine. Le weekend, cela peut monter jusqu’à 500 clients par jour.

Thierry Godin : Comme nous travaillons à trois, nous avons installé un comptoir avec deux caisses et deux terminaux du Lotto. Ce choix nous permet de diviser une fi le de clients dans les périodes plus agitées et comme cela ils doivent moins attendre.

Un autre avantage au fait de travailler à plusieurs est que nous n’avons pas tous besoin d’être dans le magasin en même temps. Généralement, un de nous deux ouvre et l’autre ferme.

D’ailleurs, nous ne coupons jamais le contact avec la clientèle donc le point de vente n’est pas fermé pendant les vacances.

Ivan Bernardic : Et puis nous sommes tous les trois assez différents dans la façon dont nous travaillons. Thierry est plus dans la finance et l’organisation, comme Olga (notre vendeuse). De mon côté, je m’occupe du côté créatif. Chacun son truc, mais on ne se marche jamais sur les pieds.

 

Quels sont les principaux produits que vous proposez ?

Ivan Bernardic : Les trois piliers bien évidemment. Et puis un peu comme tout le monde je pense, nous avons des livres, de la carterie, de la papeterie, etc.

Au niveau de la presse, nous vendons beaucoup de magazines avec un public de niche et donc plus spécifique. Bien sûr, nous avons aussi des élèves le matin et notre clientèle est assez éclectique dans l’ensemble. Le livre, quant à lui, se vend très bien. Par contre au niveau alcool, nous ne proposons que du dépannage.

Thierry Godin : D’ailleurs, au fi l des années, une vraie clientèle livre s’est créée. Il existait auparavant une librairie « pure »dans les environs, mais elle a disparu.

À part cela, nous faisons aussi des photocopies et proposons des cartes de bus et téléphoniques. Par contre nous faisons uniquement des recharges d’abonnements, car activer une nouvelle carte SIM est devenu un véritable parcours du combattant.

J’aimerais aussi revenir sur les trois piliers et plus particulièrement sur la Loterie. Pour nous, elle n’est plus vraiment un partenaire, car ils en mettent partout. Bientôt il y en aura dans les pharmacies… Attention, nous ne boycottons pas du tout le produit, mais nous essayons de « ré humaniser » la relation avec le client, contrairement à Internet.

 

Il y a des produits que vous ne vendez pas, par choix ?

Thierry Godin : Nous nous restreignons beaucoup dans tout ce qui est alimentation. Bien sûr, nous avons de la confiserie et quelques snacks, mais nous ne vendons pas de sandwiches ou autre. Autour de notre librairie/presse, il y a plein de commerces qui vendent de l’alimentation, notamment une sandwicherie. Nous n’avons pas envie de concurrencer des commerçants du quartier en allant marcher sur leurs plates-bandes.

 

Toujours dans les produits, en avez-vous développés suite aux demandes de votre clientèle?

Thierry Godin : Pas spécialement. Un produit que nous avons particulièrement développé, ce sont les paris sportifs. Nous avons quatre bornes pour les clients. L’avantage des libraires/presse pour les paris sportifs, c’est que nous payons directement les gains.

Les maîtres mots pour un libraire/presse, sont la confiance, le professionnalisme et le service. 

 

Pour clôturer ce chapitre, vous comptez mettre en avant des produits spéciaux pour la fin d’année ?

Ivan Bernardic : Pour la fin de l’année, nous restons dans le classique avec des produits cadeaux et des packs cadeaux. Et bien évidemment nous décorons le point de vente. Nous avons aussi prévu une action « un peu spéciale » pour nos clients, mais je n’en dis pas plus pour le moment.

En général, nous organisons quelques petits événements pendant l’année, comme pendant la Coupe du Monde.

Et tous les six-sept mois, nous changeons entièrement la disposition des produits dans le magasin. Cela oblige les clients à explorer des parties de la librairie/presse où ils ne vont pas d’habitude. Et tout au long de l’année, nous mettons en évidence des produits par rapport à la période. Par exemple pour le moment (ndlr : au moment de l’interview), ce sont les 90 ans de Mickey donc nous avons mis en avant les titres spéciaux relatifs à ce sujet.

 

Êtes-vous présents sur internet et les réseaux sociaux ?

Ivan Bernardic : Actuellement non. Mais nous avons comme projet de nous lancer d’abord sur les réseaux sociaux avec une page Facebook, puis par la suite avoir un site internet. Après, il faut être sûr de pouvoir alimenter notre page, sinon cela risque de faire un peu vide.

Thierry Godin : Être présent sur internet est important bien sûr. Il faut se renouveler, car la clientèle est jeune, mais ce n’est pas non plus la cible principale.

 

Vous êtes également membre de Prodipresse, pourquoi ce choix ?

Ivan Bernardic : Nous sommes membres depuis environ un an. La principale raison d’adhérer était de montrer notre soutien et de faire réseau. Nous n’avons jamais rencontré de gros soucis. Allez, peut-être une fois ou deux avec des étudiants qui se trompaient dans les RIC, mais rien de grave et cela a à chaque fois été réglé.

Au vu de notre ancienneté dans le métier, nous connaissons aussi les commerciaux depuis longtemps, ce qui facilite la relation (notamment en cas de soucis) et la rend plus agréable.

 

Avez-vous des projets pour l’avenir de votre commerce ?

Ivan Bernardic : Nous n’avons pas de projets spécifiques pour le futur de notre librairie/presse. En termes d’espace, nous ne pouvons pas repousser les murs et bénéficions quand même de 90 m².

Au niveau des produits, je pense qu’il est toujours intéressant de se diversifier et de suivre un peu les tendances qui vont arriver. Mais il ne faut pas non plus tomber dans l’excès, sinon vous avez un peu de tout, mais vous n’avez plus le temps de bien travailler vos différents produits et de les mettre en avant.

 

Comment voyez-vous le futur du réseau ?

Ivan Bernardic : Je pense que sur ce point-là j’ai un peu la même vision que les autres libraires/presse interrogés dans les Zooms libraire : ce sont seulement les plus sérieux qui vont rester. Ceux qui reprennent un commerce sans se rendre compte de ce qu’on touche vraiment et de tout le travail qu’il y a derrière vont se casser la figure.

 

Pour vous, s’il fallait retenir quelque chose du métier de libraire/presse, ce serait quoi ?

Thierry Godin : Le plus important pour nous, c’est de s’amuser tout en travaillant dans notre point de vente. Cela rend tout de suite les choses plus agréables. Les clients font déjà l’effort de venir, donc il faut être sympa. Des clients nous disent qu’ils font leurs courses au Carrefour du coin, mais qu’ils viennent acheter leur presse et leur tabac chez nous. C’est une belle preuve de confiance.

Zoom libraire

 23/11/2018

À force de visiter les librairies/presse du pays, un constat s’impose : chacune est différente des autres. Cette différence, c’est ce qui fait la richesse de nombreux points de vente, dont celui de Bernard Hilbert à Etterbeek. Tout en longueur, il invite ses clients à passer devant les nombreuses fournitures scolaires, les cartes et produits de papeterie avant d’arriver à la caisse. Derrière celle-ci, encore de la papeterie. Bienvenue dans la Librairie de la Détente. Bernard Hilbert, libraire/presse « Librairie de la Détente » à Etterbeek .

 

Bonjour Bernard, racontez-nous comment a commencé votre parcours de libraire/presse.

Bernard Hilbert : Bonjour Colin, mon aventure a commencé dans les années 80. Je sortais alors des études et j’ai pris la décision un peu folle de me lancer avec ma maman. J’ai tout de suite bien accroché.

Dès le départ, nous étions dans ce point de vente-ci à Etterbeek. À la base, la surface était plus petite mais j’ai fait des travaux pour agrandir. Nous avons commencé avec beaucoup de presse, je dirai que nous avions environ 1.500 titres. À côté de cela, je vendais également des articles de papeterie.

Au niveau des chiffres, je faisais un tiers du chiffre d’affaires en papeterie, un tiers en presse et un tiers avec le reste (cigarettes, produits de la Loterie, etc.). Aujourd’hui, je fais 50% de mon chiffre d’affaires en papeterie et carterie, 20% avec la vente des produits de la Loterie Nationale, 20% de presse et un peu moins en 10% en tabac. Cela a donc bien évolué en une vingtaine d’années. Et qui sait comment cela sera dans dix ou vingt ans !

 

Vous proposez donc énormément de produits de papeterie. C’est une envie personnelle ou suite à des demandes de vos clients ?

Bernard Hilbert : Il s’agit d’une envie personnelle. Dès le départ, j’ai fait le choix de vendre ce type d’articles. Après, il est évidemment important de développer des produits par rapport aux demandes des clients, mais aussi et surtout en fonction d’une obligation de résultats. Attention, je ne dis certainement pas qu’il faut tout accepter non plus !

Au début, nous avions beaucoup de papeterie scolaire, puis nous avons également développé des produits de bureau, notamment suite aux demandes de plusieurs clients. J’estime actuellement proposer 3.500 articles de papeterie différents. J’ai profité des transformations du commerce il y a une quinzaine d’années pour refaire tout le mobilier.

Ce n’est pas le seul changement que j’ai opéré au niveau de la papeterie, puisqu’à une époque j’ai eu jusqu’à cinq photocopieurs dans le magasin. J’ai fait le choix de proposer autre chose à la place. Je pense que le plus important c’est de faire des prix et rester concurrentiel, sans pour autant vouloir concurrencer les produits blancs sinon ce n’est plus du tout rentable.

Dans mon commerce, la papeterie n’a jamais été un produit d’appel, mais un produit complémentaire avec la presse et qui vient la renforcer.

 

À l’inverse, il y a des produits que vous ne commercialisez pas…

Bernard Hilbert : En effet, c’est notamment le cas des paris sportifs. Je n’ai rien contre ce genre de produits, mais je n’ai tout simplement pas la place dans la configuration actuelle de mon commerce.

C’est aussi le cas des colis. J’ai travaillé pendant un an avec Kariboo et je n’en garde que des mauvais souvenirs. Premièrement, cela prend beaucoup de place, de l’espace que vous ne pouvez pas utiliser pour d’autres produits. Deuxièmement, les clients n’étaient pas bien informés. J’en avais souvent qui venaient alors que leur colis n’était pas arrivé, ou au contraire qui se montraient trop tard car ils n’avaient pas reçu les bonnes informations. Troisièmement, cela ne me rapportait pas grand-chose.

Mis bout-à-bout, tous ces éléments m’ont incité à ne pas continuer de travailler avec les colis.

 

Est-ce qu’être libraire/presse à Bruxelles c’est différent d’ailleurs ?

Bernard Hilbert : C’est une bonne question. Je dirai, comme mon collègue Marc Barek (Zoom libraire du Prodipresse Mag n°80) qu’il y a surtout une différence entre les points de vente situés à la campagne et ceux dans les villes.

Prenez mon commerce par exemple. J’ai fait le choix d’ouvrir un peu plus tard, car mes principaux clients sont des gens qui viennent travailler en ville. Et c’est pareil en fin de journée, les gens repartent relativement tôt donc après 18h je n’ai plus personne. Bien évidemment, il ne faut pas le faire si on est près d’une gare. Et si votre point de vente n’est pas situé dans une grande ville, la dynamique de vos clients sera complètement différente.

Le fait d’adapter mes horaires par rapport aux passages de mes clients m’a également permis de trouver un équilibre familial. Désormais, je peux voir mes enfants le matin avant de partir au travail et qu’eux aillent à l’école.

 

Vous êtes membre de Prodipresse, pourquoi ce choix ?

Bernard Hilbert : Je trouve qu’une organisation professionnelle comme Prodipresse est très positive pour plusieurs raisons. Tout d’abord, c’est la meilleure façon de pouvoir s’adresser à l’ensemble des libraires/presse quand il y a une information importante à communiquer et inversement quand on doit interpeller un partenaire du réseau ou des fournisseurs, cela nous donne plus de poids si nous sommes plusieurs, en passant par Prodipresse.

Ensuite, un autre point positif, ce sont les différentes actions proposées uniquement aux membres. L’an dernier, l’action « Je réussis » menée avec les éditions Jourdan a fonctionné du tonnerre dans mon point de vente ! Après, il est vrai que j’ai une librairie/ presse un peu atypique.

Et puis il y a les permanences téléphoniques pour nous aider en cas de besoin. Je pense avoir déjà appelé Prodipresse deux-trois fois pour de l’aide. À chaque fois, ils ont répondus présents et ont su m’aider.

Sans oublier le magazine professionnel et ses dossiers qui sont souvent très intéressants d’un point de vue professionnel et technique.

 

Avez-vous des projets dans le futur pour votre commerce ?

Bernard Hilbert : Je n’ai plus de projets personnels dans le futur pour mon commerce. Je dirai que mon plus grand défi de demain sera de tenir le coup. Dans tout commerce, il arrive un moment où on ne sait plus se renouveler, où on a atteint l’objectif qu’on s’était fixé. Dans ma librairie/presse, j’estime avoir atteint ce que je voulais.

Déjà en termes de surface disponible. Je suis contre le mur des voisins donc je pense qu’ils ne seraient pas très heureux de me voir faire des trous dedans ! Mais comme vous l’avez vu, toute la place disponible est prise par des produits, notamment la papeterie et la carterie. Si un jour je décide que je veux vendre de nouveaux produits, je devrais faire des choix.

Il y a quinze ans, c’est l’augmentation de mon chiffre d’affaires de vente de la presse qui m’a permis de financer une partie des transformations. Aujourd’hui, même si j’avais la place pour agrandir, cela ne serait plus possible car la presse ne se vend plus du tout aussi bien qu’à l’époque.

 

Comment voyez-vous l’avenir du réseau ?

Bernard Hilbert : Comme un grand nombre de mes collègues que vous avez rencontrés, je pense qu’on va encore assister à une baisse du nombre de commerces. On ne va pas se mentir : toute distribution physique souffre.

De mon côté, je trouve que des plateformes comme Amazon sont une véritable catastrophe. Et ne parlons même pas des magasins de proximité franchisés de grandes chaînes dont le personnel est corvéable à souhait.

 

Ce Zoom libraire est tiré du Prodipresse Magazine n°83 de Novembre 2018, consultable dans son entièreté au lien suivant: https://prodipresse.be/wp-content/uploads/2018/11/Mag_83_Internet.pdf 

Zoom libraire

 24/10/2018

Il est difficile de passer devant la Librairie Oxygène sans la remarquer. Située dans un immense bâtiment blanc, ses grandes vitrines permettent en un coup d’œil de savoir où l’on arrive : le paradis du livre. Depuis 1999, Guy PIERRARD tient la « Librairie Oxygène » dans cet ancien garage reconverti en commerce. Rencontre avec un libraire/presse amoureux des livres et Président du Luxembourg pour Prodipresse.

 

Bonjour Guy, comment êtes-vous arrivé dans le monde de la presse ?

Guy PIERRARD : Bonjour Colin, j’ai commencé mon activité de libraire/presse fin 1999. J’étais alors dans l’enseignement et un jour j’ai décidé de me lancer. À plusieurs reprises, j’ai essayé de reprendre un commerce, mais cela n’a jamais été jusqu’au bout. Finalement, j’ai créé une librairie/presse de toute pièce dans mon garage que j’avais hérité de mon père.

Je m’étais déjà fait la réflexion qu’il manquait une librairie vendant les livres à Neufchâteau. Il y avait bien quelques commerces qui avaient des bouquins, mais ils se cantonnaient aux livres scolaires et au Top 10 des ventes. J’ai donc fait le choix, dès le début de mon activité, de vendre des livres. D’ailleurs, les quinze premiers jours après que j’aie ouvert, je n’avais que des livres dans mon magasin !

 

Combien de références différentes de livres avez-vous ? Et qu’en est-il des autres produits que vous commercialisez ?

Guy PIERRARD : Actuellement, je dirais que je propose entre 6500 et 7000 livres différents. Parmi ceux-ci, j’ai notamment des ouvrages d’auteurs et éditeurs régionaux, comme Weyrich. C’est évidemment beaucoup plus que la presse pour laquelle j’ai 900 références, dont 500-600 en rayon permanent.

Au niveau des autres produits, je propose bien évidemment ceux de la Loterie Nationale, mais pas depuis le début du magasin puisque j’ai seulement commencé à vendre des billets de Lotto en 2004. Toujours au niveau des paris sportifs, j’ai une borne Ladbrokes.

Sinon du « classique » avec de la confiserie, des boissons, quelques jeux de société, de la papeterie, des vins de caviste, des ouvrages touristiques comme le Guide du Routard, du chocolat d’un chocolatier renommé ou encore des bandes dessinées. Mon point de vente a l’avantage d’être juste en face des arrêts de bus où de nombreux étudiants reprennent les moyens en transport pour rentrer chez eux après les cours donc la confiserie fonctionne plutôt pas mal.

Je complète cette offre de produits avec des petits coups de cœur. Pour l’instant, par exemple, ce sont des petits lutins suédois pour lesquels j’ai l’exclusivité en Belgique.

 

Vous nous avez parlé de la presse et du jeu, mais pas de tabac…

Guy PIERRARD : Je n’ai jamais vendu de tabac dans ma librairie/presse, c’était une volonté depuis le début. Après tout, ma librairie s’appelle Oxygène !

Plus sérieusement, quand je me suis lancé, il y avait déjà sept magasins qui vendaient du tabac ou des cigarettes et je voulais gagner ma place. De plus, il y a eu beaucoup de vols de cigarettes pendant la nuit quand la France a augmenté ses prix. Dix-sept magasins ont été « visités » dans la région dont le mien, mais sans succès pour les voleurs.

 

Revenons un instant sur votre point de vente. Aujourd’hui, il fait 160m², mais vous n’avez pas commencé directement avec autant d’espace ?!

Guy PIERRARD : En effet, au début j’ai débuté dans un commerce de 40m². Comme je le disais, il s’agit d’un ancien garage donc la surface totale du bâtiment était bien assez grande que pour me permettre d’agrandir mon espace de travail.

Le premier agrandissement a eu lieu en 2003-2004 et le second, plus récent, a été effectué en 2016. La seconde fois, j’ai pu bénéficier d’aides de la province suite à une enquête dans la région avec un pack pour la rénovation de quatre commerces du Luxembourg.

Un gros avantage de ma librairie/presse, c’est que comme le bâtiment est un ancien garage, il bénéficie d’un grand parking et la place située en face de mon commerce peut facilement accueillir jusqu’à 80 voitures parquées. C’est un gros plus indéniable pour les clients.

 

 

Quels sont les effets que ces agrandissements ont eus sur votre commerce et votre clientèle ?

Guy PIERRARD : Au début, les clients sont toujours un peu chamboulés, car ils avaient leurs petites habitudes. Mais ils sont également curieux de découvrir ce que vous avez changé.

Depuis le dernier agrandissement, j’ai gagné un certain public, mais j’en ai également perdu un autre. Cela a un peu bougé, mais c’est toujours le cas en fonction des produits que vous proposez ou de l’endroit où vous les mettez dans votre magasin.

Dans mon cas, par exemple, j’ai bougé de place les rayons « bien-être » et « psychologie » en les remettant à l’avant de mon commerce, tandis que les livres des éditions Weyrich prenaient leur place au fond. Eh bien cela a donné des meilleures ventes !

 

Vous êtes présent sur Internet et les réseaux sociaux, pensez-vous que ce soit important, voire obligatoire pour un commerçant d’être présent « en ligne » de nos jours ?

Guy PIERRARD : Tout à fait. Je pense que c’est une belle opportunité pour accroître sa visibilité et aller chercher des clients qu’on n’aurait peut-être pas attirés autrement.

Pour ma part, j’ai un site de la librairie/presse sur lequel je mets systématiquement à jour les dernières nouveautés livres. Sur Facebook, j’ai une page au nom de la librairie/presse sur laquelle je mets en avant un produit différent par jour comme un livre, une revue, etc.

Cela fonctionne plutôt bien puisque j’ai des réservations via ce canal. Si je devais quantifier les retours, je dirais que j’ai minimum trois retours sur sept publications. Au final, cela ne me prend pas beaucoup de temps et c’est réellement utile pour mon commerce.

 

« En tant que libraire/presse, il faut garder un lien avec son corps de métier au maximum. »

 

En plus d’être libraire/presse, vous êtes également membre de Prodipresse et Président du Luxembourg. Pourquoi trouvez-vous important de vous investir dans cette organisation professionnelle ?

Guy PIERRARD : Concernant Prodipresse, mon avis est assez tranché : nous pratiquons un métier dans lequel il nous faut une organisation qui nous rassemble face à tous les gens « en face » (fournisseurs, Gouvernement, AFSCA, etc.). Il faut quelqu’un qui te représente, qui puisse défendre tes intérêts.

Quand tu es tout seul, tu peux t’en sortir, mais cela n’est jamais facile. A contrario, quand on est un gros groupe de libraires/presse, tu vas avoir un impact.

Et puis, on voit aussi l’utilité de nous rassembler au travers le groupe Facebook « Prodipresse Pro » sur lequel on peut se poser des questions et se répondre les uns les autres. Sans oublier les autres outils comme le Prodipresse Magazine, la résolution des requests, etc.

Je suis persuadé que Prodipresse est bénéfique pour tout le monde. D’ailleurs, c’est avec une telle organisation que l’on peut avancer sur le métier et réfléchir plus loin, par exemple en ayant des avantages comme un label qui permettrait de différencier encore un peu plus nos commerces des « fausses » librairies/presse et autres magasins vendant les mêmes produits que nous.

 

Y a-t-il des spécificités propres au métier de libraire/presse dans la province du Luxembourg ?

Guy PIERRARD : Personnellement, je ne ressens pas la concurrence du Grand-Duché du Luxembourg, mais je profite du pouvoir d’achat un peu plus élevé de certains clients. De façon plus globale, nous vivons dans une province qui abrite beaucoup de petits villages sans commerce, c’est malheureusement typique du Luxembourg.

Et cela rejoint d’ailleurs ce que disait mon collègue Pascal PIRON, libraire/presse à Arlon : « Au niveau du Luxembourg, les villages se vident et deviennent des « villages-dortoirs » où les petits magasins ne sont plus utiles, à moins d’ouvrir le soir quand les gens rentrent du travail. Il y a une vraie perte du potentiel de clients. » Je partage totalement son avis sur ce point.

Sinon, ce n’est sûrement pas spécifique au Luxembourg, mais plus à l’endroit où je me situe. Durant les vacances, il y a pas mal de stages dans les environs donc j’ai des clients qui restent une semaine ou qui lisent beaucoup. Cela permet de compenser la perte des clients habituels.

 

Avez-vous des projets futurs pour votre librairie/presse ?

Guy PIERRARD : Concernant l’avenir de ma librairie, je n’ai plus de grand projet. Aujourd’hui, mon commerce fait une taille suffisante pour mes activités. L’essentiel est là. Je veux que mon commerce ait un lien avec les livres et la librairie/presse au niveau des produits. Je ne veux pas faire de la concurrence envers mes clients en commençant à vendre des articles comme des foulards par exemple alors que j’ai plusieurs clientes dont c’est la source principale de revenus.

Je pense qu’en tant que libraire/presse, il faut garder un lien avec son corps de métier au maximum. À chacun son métier.

 

Comment voyez-vous l’avenir du réseau ?

Guy PIERRARD : Comme plusieurs de mes collègues l’ont déjà dit, je pense qu’il va encore y avoir une perte de points de vente pour différentes raisons. De nos jours, il est difficile de reprendre un commerce. Cependant, cela ne veut pas dire que la presse est morte. Loin de là ! Regardez le livre dont on annonçait la mort avec Amazon, les liseuses, etc. Cela a fait du mal, mais le livre est toujours debout. En Belgique, le numérique fonctionne certes pour les journaux et quotidiens, mais pas du tout pour les revues. Le papier est donc bel et bien toujours en vie.

 

Interview réalisée par Colin CHARLIER pour le Zoom libraire du Prodipresse Magazine n°82

Zoom libraire

 12/09/2018

Située entre un chocolatier et un salon de coiffure, la Librairie de la Ville Haute à Châtelet (Province du Hainaut) accueille les clients du lundi au samedi de 6h à 18h. Derrière le comptoir, Marie GILSON et Guy, son époux, se relayent pour servir les habitués et autres visiteurs. Leurs spécialités ? Les cigares, le rhum et les whiskys. Depuis six ans déjà, la Librairie de la Ville Haute propose à ses clients des produits autres que ceux trouvés en grande surface. Et cela fonctionne plutôt bien…

 

Bonjour Marie, depuis quand êtes-vous libraire/presse ?

Marie GILSON : Bonjour, mon mari et moi tenons une librairie/presse depuis 1980. Au début, nous avions un commerce à Gilly, pas très loin d’ici. Je pense pouvoir affirmer que c’était une affaire en or qui tournait plus que bien.

En 2006, nous avons décidé de céder notre librairie/presse à notre fille. Malheureusement, elle a dû la remettre suite à un drame personnel et en deux-trois ans, la personne qui l’avait reprise l’a complètement coulée.

De notre côté, cette même année 2006, nous avons repris cette librairie/presse-ci à Châtelet. Nous avons vu cela comme un challenge, car le point de vente ne tournait plus. Parmi toute la marchandise jadis vendue, il ne restait que les journaux.

Au départ cela n’a pas été facile, mais nous nous y attendions. Il nous a fallu un an et demi pour tout relancer correctement. Aujourd’hui le commerce se porte bien mieux qu’à notre arrivée !

 

Parlez-nous un peu de votre librairie/presse. Que proposez-vous comme produits ?

Marie GILSON : Comme mes collègues, je vends bien entendu de la presse, des produits de la Loterie Nationale, des produits fumeurs ou encore de la confiserie et des boissons.

Nous nous sommes spécialisés dans l’alcool et les cigares de la marque Balmoral. C’est une décision, je dirais même un pari, que nous avons prise il y a six ans. Nous avons commencé en douceur avant de vraiment nous développer. Nous privilégions les alcools que le client ne trouvera pas en grande surface, comme le rhum ou le whisky, même si nous avons quelques références. Nous profitons de différentes occasions pour promotionner nos produits. Par exemple, nous organisons des dégustations pour la fête des pères. Aujourd’hui, je peux affirmer que je n’éprouve aucun regret par rapport au pari que nous avons fait il y a six ans.

Au niveau des autres produits, nous avons de la carterie et de la papeterie. Nous nous ne sommes par contre pas spécialisés dans ce domaine, donc nous avons juste des produits de dépannage.

Sans oublier les articles fumeurs comme les pipes, les articles cadeaux (t-shirts, casquettes, miroirs, etc.) et les objets de collection. Nous avons une grosse clientèle de collectionneurs. Tout marche ici !

 

Parmi tous ces produits, en avez-vous développé spécifiquement suite à la demande des clients ?

Marie GILSON : Directement suite à la demande de clients non. Par contre, il y a certains produits que je vends ou ne vends pas car je sais quel genre de clients cela va m’apporter.

Je vais prendre pour exemple les colis. Je ne suis pas point poste, mais nous servons de point dépôt pour des colis comme La Redoute et nous vendons des timbres. Nous avons fait ce choix car il s’agit de services à la clientèle, mais surtout pour le passage que cela génère dans notre point de vente. La rémunération sur ces produits n’est pas énorme. J’ajouterais même que cela prend beaucoup de place, notamment durant les soldes. Mais à un moment, il faut aussi prendre en compte les clients que cela vous ramène en plus dans votre commerce.

À l’inverse, nous ne proposons pas de paris sportifs, car cela génère un type de clientèle qui traîne dans le magasin. Dans notre ancienne librairie/presse, nous avions des paris sportifs et nous avons eu droit à notre lot de personnes restant vingt-trente minutes dans le point de vente juste pour jouer un ou deux euros sur une borne. Nous ne voulions plus cela dans notre librairie/ presse. De plus, tous les produits ont été casés dans le magasin et je ne saurais pas mettre de borne sans gêner le passage.

 

Il y a d’autres raisons qui vous ont poussé à arrêter de commercialiser un produit ?

Marie GILSON : Bien sûr ! Il y a des produits sur lesquels nous avions une marge intéressante au début. C’est le cas des cartes téléphoniques où on commençait avec 7-8% de rémunération. Et maintenant que leur produit est installé dans les commerces et qu’ils n’ont plus besoin de nous, la marge est descendue en flèche. Ajoutons à cela qu’il faut désormais enregistrer les gens qui viennent acheter une carte téléphonique. Cela représente beaucoup de travail pour une si petite rémunération et une si petite estime de notre métier.

Je pense qu’au bout d’un moment, si un produit ne vous rapporte plus assez ou vous prend de la place alors que vous pourriez y mettre un autre produit qui vous rapporterait plus (que ce soit en termes de passage ou financiers), il est intéressant d’avoir une vraie réflexion.

 

En arrivant chez vous, on peut apercevoir plusieurs commerces fermés dans votre rue. Vous n’avez pas peur de vivre la même chose ?

Marie GILSON : Je ne suis pas inquiète. Notre clientèle est très fidèle et nous avons également récupéré une nouvelle clientèle suite à la fermeture d’autres points de vente dans les alentours. En général, nous avons une grande affluence sur le temps de midi avec les clients qui profitent de leur pause pour venir faire leurs achats.

Nous avons aussi la chance d’avoir un collègue pas trop loin, Philippe ATTAQUE de la Librairie Franco-Belge, qui nous envoie ses clients quand il est en congé. Chaque année, nous doublons notre chiffre d’affaires en juillet-août. C’est vraiment une bonne période pour nous.

Cependant, puisqu’on parle des clients, chaque client a ses limites. On peut toujours un peu pousser, mais il ne faut pas aller trop loin. C’est le cas avec la Loterie Nationale et leurs actions temporaires. On nous pousse à toujours évoluer en pourcentages ou à réaliser des gros chiffres pour les tirages spéciaux, par exemple pour le vendredi 13. Mais, comme le dit le fameux adage, « à essayer d’avoir de trop, on finit par se retrouver avec rien du tout… ».

C’est un peu pareil pour les cagnottes. Nous avions l’habitude d’en faire beaucoup auparavant, nous avons déjà atteint une trentaine de cagnottes sur une année. Mais à un moment, nous avons décidé de ralentir un peu la cadence pour ne pas « dégoûter » les clients.

 

Vous êtes affiliée à Prodipresse, quel est votre avis sur notre organisation professionnelle ?

Marie GILSON : Je dirais que depuis quelque temps, nous voyons que cela bouge chez Prodipresse ! Nous sommes également plus souvent mis au courant des réunions, des changements du métier, etc. Personnellement, j’ai déjà appelé quelques fois le secrétariat de Prodipresse pour un souci et les solutions ont été trouvées assez rapidement.

En plus de cet aspect, je trouve vraiment chouette le fait qu’il y ait de plus en plus souvent des événements régionaux (karting, Festival du Rire, cirque Bouglione, etc.) auxquels on peut voir ses collègues libraires/presse. Ces moments nous permettent de nous détendre tout en rencontrant d’autres personnes du métier. On essaye toujours de ne pas trop parler du travail, car nous sommes là avant tout pour nous détendre, mais bien évidemment on finit toujours par le faire !

 

Avez-vous des projets pour le futur de votre librairie/presse ?

Marie GILSON : Sachant que nous sommes tous les deux pensionnés, mon mari et moi, nous avons dans la tête l’idée de remettre notre commerce dans quelques années. Nous ne savons pas encore quand, car nous aimons beaucoup ce métier. Cela nous permet aussi de voir et de rencontrer des gens.

Il y a encore des choses à faire dans le point de vente pour le développer. Nous avons toute une partie derrière le magasin qui nous sert de réserve, mais que nous pourrions utiliser si nous décidions d’agrandir. Mais actuellement, ce n’est pas à l’ordre du jour.

 

Comment voyez-vous l’avenir du réseau des libraires/presse ?

Marie GILSON : Je suis persuadée qu’il y a toujours un avenir pour les libraires/ presse qui resteront des libraires/presse. Bien sûr, les plus gros commerces qui se sont spécialisés vont également rester.

Au contraire, tous ceux qui ont repris une librairie/presse en pensant que cela allait être une tâche facile et ne le sont pas vraiment vont vivoter avant de s’éteindre. Il est normal de vouloir se diversifier un peu, d’adapter ses produits en fonction des demandes de sa clientèle ou de ses envies, mais à chacun son métier : le boulanger vend son pain, le boucher sa viande, etc.

Zoom libraire

 15/08/2018

Les derniers enfants ont rejoint leur classe et Marc BAREK peut un peu souffler : être situé à proximité de quatre écoles ce n’est pas de tout repos. Pourtant, ce libraire/presse bruxellois préfère tirer le positif de chaque situation. D’ailleurs dans son magasin il ne travaille pas, il s’amuse ! C’est virevoltant d’un client à l’autre, tantôt en français, parfois en néerlandais ou encore en arabe, qu’il tient sa librairie/presse depuis dix-sept ans. Et ce, toujours dans la bonne humeur et la zen attitude.

 

Bonjour Marc, comment êtes-vous devenu libraire/presse ?

Marc BAREK : Bonjour Colin, à la base j’étais complètement parti dans autre chose puisque j’ai fait des études de technicien. Puis, en sortant des études, j’ai commencé à restaurer des meubles anciens. Cela me plaisait énormément, mais après vingt-quatre ans, j’ai eu envie d’autre chose. J’ai alors décidé de reprendre une librairie/presse en 2001. Je voyais cela un peu comme un challenge.

Bien sûr, j’ai commencé par suivre des cours de gestion pendant un an et durant les trois premières années, je n’ai pas touché le moindre salaire. Les débuts étaient difficiles donc j’ai préféré tout réinvestir dans le magasin.

 

Parlons un peu de votre librairie/presse : on sent qu’elle a un esprit bien à elle.

Marc BAREK : Tout à fait, j’irai même plus loin en affirmant que c’est une vieille librairie/presse qui a une âme.  Quand vous entrez pour la première fois, vous êtes tout de suite frappé par l’odeur de bonbons qu’il y flotte !

C’est une librairie/presse de quartier et pas de centre-ville et j’ai voulu garder cet aspect. Bien sûr, j’ai effectué quelques petites transformations.

Par exemple, j’ai tout repeint dans des tons plus clairs. Et ce, tout en travaillant.

 

Vous parliez des bonbons, avez-vous développé certains produits en fonction de votre clientèle ?

Marc BAREK : Bien sûr ! L’ancienne propriétaire vendait surtout beaucoup de magazines, mais aujourd’hui, avec la perte de la presse j’ai adapté les produits que je vends. Je propose toujours des journaux et magazines avant tout pour dépanner les clients. Mais soyons honnêtes, je gagne plus sur les cigarettes et les bonbons.

J’ai donc décidé de développer mon offre de bonbons, car je me trouve à proximité de quatre écoles et il y a des arrêts de bus sur le même trottoir que moi. Les enfants passent donc très souvent dans mon magasin. C’est également pour cela que vous voyez que je propose beaucoup de jouets pour les enfants : des ballons, des pistolets à eau, etc. Ce que j’organise également, c’est des échanges de vignettes Panini durant l’année avec eux. Sincèrement, je pense que sans les enfants, ma boutique serait fermée. Et puis avec eux tu sais à quoi t’en tenir : s’ils n’aiment pas quelque chose, ils vont te le dire directement. Il faut garder son âme d’enfant !

 

Que proposez-vous d’autre comme produits ?

Marc BAREK : Au niveau des autres produits, je vends pas mal de cigarettes. La technique, c’est de voir qui t’offre les meilleures marges et de ne pas hésiter à séparer tes achats. Moi par exemple, j’achète mon tabac à un endroit et mes cigarettes chez un autre. Après, comme je suis Bruxelles, tu peux toujours en trouver des cigarettes pas chères, mais je préfère ne pas m’y risquer, car il faut toujours se méfier des gens qui viennent te trouver en te disant qu’il leur reste dix fardes à bon prix que tu vas revendre facilement.

J’ai également les colis via Kariboo. On m’a proposé d’être Point poste, mais quand je vois les soucis que j’ai eus avec d’autres opérateurs de colis je préfère ne pas m’y risquer. De plus, je trouve que cela n’est pas rentable par rapport à la place que je devrais allouer aux colis dans mon magasin.

J’ai bien évidemment les produits de la Loterie Nationale. Cela fonctionne pas mal, mais ce qui nous tue avec la Loterie, c’est le nombre de points de vente. Rien qu’ici sur la chaussée il y a dix magasins qui vendent des produits de la Loterie Nationale. C’est difficile de toujours augmenter ses ventes.

Au niveau des bornes de paris sportifs, je trouve que c’est un amène misère. Des gens viennent parfois y blanchir de l’argent. J’ai une seule borne, mais ce sont surtout des habitués qui jouent dessus. Tenez l’agence Ladbrokes juste à côté, ils se sont fait braquer plusieurs fois et il y a déjà eu des bagarres. Je ne veux pas de ça chez moi. On m’a proposé d’ouvrir une salle de jeux dans ma librairie/presse, mais je ne pense pas que cela soit une bonne idée.

Enfin, je propose aussi un service de photocopies. J’ai l’avantage qu’il n’y en a plus dans le quartier, mais c’est plus du dépannage qu’autre chose. Je ne gagne pas beaucoup dessus.

 

Revenons un instant sur les clients, on sent qu’ils sont très importants pour vous !

Marc BAREK : Je connais peu de libraires/presse qui vous diront le contraire. Ma philosophie c’est d’être positif au maximum. Les clients me boostent véritablement. D’ailleurs, je dis souvent que je ne travaille pas, mais que je suis chez moi. La preuve, c’est que derrière mon comptoir, j’ai une salle avec ma table, ma cuisine, ma télé, etc. !

Et puis il y a tout un jeu avec le client. Déjà, ma porte est toujours ouverte. Cela aide les gens à entrer et je peux aussi les apostropher si j’en vois que je connais qui passent devant ma librairie/presse. Une fois que le client est à l’intérieur, c’est à toi de jouer ! Il vient pour jouer au Lotto ? Vends-lui autre chose en même temps.

J’estime avoir un très bon contact avec les clients. Je m’amuse même avec eux ! Le plus important, même si tu as des soucis, c’est de ne pas les faire rejaillir sur les clients. Ils ne sont pas là pour entendre tes problèmes et mon but c’est qu’ils ressortent toujours de ma librairie/presse avec le sourire.

 

Est-ce qu’être libraire/presse à Bruxelles c’est différent d’ailleurs ?

Marc BAREK : C’est difficile à dire. J’imagine qu’il doit y avoir quelques différences, notamment de clientèles selon la ville et la province dans laquelle vous vous trouvez. Personnellement, je trouve qu’il y a surtout une différence entre les librairies/presse de centre-ville et celles de quartier. Comme je l’ai dit au début, ici c’est une librairie/presse de quartier. Il y a un véritable effet de petit village et une ambiance de quartier. Tout le monde se connaît, tout se sait très vite. Et puis j’ai aussi la chance d’avoir mon chien qui aide à se sentir en sécurité quand on en a vraiment besoin.

 

Quels sont vos projets pour le futur de votre librairie/presse ?

Marc BAREK : Projet, c’est un grand mot ! J’ai déjà soixante ans donc je n’en ai pas de grand en chantier. Idéalement, je pense que j’aimerai vendre plus de jouets, d’articles cadeaux et de nourriture-snacks, car c’est ce qui marcherait le mieux avec ma clientèle d’enfants et de jeunes. Ils passent le matin avant les cours, sur le temps et midi et aussi en fin de journée avant de reprendre le bus ou de rentrer chez eux.

J’ai également la possibilité d’ouvrir mon magasin derrière le comptoir pour agrandir la surface de vente.

Et pourquoi ne pas mettre des tables à l’extérieur pour l’été et y vendre des crêpes, des petits gâteaux, etc.

 

Vous êtes membre de Prodipresse, que pensez-vous de cette organisation professionnelle ?

Marc BAREK : Je suis membre depuis longtemps chez Prodipresse. J’ai même été assez impliqué au sein de l’organisation à un moment, mais j’avais l’impression que rien n’aboutissait. À l’époque, j’allais « démarcher » des collègues libraires/presse, mais j’ai surtout rencontré des gens assez fermés.

Ils voyaient un peu Prodipresse comme un phare : tu savais que Prodipresse était là, mais tu avais l’impression qu’il n’y avait aucun recours.

Aujourd’hui, cela a changé avec l’engagement de l’équipe des permanents. Prodipresse s’implique plus ou en tout cas obtient plus de résultats et surtout communique dessus. Je trouve que c’est une très bonne chose et j’espère que cela va continuer pendant longtemps !

 

Comment voyez-vous l’avenir du métier de libraire/presse ?

Marc BAREK : Je ne suis pas négatif, mais je pense qu’il faudrait se spécialiser dans le choix de la presse. Aujourd’hui, les gens lisent l’actualité sur leur téléphone ou en diagonale. Le mieux serait de se lancer dans les livres et les magazines spécialisés (comme ceux sur le golf par exemple), mais il faut évidemment connaître son sujet.

Pour moi, les magazines people ne servent plus à rien, on peut tout trouver sur internet. C’est pareil pour la cuisine et le jardinage. La presse en elle-même est en train de mourir. De façon générale, j’ajouterai également que les gens sont un peu timides. C’est vite chacun chez soi. Il faudrait plus d’échanges.

 

Avez-vous une petite anecdote pour terminer ?

Marc BAREK : Comme tous mes collègues libraires/presse, je pourrais vous en raconter un sacré nombre ! Mais comme vous m’en demandez une seule, je vais choisir la fois où un polar se déroulant à Bruxelles est paru.

J’en avais vendu une vingtaine de livres « La Main » et un jour, un client est entré dans ma librairie/presse et qui travaillait dans le monde des médias. Je lui ai demandé pourquoi il n’en faisait pas une série. Et bien, il a contacté la RTBF avec avec les deux auteurs du livre et il va être adapté en série télévisée !