L'avis de ProDiPresse

 06/11/2020

Ce vendredi 6 novembre, Yannik Bellefroid était interviewé sur Vivacité en sa qualité de président de l’Union Professionnelle des Associations de Paris. Il se demandait pourquoi les bornes de paris sportifs avaient été reconnues comme produit non essentiel et avaient dû être débranchées dans les librairies-presse alors que l’intégralité des jeux de la Loterie Nationale reste accessible.

Prodipresse, en tant qu’organisation professionnelle des libraires-presse indépendants francophones de Belgique, partage l’incompréhension de Yannik Bellefroid face aux décisions « deux poids deux mesures » de l’État et même de manière générale ces derniers temps.

Il est évident qu’il n’appartient pas à Prodipresse de se prononcer sur les produits qui sont catégorisés comme essentiels ou non, ce n’est pas notre rôle.

Cependant, nous sommes en droit de nous poser des questions sur les choix politiques actuels à deux vitesses. Aujourd’hui, ce sont les paris sportifs qui sont momentanément à l’arrêt, mais qui nous dit que, demain, l’État ne va pas nous interdire de vendre les produits de la Loterie Nationale pour ne pas faire concurrence aux paris sportifs ? Puis d’arrêter de vendre du tabac parce que les marchands de tabac ont dû fermer… À ce rythme-là, il ne nous restera plus que la presse dont la vente sera autorisée, situation invivable qui mènera à la fermeture de toutes les librairies-presse et plus personne ne pourra rien vendre sans faire une concurrence déloyale à un autre secteur.

Tout ce que nous demandons, c’est uniquement de la cohérence pour les décisions futures.

Zoom libraire

 29/10/2020

Pendant de nombreuses années, le numéro 55 de la rue de Renory abritait deux commerces : une librairie-presse et une épicerie. Leur entrée était la même, mais une cloison séparait les deux activités. Nadine s’occupait de l’épicerie, Laurent diffusait de la presse. Depuis janvier 2020 et une rénovation, les légumes frais font désormais face à la carterie, les frigos de boissons surgissent parmi les rayonnages contenant la presse du jour et le comptoir à sandwichs a pour voisin l’Altura de la Loterie Nationale. Bienvenue Chez Laurent et Nadine !

Deux commerces en un

« Le véritable moteur de notre métier, c’est la passion avant tout. Si vous n’aimez pas le contact avec votre client, il ne faut pas vous mettre derrière un comptoir. » confie d’emblée Laurent Dupont, après avoir pris cinq bonnes minutes pour expliquer à un client la marche à suivre afin de télécharger l’application de la Loterie Nationale et bénéficier des avantages liés.

Et des clients, il en voit défiler encore plus depuis la rénovation de son commerce et la transformation de deux commerces distincts en une seule et même entité.

« J’essaye vraiment de prendre le temps pour chacun et chacune, on sent que certain(e)s ont besoin de se confier, donc on ne les expédie jamais, continue-t-il, c’est vraiment ce qui fait le charme du commerce de proximité.

D’ailleurs, on ne reprend ou n’ouvre pas une librairie-presse en se disant que l’on va devenir riche ! Il faut faire la différence entre le chiffre d’affaires et le bénéfice. Le meilleur exemple, c’est quand on voit qu’on a plus de clients pour la librairie que pour l’épicerie, mais que les marges sont tellement plus intéressantes pour l’épicerie et les sandwiches que pour la presse, les cigarettes ou la Loterie… Finalement, les deux commerces s’équilibrent assez bien, même si cela penche parfois plus d’un côté ou de l’autre selon la période. »

Une harmonie qui existait déjà depuis quelques années, puisque Nadine, l’épouse de Laurent, vend des fruits et légumes depuis 1985 et Laurent tient une librairie-presse depuis 1995.

« Je suis originaire du quartier et à la suite d’une restructuration, j’avais perdu mon emploi. Une librairie située plus loin rue de Renory (ndlr : la rue actuelle de sa librairie) était à remettre. Le commerce tournait bien, mais le propriétaire avait quand même fait faillite. Un des principaux handicaps lors de ma reprise, c’est que le point de vente avait été fermé pendant cinq semaines donc les clients étaient partis. Sincèrement, je pense qu’on a ramé pendant cinq ans au départ.

Les années passant, nous avions les deux loyers des commerces à payer et nous avons décidé de chercher un bâtiment à acheter pour réduire les frais. Notre choix s’est porté sur cette ancienne banque qui servait surtout à classer des archives. Nous étions les seuls candidats à son achat et avons donc pu réunir les deux magasins. » raconte-t-il.

Le choix initial fut de séparer les deux commerces avec une cloison. Leur entrée était commune et l’épicerie ouvrait plus tard que la librairie-presse. Un fonctionnement que Laurent et Nadine ont maintenu pendant vingt ans.

« Nous avons connu quelques belles années avant de fléchir un peu au niveau de notre chiffre d’affaires et forcément des bénéfices. En parallèle à cela, des élèves de l’école située non loin de la librairie-presse nous avaient demandé si nous ne voulions pas nous lancer dans les sandwichs. Seul bémol : c’était tout simplement impossible avec la configuration que nous avions alors.

Avec mon épouse, nous avons alors eu une réflexion sur l’avenir de notre affaire et nous avons décidé de fermer une semaine pendant le mois de janvier 2020 pour effectuer des transformations afin de réunir les deux commerces et les remettre au goût du jour. Plusieurs mois plus tard, je peux franchement vous dire que si c’était à refaire, je l’aurai fait plus tôt ! » rigole-t-il.

Une réunification bénéfique, mais qui ne s’est pas totalement effectuée sans crainte, du moins au début.

« C’est vrai que j’ai eu un peu peur au départ, confirme Laurent, car quand vous rentrez dans le magasin maintenant, c’est d’abord une épicerie et le côté librairie-presse est un peu plus caché. Je craignais que les clients ne comprennent pas que la presse était toujours là. Cependant, je reste persuadé que c’était le bon choix. Connaissant le secteur et l’évolution du marché, nous n’avions pas non plus énormément de choix. Et depuis, je ne peux être que satisfait de cette transformation. »

Néanmoins, il est encore difficile de tirer des conclusions sur le long terme au vu de la première partie de l’année marquée par le confinement et toutes ses conséquences.

« D’un côté, nous avons connu notre lot de journées de fou pendant le COVID-19, car beaucoup d’autres commerces ont dû fermer, mais de l’autre, notre lancement dans le sandwich a littéralement été coupé net avec le confinement. Heureusement cela a redémarré depuis. Nous allons donc devoir attendre une période plus normale avant d’analyser les effets de notre nouvelle configuration. » corrobore-t-il.

Et quand on lui demande si deux commerces en un ce n’est pas trop difficile à gérer au quotidien, c’est avec un petit sourire que Laurent répond : « Ah ça ! On va dire qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer ! Rien que le matin, mon épouse part au marché de Droixhe à 5h30 et de mon côté j’attends la livraison de la presse. En gros, c’est un peu la course contre la montre. Sans oublier le marchand de pain qui vient également nous livrer.

Heureusement, maintenant nous sommes rodés, donc nous ne nous en sortons pas mal au niveau de la gestion, mais c’est une logistique de fou. Par exemple en fin de semaine, c’est impossible de faire de l’administratif, il faut penser à tout, tout le temps. Nous n’avons vraiment pas le temps de souffler… »

 

Le cœur avant la raison

Reste à savoir si Laurent et Nadine ont encore des projets futurs de diversification ou s’ils pensent avoir atteint le maximum dans leur magasin :

« De façon générale, je pense qu’il n’est pas rare que votre chiffre d’affaires diminue dans le secteur et la diversification est clairement une solution, mais elle change complètement selon votre emplacement et les attentes de votre clientèle.

Chez nous, il fut un temps où nous vendions énormément de papeterie, mais désormais c’est difficile de concurrencer certaines grandes enseignes. De plus, l’école la plus proche de la librairie-presse est une école technique qui enseigne l’esthétique et la coiffure. Pas vraiment le type de public qui vient chez moi pour un cahier ou un compas, explique Laurent.

Mais attention, je n’ai pas à me plaindre, car mon chiffre d’affaires s’est stabilisé. Bon, on sait que ce sont plus les belles années et quand je vois les marges bénéficiaires du côté de l’épicerie qui atteignent souvent du 40%, je me dis que la différence reste notable. »

De quoi envisager de nouveaux produits ?

« Faut-il toujours vouloir grandir ou se dire qu’on est à fond, tant pis, mais on est à fond et on sait ce qu’on gagne ? demande-t-il.

Il est évident que quand vous n’avez pas le choix, la question a sûrement une autre réponse, mais dans mon cas tant que je reste stable, je sais où je mets les pieds. Se diversifier oui, mais pas n’importe comment ni avec n’importe quels produits. Je ne veux pas devenir un grand bazar.

Et puis quand on voit certains produits avec des marges rabotées comme les cartes de bus, cela ne donne pas franchement envie. À l’époque, nous avions 15% sur les cartes Mobistar vendues via la Loterie, maintenant je ne regarde même plus. Vendre 1.000 cartes de bus par jour juste pour faire entrer des clients qui ne t’achèteront pas autre chose et qui sont toujours pressés, cela ne m’intéresse pas.

Sans oublier qu’ajouter de nouveaux produits, c’est prévoir encore plus de gestion. Et à toujours vouloir faire plus, tu risques de t’écrouler. Seulement voilà, si tu fermes ton commerce ne fut-ce qu’un seul jour, car tu es malade ou que tu es tout simplement au bout du rouleau, non seulement tu ne gagnes rien du tout sur cette journée, mais en plus une devanture fermée cela se remarque et a un mauvais impact au niveau des clients, continue-t-il.

Pour le futur, il fut un temps où on avait pensé à abattre le mur qui sépare notre commerce et les pièces du fond (réserve), mais nous avons déjà réalisé d’énormes travaux qui ont grandement amélioré notre confort de travail. Nous prenons davantage de plaisir à travailler maintenant qu’avant », conclut Laurent.

Par rapport au futur, une chose en tout cas est certaine pour Laurent : pas question de faire l’impasse sur la l’essence même de son métier de diffuseur de presse.

« On ne sait jamais de quoi demain sera fait, mais si c’est pour ne plus être libraire-presse, cela ne m’intéresse pas ! Bien sûr, il y a toujours moyen d’aller chercher d’autres produits, d’ajouter de nouveaux services. Mais je ne veux pas délaisser le cœur de mon métier et ne plus avoir le temps de conseiller un client sur un magazine ou un livre. C’est pareil avec la sandwicherie que nous avons aujourd’hui, elle ne doit pas se faire au détriment de la librairie-presse. D’où l’importance de garder un équilibre le plus longtemps possible.

Par exemple, j’effectue toujours des tournées à vélo chaque matin et cela reste un plaisir de la faire… bon sauf quand il pleut, plaisante-t-il, mais c’est important pour moi de continuer à proposer ce service à mes clients les plus âgés, même s’ils repassent dans la librairie-presse en journée.

Mais demain, je ne suis pas certain que cette clientèle d’un certain âge sera remplacée par une autre et j’aimerai bien que les gens reviennent vers les petits commerces. D’un côté plus positif, nous avons beaucoup d’étudiants kotteurs dans le quartier qui se rendent compte que nous ne sommes pas plus chers qu’ailleurs et surtout que nous avons plus de flexibilité que les grandes surfaces. Le quartier et sa population changent, en tant que libraires-presse nous devons continuer à évoluer avec eux pour rester le cœur de notre quartier ! »

 

Interview réalisée par Colin Charlier pour le Zoom libraire du Prodipresse Magazine n°98 d'octobre 2020.

Prodipresse vous informe

 30/04/2020

Suite au travail mené par Prodipresse, les libraires/presse peuvent désormais bénéficier de plusieurs indemnités en cette période de crise, qu'ils soient restés ouverts ou non.

 

Au niveau des aides fédérales

À la suite des négociations avec le Ministre des Indépendants, Monsieur Denis Ducarme, vous avez accès :

  • Au droit passerelle pour le mois de mars suite à la fermeture du samedi 14/03 et même si vous êtes resté(e) ouvert(e) le reste du mois. Vous ne devez donc pas démontrer une interruption d’au moins 7 jours ;
  • Au droit passerelle pour mois d’avril, uniquement si vous avez interrompu votre activité durant au moins 7 jours consécutifs.
  • Au droit passerelle pour le mois de mai aux mêmes conditions que pour le mois d'avril (les détails de cette décision de prolongation sont à trouver via ce lien). 

La demande pour en bénéficier s’effectue auprès de votre caisse d’assurances sociales.

 

Au niveau des aides régionales

Si vous fait le choix de fermer votre commerce durant cette crise due au corona virus, vous avez droit à :

  • Une prime unique de 4.000 euros si vous vous situez en Région de Bruxelles-Capitale avec le formulaire en ligne sur ce lien (cliquez ici) ;
  • Une prime unique de 5.000 euros si vous vous situez en Région wallonne avec le formulaire en ligne sur ce lien (cliquez ici).

 

Nous avons également obtenu une indemnité supplémentaire de 2.500 euros si votre commerce est situé en Région wallonne, est resté ouvert et que vous avez subi une perte de chiffre d’affaires.
 
Concrètement, si vous avez obtenu le droit passerelle au mois de mars ou au mois d'avril et que vous pouvez prouver une diminution substantielle de votre activité, vous pouvez bénéficier de cette indemnité.

Vous trouverez les procédures pour obtenir ces nouvelles aides en cliquant ici.

Prodipresse vous informe

 27/03/2020

Suite aux négociations menées avec le ministre des Indépendants Denis Ducarme, Prodipresse souhaite informer le réseau que l’aide fédérale du droit passerelle est automatiquement acquise en mars pour les libraires, que vous restiez ouvert ou non. Voici le texte en question :

Pour les libraires : 

  • Les limitations imposées aux libraires par l’arrêté du 13 mars (applicable du 14 au 17 mars) impliquent qu’ils peuvent bénéficier automatiquement du droit passerelle du mois de mars, c’est-à-dire sans devoir démontrer une interruption d’au moins 7 jours.  
  • Pour le droit passerelle du mois d’avril, plus aucune limitation n’est désormais imposée aux libraires par l’arrêté ministériel en vigueur. Cette prestation du mois d’avril n’est donc payable pour eux que s’ils s’interrompent volontairement au moins 7 jours. Si de nouvelles limitations devaient être décidées vis-à-vis des libraires d’ici la fin avril, ceux-ci retomberaient bien entendu dans le cadre d’un droit automatique pour le mois d’avril.

Suivant la situation en avril, Prodipresse informera le réseau des actions que nous entreprendrons.

Continuons à être solidaires durant cette période !

Prodipresse vous informe

 19/03/2020

Suite à la décision du gouvernement fédéral ce 17 mars 2020, les librairies/presse ont été reconnues comme faisant partie des commerces d'utilité publique et peuvent donc rester ouvertes.

Si vous décidez de garder ouverte votre librairie/presse, cette décision gouvernementale entraîne des mesures sanitaires importantes :

  • Vous pouvez ouvrir du lundi au samedi, avec une fermeture à maximum 22h00 ;
  • Les mesures nécessaires doivent être prises pour garantir le respect des règles de distanciation sociale, en particulier le maintien d'une distance de 1,5 mètre entre chaque personne ;
  • Il est conseillé de ne pas accueillir plus d'un client par 10 m² ou de limiter l'accès de votre magasin à 2-3 clients en même temps ;
  • Appliquez des règles d'hygiène simples :
    • Ne serrez pas la main de vos clients et ne leur faites pas la bise ;
    • Lavez-vous régulièrement les mains (eau et savon sont parfaits) ;
    • Acceptez de préférence les paiements électroniques par carte bancaire (et ainsi éviter de manipuler de l'argent) ;
    • Veillez à des lieux de travail propres et hygiéniques (comme le comptoir) par une désinfection régulière de ceux-ci ;
    • Veiller à une bonne hygiène respiratoire sur les lieux de travail en utilisant des mouchoirs en papier à usage unique en cas de toux ou d’éternuements

La santé de tous (la vôtre, celle de vos employés et de vos clients) est bien évidemment prioritaire en cette période.

Vous trouverez une énumération détaillée des différentes mesures de prévention sur les lieux de travail dans cet avis de l’OMS.

Prodipresse vous informe

 19/03/2020

Suite à la décision du gouvernement fédéral ce 17 mars 2020, les librairies/presse ont été reconnues comme faisant partie des commerces d'utilité publique et peuvent donc rester ouvertes.

Si vous décidez de fermer votre librairie/presse, voici les différentes démarches à entreprendre :

 

  1. Prenez contact avec vos différents fournisseurs pour les prévenir

AMP : 

Si vous décidez de ne pas être livré pendant une certaine période, veuillez les en informer le plus tôt possible via Distriweb, avec un minimum de 48 heures à l'avance.

En cas de congé de dernière minute, il est possible que vous soyez encore livré une fois. Ces livraisons de journaux, ainsi que les retours de magazines prévus pendant votre congé, seront alors demandés le jour de la première livraison après votre congé.

Si vous ne souhaitez pas recevoir vos abonnements au magasin pendant la fermeture temporaire du magasin, veuillez le signaler explicitement.

Si la période devait être prolongée au-delà du 5 avril, veuillez les informer de la prolongation de votre congé 3 jours ouvrables avant la date de fin de votre premier congé.

Si vous avez déjà fait une demande de congé anticipé et que vous souhaitez l'annuler, veuillez le faire savoir dès aujourd'hui à l'adresse customer.administration@ampnet.be.

En ce qui concerne les livraisons du samedi, nous attendons toujours le texte officiel du Conseil de sécurité, afin de pouvoir vous informer correctement à ce sujet ultérieurement.

Il est également recommandé d'utiliser autant que possible Distriweb pendant cette période pour l'administration quotidienne ou pour des questions supplémentaires concernant les livraisons et les invendus

 

Tondeur Diffusion :

La distribution de magazines continue tant que les circonstances le permettent.

Tondeur Diffusion tentera, autant que possible, de maintenir les livraisons aux jours habituels. Il cependant très probable que des tournées doivent être reportées, sans qu'ils puissent toujours vous avertir.

Afin de préserver la santé de tous, vous, vos clients, les chauffeurs, ils doivent veiller à assurer une distance de sécurité d’1,5 m. Les chauffeurs déposeront donc votre casier à l’entrée du magasin et vous demandent de préparer vos invendus à cette même place.

Si vous avez pris la décision de fermer votre commerce, merci de le communiquer à customers@tondeur.be

 

bpost :

bpost maintient sa distribution le samedi dans les point poste et spots kariboo ouverts, mais sans garantie formelle vu les circonstances exceptionnelles.

Pour toute fermeture, prenez contact avec votre Field Manager bpost qui sera de bon conseil et vous aidera à gérer votre situation particulière.

 

Loterie Nationale : 

Prévenez votre délégué ou le contact center au 0800/14.961.

 

2. Informez-vous auprès de votre secrétariat social pour savoir comment mettre vos employés en chômage économique

UCM :

Pour les entreprises qui relèvent d’un autre secteur que l’Horeca, le spectacle, l’exploitation de cinéma et les attractions touristiques, vous pouvez introduire directement votre demande de couverture de chômage temporaire pour cause de force majeure via le formulaire ci-dessous.

Vu l’impact très douloureux de cette crise pour les entrepreneurs, ils réalisent toutes ces démarches gratuitement durant toute la période de distanciation sociale. Vous devez également envoyer, de préférence le jour même de la communication électronique, par courrier postal ou de préférence par mail, adressé au service chômage temporaire  du bureau du chômage compétent les explications circonstanciées démontrant que le chômage est la conséquence d'une force majeure due au Coronavirus.  

Retrouvez le formulaire de demande de chômage temporaire pour cause de force majeure en cliquant ici.

Vous trouverez toutes les informations ainsi que la marche à suivre sur le site de l'UCM en cliquant ici.

 

3. Informez-vous pour savoir si vous bénéficiez d'indemnités indépendant et dans quelles conditions (fermeture totale, partielle, sur un mois complet, etc.)

Au niveau fédéral

Depuis le 1er mars 2020, les indépendants qui rencontrent des difficultés suite à la crise du coronavirus peuvent faire appel au droit passerelle pour interruption forcée.

Montants octroyés 

Avec charge de famille Sans charge de famille
1.614,10 €/mois 1.291,69 €/mois

Ce montant est payé par la Caisse d’assurances sociales.

 

Qui est concerné ?

Horeca et Commerce En cas de fermeture totale ou partielle : octroi du droit passerelle durant les mois de mars et avril 2020 (*)
Toute autre activité

En cas d'interruption totale d'au moins 7 jours : octroi du droit passerelle durant les mois de mars et avril 2020 (*).

Exemple:

  • les indépendants mis en quarantaine
  • les indépendants qui interrompent en raison de la baisse presque totale de l'activité (chaîne de production mise à l'arrêt pour manque de composants, de matière première ou de main d'oeuvre).

(*) La période d’application des mesures pourrait être prolongée si l’épidémie se prolongeait au-delà d’avril 2020.

Introduction de la demande 

La demande de droit passerelle pour interruption forcée doit être introduite auprès de la Caisse d’assurances sociales. Elle peut être introduite par mail à l'adresse cas@ucm.be

 

Vous trouverez toutes les informations ainsi que la marche à suivre sur le site de l'UCM en cliquant ici.

 

Au niveau régional

Aucune aide ne sera accordée puisque les librairies/presse ont été autorisées à ouvrir par le gouvernement fédéral.

 

4. Mesures de soutien supplémentaires

Les entreprises qui rencontrent des difficultés financières suite à la propagation du coronavirus (COVID-19) ont déjà pu demander des mesures de soutien auprès du SPF Finances.

Afin de créer une marge de manœuvre financière pour ces entreprises et entrepreneurs, le gouvernement fédéral a maintenant pris des mesures supplémentaires pour atténuer autant que possible l'impact financier du virus.

a) Report du délai d’introduction des déclarations ISoc, IPM et INR-soc avec date limite du 16 mars au 30 avril 2020 inclus

Les contribuables ont un délai supplémentaire jusqu’au jeudi 30 avril 2020 minuit pour rentrer les déclarations à l’impôt des sociétés, à l’impôt des personnes morales et à l’impôt des non-résidents - sociétés.

Ce délai supplémentaire vaut uniquement pour les déclarations avec une date limite d'introduction du 16 mars au 30 avril 2020 inclus.

Report du délai d’introduction des déclarations TVA 

Déclarations périodiques :

  • Déclaration relative à février 2020, délai reporté au 6 avril 2020
  • Déclaration relative à mars 2020, délai reporté au 7 mai 2020
  • Déclaration relative au 1er trimestre 2020, délai reporté au 7 mai 2020

Les starters ou les assujettis titulaires d’une autorisation pour la restitution mensuelle qui souhaitent bénéficier du remboursement mensuel de leur crédit TVA obtiennent également un report jusqu'au 24 du mois suivant la période de déclaration.

 

Relevés intracommunautaires :

  • Relevé relatif à février 2020, délai reporté au 6 avril 2020
  • Relevé relatif à mars 2020, délai reporté au 7 mai 2020
  • Relevé relatif au 1er trimestre 2020, délai reporté au 7 mai 2020

 

Liste annuelle des clients assujettis

  • Délai reporté au 30 avril 2020.
  • Si l'assujetti a cessé son activité : au plus tard à la fin du 4e mois après l'arrêt des activités soumises à la TVA.

b) Paiement de la TVA et du précompte professionnel

Les contribuables et les assujettis obtiennent un report automatique de deux mois pour le paiement de la TVA et du précompte professionnel sans devoir payer d’amendes ou d’intérêts de retard. 

Ce report concerne : 

TVA  :

  • Paiement relatif à la déclaration mensuelle - févier 2020, délai reporté au 20 mai 2020
  • Paiement relatif à la déclaration mensuelle - mars 2020, délai reporté au 20 juin 2020
  • Paiement relatif à la déclaration trimestrielle, délai reporté au 20 juin 2020

Précompte professionnel :

  • Paiement relatif à la déclaration mensuelle - févier 2020, délai reporté au 13 mai 2020
  • Paiement relatif à la déclaration mensuelle - mars 2020, délai reporté au 15 juin 2020
  • Paiement relatif à la déclaration trimestrielle, délai reporté au 15 juin 2020

Outre ce report automatique de paiement, il est possible également de demander l’application des mesures précédemment annoncées pour le paiement des dettes relatives à la TVA et au précompte professionnel. Via cette demande, des délais de paiement supplémentaires, une exemption d'intérêts de retard et/ou une remise d'amende pour retard de paiement peuvent être accordés.

c) Paiement de l'impôt des personnes physiques et de l’impôt des sociétés

Un délai supplémentaire de deux mois sera automatiquement accordé, en plus du délai normal, pour le paiement de l'impôt sur le revenu des personnes physiques, de l’impôt des sociétés, de l'impôt des personnes morales, de l'impôt des non-résidents.

Cette mesure s'applique au décompte des impôts, exercice d'imposition 2019, établis à partir du 12 mars 2020.

Le paiement des dettes relatives à l'impôt sur le revenu des personnes physiques ou des sociétés, y compris celles établies avant le 12 mars 2020, est également soumis aux mesures d'aide annoncées et à des délais de paiement supplémentaires, à l'exemption d'intérêts de retard et/ou à la remise d'amendes pour retard de paiement, sur demande.

 

Attention :

    • Il n'y a pas de suspension des prêts bancaires, des loyers et frais fixes (eau, gaz, électricité) ;
    • Prévoyez aussi la domiciliation pour les partenaires (tabac) ;
    • Les indemnités perçues par les indépendants pourraient être considérées comme une rentrée dans la comptabilité et donc taxée comme telle.

L'avis de ProDiPresse

 12/03/2020

Ce jeudi 12 mars 2020, « le Quotidien belge francophone grand public et sportif qui affirme chaque jour sa recherche de l’exclusivité et de l’information enrichie » (tel qu’il est décrit par le groupe IPM lui-même sur son site), a publié un article abordant les contrôles menés par la Loterie nationale sur la vente de ses produits aux mineurs d’âge sous le titre « Vente de Lotto aux mineurs : 15% des libraires piégés » dans ses éditions papier ou « Vente de billets de loterie aux mineurs : c’est strictement interdit, mais 15% des libraires s’en moquent » sur son site internet. Problème : ces chiffres sont totalement faux…

Passons sur le titre de cet article, notamment le second qui remet directement en cause le professionnalisme de notre réseau (le terme « s’en moquent » faisant clairement allusion à un non-respect de la loi en toute connaissance de cause) et penchons-nous plutôt sur les chiffres avancés par le journaliste de La DH Les Sports+.

D’après les résultats officiels de la Loterie nationale, 554 librairies/presse ont été contrôlées en tout et pour tout sur l’année 2019. Sur celles-ci, seules 43 ont commis une infraction, ce qui représente 7,76% du total.

Nous sommes donc bien loin des « 15,8% de librairies/presse contrôles » en infraction comme annoncé dans l’article.

Car, sur l’ensemble des 1.601 points de vente de la Loterie nationale ayant reçu la visite d’un « mystery shopper » (faux client âgé de moins de 18 ans) en 2019, tous ne sont pas des librairies/presse. En effet, la vente de leurs produits n’est pas réservée exclusivement à notre réseau.

Si l’on compare avec les 554 annoncés plus haut, uniquement un tiers des points de vente contrôlés sont des librairies/presse.

Dès lors, un point de vente de la Loterie nationale n’étant pas forcément une librairie/presse, il est donc totalement faux et malhonnête d’écrire que « 15% des libraires se moquent » de l’interdiction de vendre des produits de la Loterie nationale à des mineurs d’âge.

Par ailleurs, lors de la publication de ses résultats, la Loterie a précisé que les libraires/presse étaient les meilleurs élèves lors de ces contrôles. À l’inverse, les stations essence et les points de vente « FOOD », enregistrent de moins bons résultats. Étant souvent plus « jeunes », ils manquent parfois d’expérience.

« Le point du jeu responsable est fréquemment abordé avec tous nos points de vente (formation, visites de Reps, modules elearning, emails, LONET…). » nous a confirmé à ce propos Arnaud Hermesse, Chief Retail Officer à la Loterie.

Face aux chiffres erronés annoncés dans l’article, Prodipresse, en tant qu’organisation professionnelle des libraires/presse francophones indépendants de Belgique, se désole de ne pas avoir été consultée avant sa publication, ce qui aurait pu aider le journaliste à éviter toutes ces erreurs.

Après tout, ce n’est pas comme si le Code de déontologie journalistique, dès son préambule, indiquait que « les journalistes s’imposent (...) des normes qui découlent de l'obligation de diffuser des informations vérifiées ».

À préférer le sensationnalisme à des informations exactes et vérifiées, il n’est malheureusement pas étonnant de voir les ventes de la presse papier quotidienne baisser. Mais ce n’est pas en s’attaquant au réseau de distribution de ces mêmes quotidiens que cela va s’arranger…

 

L'article publié en ligne est trouvable au lien suivant : https://www.dhnet.be/actu/societe/vente-de-billets-de-loterie-aux-mineurs-c-est-strictement-interdit-mais-15-des-libraires-s-en-moquent-5e691c65d8ad582f316525f3

L'avis de ProDiPresse

 13/01/2020

Dans le cadre d’un véritable plan santé que Prodipresse et Perstablo, les organisations professionnelles des libraires/presse indépendants de Belgique, ont présenté au Ministre des PME et au Ministre de la Santé en juin 2018, nous confirmons notre souhait et notre volonté de nous inscrire pleinement dans la prévention sur le tabagisme.

Pour rappel, le plan proposé par les organisations professionnelles faisait suite à l’arrivée du paquet neutre en Belgique. Il est axé sur plusieurs points repris partiellement dans les propositions de texte de loi présentées à la Commission Santé de la Chambre :

  1. Oui à la commercialisation des produits tabac uniquement « dans les débits de tabac et chez les marchands de journaux »repris sous la nouvelle définition libraire/presse.
    À l’heure actuelle, la Belgique compte 13.200 points de vente tabac contre 25.500 pour l’ensemble du territoire français.
  2. Oui à l’interdiction de la publicité pour le tabac traditionnel vers les consommateurs uniquement (B to C), tout en autorisant celle des produits tabac sous forme de nouvelles technologies ainsi que la communication indispensable entre professionnels (B to B).
  3. De cette façon, nous avons la possibilité d’aider nos clients à effectuer la transition vers ces nouvelles technologies qui seraient moins novices.

Oui à la mise en place de mesures d’accompagnement structurelles pour aider le réseau des libraires/presse à compenser la perte de certains revenus liés à l’affichage des produits tabac traditionnels.

Le tout, dans un délai raisonnable de deux ans, pour une mise en œuvre à partir du 1er janvier 2022.

Plus que tout, les libraires/presse souhaitent devenir le réseau référent pour aider nos clients à arrêter de fumer. Mais pour y arriver, cela passera obligatoirement par un vrai plan santé porté par le gouvernement et non pas juste par des mesures plus symboliques qu’efficaces.

 

Vous pouvez retrouver l’entièreté de la position de Prodipresse à ce sujet en cliquant ici.

 

Zoom libraire

 30/12/2019

« On a notre Marianne, on peut rivaliser avec les Français » glisse un habitué, suscitant les rires de ses quelques comparses réunis autour d’un café. Leur Marianne, c’est Marianne Morue, libraire/presse à Liège dans le quartier des Vennes. Le 14 septembre, elle a fêté la rénovation de son commerce avec une « réouverture » officielle pour ses clients. Une troisième transformation de sa librairie/presse qui accueille désormais un espace « salon de thé » où les clients peuvent prendre le temps de déguster un café tout en lisant la presse quotidienne.

 

Travaux et roue aux cadeaux

« Les travaux ont duré de fin février à fin juin. J’ai gardé la librairie/presse ouverte durant tout ce temps, car cela aurait été trop long de fermer sur une aussi grande période. Comme les ouvriers ont commencé par casser le mur du fond pour agrandir mon commerce, ils m’avaient installé une paroi en bois qui séparait la librairie/presse de la partie « travaux ». Avant, la deuxième partie de mon commerce était une cour extérieure. Il a donc fallu reculer le jardin, abattre deux murs porteurs et faire construire une pièce dans la continuité de mon magasin », m’explique Marianne alors que nous sommes attablés dans la nouvelle partie de son commerce.

« Par la suite, j’ai quand même dû fermer dix jours en juillet afin de refaire la première partie de mon magasin et de réaménager les rayons.

Au début, et bien que les travaux étaient terminés, j’ai remarqué que mes clients n’osaient pas trop franchir le pas et aller dans la nouvelle partie. C’est de là que m’est venue l’idée d’organiser une « réouverture officielle ».

Pour l’occasion, j’avais prévu un petit verre de bienvenue et Télépro m’a proposé de faire un événement pour marquer le coup. Le représentant est donc venu dans ma librairie/presse avec une roue aux cadeaux. J’ai eu pas mal de clients, mais pas de grosse augmentation non plus. Comme il faisait beau, j’imagine que les gens ont été se promener !

Toutes les tables et chaises que vous voyez ici, c’est uniquement du matériel de récupération et d’occasion, car les travaux représentaient déjà un sacré budget à eux seuls ! Les tables, je les ai récupérées sur internet, tout comme les chaises. Pour les premières, nous les avons repeintes et vernies en famille. J’ai pu mettre mes deux filles à contribution ! Concernant les chaises, je suis passée par un artisan pour refaire l’assise. Je voulais quelque chose de très coloré et de très gai… je crois que c’est assez réussi.

Quant à l’éclairage, j’ai moi-même tout refait en LED. D’ailleurs, il n’y a rien de plus simple et je tiens à mettre en garde mes collègues qui passeraient par des sociétés extérieures et à qui on risque de demander un prix trop élevé pour ce travail. »

 

Trois transformations en 28 ans

« À l’origine, mon mari et moi tenions une librairie/presse dans un local commercial que nous louions deux maisons plus loin. Quand nous avons acheté le bâtiment, en 1991, c’était une sorte de pari, un peu comme acheter « un chat dans un sac ».

Mon mari ne voulait pas de ce commerce à la base. De mon côté, j’étudiais le chant classique au conservatoire et je l’aidais dans la librairie/presse. Puis, mon aide s’est faite de plus en plus fréquente, sans oublier le fait que je suis tombée enceinte. J’ai donc dû arrêter le chant.

Bref, nous voilà propriétaires d’un bâtiment avec, au rez-de-chaussée, deux commerces : un tout étroit avec une entrée indépendante pour l’étage et une petite bijouterie avec plusieurs réserves.

Suite à notre achat, nous avons effectué une première transformation. Nous avons décidé de réunir les deux commerces pour faire une librairie/presse avec deux vitrines (ndlr : celles des deux anciens commerces).

Et puis il y a douze ans, mon mari est parti du jour au lendemain pour retourner vivre en France. J’ai alors effectué une seconde transformation : j’ai recréé une entrée pour la maison indépendante des deux vitrines. Ainsi, je me laissais une sortie de secours si j’avais dû remettre le commerce et garder la maison.

Vient alors la troisième et dernière transformation. La genèse du projet remonte à plusieurs années. Il y avait à l’époque un café dans le quartier, mais il était fermé le samedi. J’avais donc un petit coin avec deux tables pour servir du café aux gens, mais uniquement ce jour-là.

Finalement, les propriétaires du bar ont cherché à le remettre et il a été fermé durant quatre mois. J’ai décidé d’assurer l’intérim pour mes clients et d’autres personnes sont venues juste pour cela. Je me suis rendue compte qu’il y avait un créneau à prendre.

En 2013, je m’étais décidée sur le fait que je voulais agrandir mon commerce, mais j’ai dû attendre le bon moment. J’avais l’accord de la banque, mais il n’existait pas encore les fameuses facilités pour le premier emploi. L’idée était aussi de m’associer avec une connaissance, mais cela ne s’est pas fait et le projet a été reporté. Et puis un jour, le Gouvernement a annoncé qu’on ne devrait plus payer les charges patronales sur le premier emploi, donc c’était un véritable coup de boost pour mon projet.

Aujourd’hui, deux entrepreneurs et quelques années plus tard (le premier m’a quasiment baladée pendant un an en faisant des sondages dans les murs, etc. et il ne semblait pas avoir envie de commencer les travaux), il s’est enfin réalisé ! »

 

Journaux, pains et viennoiseries

« La boulangerie c’est de nouveau une histoire de quartier. Il n’y en avait plus dans les environs directs. La seule qui restait était située à l’autre bout du quartier, mais c’était un peu loin pour la clientèle plus âgée des environs. J’ai donc décidé d’ouvrir un dépôt de pain.

Au début c’était juste ça, un simple et petit dépôt de pain, puis cela a pris de l’ampleur donc j’ai décidé d’agrandir cette partie de mon commerce, notamment lors de la troisième transformation.

Pour cela, je devais trouver une boulangerie qui ne fermait pas en semaine, qui pouvait me livrer tous les jours et qui n’était pas située dans le quartier, car le but n’était pas de leur faire de la concurrence. Une boulangerie située près de la gare des Guillemins cherchait à reprendre un local commercial dans le coin pour s’étendre. Finalement, elle a laissé tomber l’affaire et à la place, nous avons noué une sorte de partenariat.

Mais je reste une libraire/presse avant tout ! J’ai même eu jusqu’à 2.000 titres de presse différents. C’était vraiment ma grande force, de pouvoir proposer des magazines que mes clients ne trouvaient pas ailleurs. J’en avais qui venaient juste pour cela, car un de leurs amis leur avait dit qu’on trouvait tout chez moi. Au fur et à mesure des années, j’ai dû réduire la quantité, en passant à 1.500 titres de presse d’abord et aujourd’hui je dois être à un peu plus de 1.000. J’ai réussi à réarranger toute la presse pour que cela reste attractif. J’ai notamment encore de nombreuses revues spécialisées de chez Tondeur.

À part cela, je ne propose pas spécialement de produits locaux. J’ai essayé à une époque de vendre un thé bio lancé par un jeune du coin, mais il a assez vite abandonné.

Par contre, je travaille avec La Bourrache. C’est une ASBL qui remet au travail des gens dans l’agriculture. Je sers de point de dépôt donc les gens commandent leurs paniers et viennent les chercher chez moi. Je le fais aussi pour le nettoyage à sec. C’est une façon d’offrir un service en plus à mes clients et bien souvent, ils prennent un petit quelque chose en plus en venant retirer leurs commandes.

Auparavant, j’ai travaillé de la même façon avec une cordonnerie, des tirages photos, etc. Mais j’ai abandonné, car ce n’était pas assez intéressant financièrement parlant.

De manière générale, mon mot d’ordre, c’est qu’il faut toujours chercher et ne jamais se contenter de la première chose que l’on trouve. »

 

Des projets, des projets et encore des projets

« Le futur ? J’ai encore quelques petits aménagements à terminer de-ci, de-là et des projets comme organiser des expositions temporaires ou faire venir des « repair cafés », ou une société d’achat d’or. J’ai plein d’idées pour occuper ce nouvel espace dont je dispose désormais. L’objectif est évidemment de ne pas reproduire une activité déjà présente dans le quartier, mais de proposer quelque chose en plus pour attirer des nouveaux clients.

J’ai également profité des travaux pour voir sur le moyen et long terme. Ainsi, tout est prévu pour que je puisse installer une cuisine dans la seconde partie avec une hotte, un lave-vaisselle, etc. Mon idée est d’engager quelqu’un à plein temps qui m’aiderait avant tout pour la librairie/presse, puis qui pourrait prendre en charge la partie cuisine…

Mais ne brûlons pas les étapes, je vais d’abord installer à fond ce concept-ci, puis voir ce que je peux mettre en place. »

Et alors qu’elle retourne au comptoir pour servir une cliente, un autre habitué se penche vers moi. « Vous savez, c’est une femme très courageuse. Quoi qu’il arrive, elle a toujours le sourire ! » me dit-il, avant de retourner chercher un café. Une preuve de plus que Marianne a d’ores et déjà réussi son pari.

Zoom libraire réalisé par Colin Charlier pour le Prodipresse Magazine n°90 (Octobre 2019)

L'avis de ProDiPresse

 09/12/2019

Lors de la 25e réunion de la Commission des Diffuseurs de Presse Indépendants (au sein du SPF Économie) dont fait partie Prodipresse, le rapport final d’une étude menée par l’Université Catholique de Louvain et la Katholiek Universiteit van Leuven intitulé « Analyse stratégique de la situation actuelle et de l’avenir des diffuseurs de presse indépendants » a été présenté.

Réalisée à la suite de la concertation des parties prenantes, cette étude avait pour objectif de fournir une vision indépendante (pas celle des éditeurs, des distributeurs ou des diffuseurs uniquement) du métier de libraire/presse afin de se projeter dans l’avenir tout en faisant un constat du passé. Elle représente une part importante du budget du SPF Économie de par son ampleur et ses nombreux interlocuteurs à consulter.

Ce rapport se conclut donc en évoquant trois pistes pour le futur. La première consiste en l’accélération des menaces et donc la disparition rapide de notre réseau, la seconde est un scénario de statu quo qui verrait notre réseau continuer à s’étioler et la troisième propose un scénario d’accompagnement avec sept mesures préconisées. Prodipresse s’est prononcée en faveur pour la troisième solution qu’elle estime être la meilleure pour l’avenir des diffuseurs de presse.

Dans ce troisième scénario, le dispositif d’accompagnement du secteur comprend potentiellement les mesures suivantes :

  • Établir un cahier de charges pour une labellisation officielle des diffuseurs de presse indépendants, renforçant la protection de certains acquis (horaires d’ouverture élargis) et certaines missions (contrôle des clients, promotion de la presse) ;
  • Dans la foulée de cette labellisation, étudier une progressive exclusivité (avec dérogations) sur les ventes de tabac ;
  • Participer au développement d’un réseau de diffuseurs capables de jouer un rôle accru dans l’e-commerce, notamment en servant de plateforme de réception et de transmission d’un plus grand nombre de catégories de colis et marchandises ;
  • Développer une offre de formations complémentaires destinées à accompagner les diffuseurs indépendants dans le développement de nouvelles sources de revenus ;
  • Stimuler le développement des activités de point poste en concertation avec les parties prenantes ;
  • Prévoir un monitoring du secteur, plus particulièrement la transition des activités liées aux piliers historiques, capable de prévoir de manière détaillée le phasage de ces transitions et leurs menaces/opportunités.
  • Soutenir financièrement certaines activités par le biais d’une autre distribution du subside public octroyé pour la distribution de journaux et périodiques à bpost. Parmi les pistes possibles, figurent:
      • La prise en charge des frais de port mensuels ;
      • Une compensation financière pour le portage des abonnements ;
      • Le développement d’une plateforme de distribution élargie pour soutenir l’e-commerce (cfr plus haut).

Selon l’étude, cet accompagnement n’évitera pas les fermetures, mais elles se produiront à un rythme moins élevé que dans les autres scénarios. Ce scénario d’accompagnement doit, à plus long terme, permettre de laisser le temps au secteur de définir un nouvel équilibre commercial entre ses piliers historiques et d’autres activités, le tout en se dotant d’une structure (label associé à une charte, par exemple) réaffirmant la valeur ajoutée des diffuseurs de presse indépendants aux yeux du public. Ce scénario d’accompagnement doit in fine servir à penser l’avenir du secteur, et sa valeur ajoutée, au-delà de la disparition potentielle de certaines activités.

Cette troisième piste proposée reprend également un grand nombre de mesures proposées par Prodipresse dans son mémorandum politique.

L’avenir du réseau des libraires/presse, notre avenir, doit notamment passer par une définition claire de notre secteur (et ainsi des avantages liés) et une réduction du nombre de points de vente tabac .

L’entièreté du rapport et ses conclusions sont consultables au format PDF en cliquant ici.