Prodipresse vous informe

 16/07/2021

En cas d'inondation et/ou de sinistre de votre librairie-presse, vous trouverez ci-dessous la liste des différentes procédures à suivre auprès des partenaires du réseau.

Le premier réflexe est de contacter votre compagnie d’assurances et d'accumuler les preuves des dégâts (photos, factures…). Ces preuves pourront vous servir pour obtenir d’autres aides !

 

Dernières mises à jour :

Containers pour les indépendants et entreprises

Un marché a été lancé afin de permettre aux communes sinistrées de disposer de containers adaptés pour pouvoir rapidement relocaliser indépendants et commerçants sinistrés. Le besoin maximal est évalué à environ 750 containers pour une période de 3 mois. Un budget de 3,6 millions € a été mobilisé. Une évaluation aura lieu fin août afin d’analyser la pertinence du renfort ou de l’adaptation du dispositif.

Pour en savoir plus et en bénéficier, nous vous invitons à vous renseigner auprès de votre commune.

 

Fonds wallon des calamités

Le fonds wallon des calamité peut intervenir pour indemniser les particuliers et entreprises de dégâts à des biens normalement non-assurables. Les compagnies d’assurance indemnisent en effet la plupart des sinistres “ordinaires” (via l’assurance-incendie, l’omnium pour les véhicules de moins de 5 ans,…).

Ce sont les autorités communales qui introduisent une demande de reconnaissance de calamité auprès des instances régionales.

Une fois la calamité reconnue (via publication au Moniteur belge), le propriétaire du bien endommagé a jusqu’à 3 mois pour adresser sa demande d’aide à la réparation au Service Régional des Calamités. Les formulaires sont disponibles auprès de votre administration communale ou en ligne.

Seuls les biens suivants pourront être indemnisés, que la personne ait ou non souscrit une police d’assurance :

  • les biens qui ne sont pas des risques simples (les biens immeubles extérieurs tels qu’un mur de soutènement, un abri de jardin fixé sur une chape en béton, une terrasse carrelée, etc. et certains biens meubles extérieurs tels que les meubles de jardin, une tondeuse, des outils de jardinage, etc.) ;
  • Les véhicules automoteurs d’usage courant et familial d’au moins 5 ans pour autant qu’ils ne soient pas couverts par une mini omnium ou une omnium ;
  • les récoltes non engrangées ;
  • les cheptels vifs hors bâtiment ;
  • les sols ;
  • les cultures ;
  • les peuplements forestiers.

 

Le fonds wallon des calamités n’intervient pas lorsque les biens endommagés appartiennent à des personnes morales ET qu’ils pouvaient être couverts par un contrat d’assurance. Il peut intervenir pour indemniser les particuliers et entreprises victimes de dégâts à des biens normalement non assurables.

Il y a toutefois des exceptions. Cette limitation ne vaut pas pour les personnes qui n’ont pas été en mesure d’assurer leurs biens en raison de leur état de fortune ET qui ont droit au revenu d’intégration sociale ou à une aide équivalente. Elles devront fournir une attestation du CPAS et pourront alors obtenir une aide à la réparation pour le contenu ou le bâtiment.

Retrouvez ici toutes les modalités de cette aide : 

 

Solidarité élargie

La plateforme www.aide-inondations.be permet de connecter les personnes en recherche d’aide avec des personnes proposant leurs services. Cette plateforme est gratuite et recense des besoins et services sur l’ensemble de la Belgique.

 

Pollution aux hydrocarbures

Lors des inondations, des citernes à mazout ont perdu leur contenu et des hydrocarbures se sont parfois répandus dans des espaces publics et des propriétés privées sans qu’il ne soit plus possible de déterminer l’origine des pollutions. Grâce à un soutien régional de 2 millions €, tout citoyen particulier, entreprise ou pouvoir public lésé pourra adresser une demande de prise en charge de cette pollution à sa commune. Il s’agit bien ici des pollutions qui ne sont pas couvertes par les assurances car l’auteur de la pollution ne peut pas être identifié.

 

Mesures de la Société Wallonne des Eaux

La SWDE offre son soutien aux personnes victimes des récentes inondations catastrophiques, en concertation avec les autres fournisseurs de service. La SWDE interviendra à plusieurs niveaux :

  1. Eau gratuite pour le nettoyage et pas de mauvaise surprise en cas d’installation défectueuse : 

Des volumes d’eau importants ont été utilisés pour nettoyer et déblayer les maisons sinistrées. La SWDE fera en sorte qu’ils soient gratuits.

De plus, les inondations ont pu provoquer des incidents sur les installations intérieures privées (boilers, etc.) avec des surconsommations d’eau à la clé. La SWDE ne facturera pas ces volumes excédentaires à ses clients victimes des inondations en ce mois de juillet.

Les sinistrés ne doivent donc entreprendre aucune démarche spécifique pour bénéficier de cette mesure en leur faveur. Seul le relevé d’index annuel devra être transmis à la SWDE, comme c’est déjà le cas.

  1. Remise en service gratuite de la distribution d’eau :

Des raccordements ne sont plus en service ou doivent être mis hors service dans le cadre de la démolition ou de la rénovation des maisons endommagées par les inondations.

Leur remplacement, qui représente en moyenne un coût de 1.500 €, ne sera pas facturé aux clients sinistrés.

  1. Pas de frais de rappel :

La SWDE suspend temporairement les frais de recouvrement (rappel et mise en demeure) pour les factures adressées à ses clients touchés par les inondations. Via le compte client en ligne (www.swde.be) ou sur simple appel, la plus grande flexibilité est offerte pour les délais de paiement.

  1. Mobilisation du Fonds social de l’eau :

La SWDE invite ses clients en difficulté à solliciter le CPAS de leur commune pour pouvoir bénéficier du Fonds social de l’eau pour afin de prendre en charge tant leur facture d’eau que les améliorations techniques sur les installations privées (boilers, etc.).

Pour mémoire, le Fonds social de l’eau, alimenté par les distributeurs, intervient dans le paiement de la facture du consommateur en difficulté́ de paiement, même s’il n’est pas allocataire social.

 

Prêt ricochet relance

Ce prêt permet de constituer, renforcer ou reconstituer du fonds de roulement (en ce compris l’achat de stock) pour votre entreprise.

Pour les indépendants et petites entreprises situés en RW, d’un montant de maximum 100.000€

Pour plus d’informations : https://www.sowalfin.be/financement/pret-ricochet/

 


 

Loterie Nationale

La démarche à suivre pour régler tous les aspects liés à l’exploitation du point de vente (hardware, matériaux publicitaires, billets à gratter) est la suivante : les points de vente impactés sont invités à contacter le Customer Service Desk (0800/94901 (FR)), lequel sera renforcé en effectifs lors des prochains jours, pour signaler l’impact de l’inondation dans leur point de vente.

 

Le Customer Service Desk :

  • Contactera le partenaire externe de la Loterie Nationale pour l’informer de la nécessité d’une intervention et celui-ci contactera à nouveau le point de vente pour planifier l’intervention. Il conviendra d’attendre le moment où les points de ventes seront à nouveau accessibles et où ils auront eu le temps de prendre les premières mesures nécessaires ;
  • Informera les points de ventes qu’en cas de terminal défectueux suite à l’inondation, qu’il convient d’envoyer un mail à veerle.buyens@nationale-loterij.be reprenant les informations suivantes : la date et l’heure du sinistre, le nom du point de vente et le numéro de client ID, ainsi quelques photos qui montrent les dégâts. La Loterie Nationale s’occupera du suivi avec la compagnie d’assurance ;
  • Informera également le Hub auquel le point de vente appartient géographiquement. Un collaborateur du Hub contactera alors le point de vente pour s’informer de l’état des billets à gratter et du matériel BTL structurel. Le Hub s’organisera ensuite pour envoyer quelqu’un sur place dès que possible pour prendre en retour les billets à gratter endommagés et pour (faire) remplacer le matériel BTL défectueux. La Loterie Nationale mettra tout en œuvre pour qu’une nouvelle livraison de billets à gratter soit effectuée (procédure rush si nécessaire). Toutes les livraisons qui sont déjà impactées par l’inaccessibilité des points de vente touchés seront listées et tout sera mis en œuvre pour faire la livraison dès que possible.

 

Tondeur Diffusion

Tondeur peut aider à l’évaluation de la marchandise détruite en vue de solliciter l’assurance de votre point de vente. Sur demande, ils vous communiqueront une liste d’inventaire théorique (c’est-à-dire hors ventes).

Attention : pour que cette liste corresponde à la situation actuelle, il faut que votre demande leur parvienne avant la mise en vente de la semaine prochaine !

Si vous souhaitez suspendre les livraisons, en gardant ou non votre marchandise, il faut également en avertir Tondeur le plus rapidement possible.

 

AMP

Votre sinistre peut être déclaré via Distriweb. Les invendus seront crédités sur base des BIC.

En vue de l’intervention de votre assurance, AMP peut transmettre une liste des titres non retournés suite aux transferts.

Attention : ne pas déclarer à l’assurance et ensuite renvoyer sans quoi l’assurance peut se retourner contre vous.

AMP est disponible pour vos questions et demandes au cas par cas

 

Circus

Contacts :

Toufan par mail à toufan@circus.be ou Youness Nachet par mail à youness.nachet@circus.be

 

Bingoal

Contact :  Jean-Pierre par mail à jean-pierre@bingoal.be

 

Ladbrokes

Contact : Sven Van Hulst par mail à sven.vanhulst@entaingroup.com 

 

Bpost

Pour les Points Poste et les Points colis, des équipes Bpost se rendront sur place pour aider au traitement des paquets.

 

Assurances

FEBRAPEL (la Fédération des Courtiers en assurance) insiste sur l’importance d’effectuer rapidement les démarches pour activer les couvertures assurantielles nécessaires :

  • assurance incendie (indemnise les dommages causés par les inondations)
  • couverture d’assistance
  • assurance chômage commercial
  • assurance perte d’exploitation
  • assurance omnium pour les véhicules inondés…
  1. Vérifiez que vous êtes bien couvert par une assurance incendie-dégâts des eaux (contrat en cours + paiement de votre prime) ;
  2. Prenez des mesures de conservation pour limiter le préjudice. Les frais qui en découlent seront remboursés par votre compagnie s’ils sont raisonnables et justifiés ;
  3. Déclarez votre sinistre rapidement auprès de votre Compagnie d’assurance ou via votre courtier ;
  4. Préparez un dossier complet permettant de justifier vos pertes (listes, factures, photos, devis de réparation..) ;
  5. Programmez une visite de l’expert mandaté par votre compagnie pour lui remettre le dossier justificatif et négociez avec lui le dédommagement. Soyez attentif à ne rien omettre ou laissez le sinistre « ouvert ».

La loi prévoit une indemnisation dans les 30 jours de la signature du PV avec l’expert. Vous pouvez mandater un contre-expert en cas de désaccord sur le montant.

Si vous êtes locataire, notifiez sans tarder le sinistre à votre propriétaire. C’est son assurance qui
remboursera les dégâts à l’habitation (sols, murs, installations de chauffage et d’électricité…). Les
dommages au contenu sont couverts par votre propre police incendie, si vous avez fait assurer le
contenu en même temps que votre responsabilité locative.

 

Caisse d'assurances sociales

  • Vous pouvez introduire une demande de report ou de dispense de cotisations sociales, à
    commencer par la cotisation ici du 3e trimestre 2021. Elle peut être obtenue auprès de votre caisse
    d’assurances sociales, en remplissant dans les prochaines semaines le formulaire ad hoc.
  • Vous pouvez également recevoir une indemnité de droit passerelle pour force majeure. Cette aide a eu toute son utilité durant la crise Covid et a pour but de couvrir la perte de revenu du ménage. Elle est activable en cas d’arrêt de 7 jours des suites d’une catastrophe naturelle, telle une inondation ou de la destruction (ici par l’eau) de l’outil de travail de l’indépendant. C’est aussi auprès de la caisse d’assurances sociales que la demande doit être effectuée (au plus tôt, mais sans problème encore d’ici la fin de l’année). Le montant de l’indemnité est de 322,92 € (403,53 € en cas de charge de famille) par semaine d’interruption complète.

Durée

Avec charge de famille

Sans charge de famille

Entre 7 et 13 jours

403,53 €

322,92 €

Entre 14 et 20 jours

807,05 €

645,84 €

Entre 21 et 27 jours

1.210,58 €

968,77 €

28 jours ou plus

1.614,10 €

1.291,69 €

  • Pour couvrir les travailleurs pour la période d’arrêt de tout ou partie de l’activité de l’entreprise, il y a lieu de se tourner vers le chômage temporaire. Si l’exercice des activités de votre entreprise est impossible en conséquence des conditions climatiques défavorables, vous pouvez demander l’intervention de l’Onem pour vos ouvriers dans le cadre du chômage temporaire intempéries et pour vos employés dans le cadre du chômage temporaire pour force majeure. Plus d’informations via ce lien :

https://www.onem.be/fr/nouveau/chomage-temporaire-attribuable-aux-conditions-meteorologiques-exceptionnellement-mauvaises-inondations

 

Prêt 0% inondations

La Sowalfin lance un prêt d’urgence pour soutenir les entreprises en croissance sinistrées. Il s’agit d’une
avance à titre de préfinancement. Montant max. 50.000€ (max. 75% du montant réclamé par
l’entreprise/ l’indépendant auprès de la compagnie d’assurance ou du Fonds des Calamités), pas de
min.

Pour qui ?

Ce produit s’adresse aux indépendants et PME dont l’activité est impactée par les inondations
exceptionnelles des 14 et 15 juillet 2021 et qui remplissent les conditions suivantes :

  • pour les entreprises de plus de 3 ans : pas en situation de difficulté financière au 31/12/19
    (avant la crise)* ;
  • ne pas être en état de faillite, de cessation d’activités ou de liquidation ;
  • le siège d’exploitation de l’entreprise, impacté directement par les inondations, est situé en
    Région wallonne.

    *Une entreprise est considérée comme en difficultés financières si elle a plus de 3 ans ET que ses fonds
    propres au 31/12/19 sont réduits à moins de la moitié de son capital social souscrit ET qu’elle présente
    une perte de min. ¼ du capital souscrit en 2019.

Durée du prêt

Durée indéterminée (jusqu’à indemnisation par la compagnie d’assurance/le Fonds des Calamités)

Pour plus d’informations : https://www.sowalfin.be/financement/pret-urgence-inondations/

 

Questions administratives et soutien psychologique

Le numéro 1771 a été activé afin de pouvoir répondre à tout un panel de demandes d’accompagnement d’ordre administratif ou psychologique.

 

Zoom libraire

 30/06/2021

Le 1er avril 2021 n’était pas un jour comme les autres pour Benoît Delbrouck puisqu’il fêtait un anniversaire peu banal : celui de ses 30 ans de métier ! Trois décennies durant lesquelles sa librairie-presse aura vu passer les bulletins en papier carbone du Lotto, plusieurs générations de délégués, la fonte de certaines marges ou encore de nombreuses modes éphémères. Fier du chemin parcouru, Benoît compte passer la main à Thibault, son fils, mais pas tout de suite…

 

Joyeux anniversaire !

« Malgré la situation sanitaire actuelle, nous voulions marquer le coup ! Ce n’est pas tous les jours que vous fêtez vos trente ans de carrière. Pour les vingt-cinq ans du commerce, nous avions déjà organisé un petit toast avec les clients et les commerçants du coin. Cette fois, nous avons forcément dû nous limiter tant au niveau des gens présents, uniquement des clients, qu’au niveau des choses prévues.

Devant la librairie-presse, nous avions installé deux tonnelles au cas où le mauvais temps aurait été de la partie, mais heureusement la météo a été clémente avec nous et il faisait beau. Le point de vente était également décoré avec des guirlandes, des ballons, etc.

Plusieurs partenaires avaient répondu présents. C’était le cas de Sudpresse avec le quotidien La Meuse. Nous proposions aux gens de souscrire à un abonnement libraire et de recevoir une télévision comme cadeau de bienvenue. Le journal du jour était bien évidemment offert.

La Loterie Nationale nous avait quant à elle fourni des petits goodies et nous avions mis en place une action sur le Lottery Club avec eux. En plus de cela, nous offrions aux clients un petit brûle-parfum.

De son côté, mon fils m’avait fait une surprise en me faisant cadeau d’une vareuse floquée du nom de la librairie-presse avec le chiffre trente (une du Standard pour lui et d’Anderlecht pour moi) et s’était arrangé avec un des opérateurs de paris sportifs avec qui nous travaillons pour nous faire une belle enseigne.

À cause des règles en vigueur, nous devions avoir une autorisation de la commune ainsi que leur fournir un plan d’entrée et de sortie. Cela a ajouté quelques points d’attention supplémentaire, mais cela n’a pas gâché cette journée pas comme les autres ! »

 

Origines et agrandissement

« À la base, je travaillais comme gérant de la brasserie Le Vieux Haneffe. En 1991, la propriétaire de l’établissement m’a annoncé qu’elle souhaitait le vendre, mais je n’avais pas les moyens pour l’acheter. C’est alors qu’un de mes cousins qui vivait dans le village m’a informé qu’une librairie-presse était à reprendre. Je n’ai pas dû réfléchir trop longtemps avant de me décider et de débarquer dans le métier, c’était le 1er avril 1991.

Au début, le commerce faisait 70 m² et son emplacement était un peu particulier, car il faisait partie d’une galerie d’autres magasins. Au fur et à mesure, nous avons connu plusieurs aménagements du complexe et ma librairie-presse a pu grandir pour atteindre désormais plus ou moins 160m². Je bénéficie également d’une réserve de 50m² pour entreposer les stocks et les colis.

Un autre grand changement fut le déplacement de l’entrée principale de la galerie. Sur papier, cela n’a l’air de rien mais, dans les faits, le flux de clients ne vient plus de la même façon. Heureusement, j’ai eu l’autorisation de créer une autre entrée face à la rue.

Parmi les autres commerces, certains ne sont plus là actuellement, car ils ont dû fermer et ont été repris par d’autres enseignes. Parfois, cela impacte directement ma librairie-presse, comme avec l’ouverture d’un supermarché juste à côté qui, il est vrai, amène une nouvelle clientèle, mais a aussi fait diminuer mes ventes de boissons et de confiseries, car son prix est plus attractif que le mien.

Dans les environs, nous avions d’ailleurs un bureau de pointage et les gens passaient ici tous les jours pour acheter un journal ou un paquet de cigarettes. Cela a ensuite été espacé à une fois par semaine, puis une fois par mois et maintenant ils ne viennent plus du tout. Vous pouvez avoir le meilleur magasin, vous êtes toujours soumis à des facteurs extérieurs totalement indépendants.

Cependant, je ne pense pas que nous connaitrons le même sort que ces malheureux voisins. Je me rappelle quand il y a eu un gros chantier pour placer les égouts dans la rue. Cela a duré trois mois et plus aucune voiture ne savait passer jusqu’à la librairie-presse. Eh bien les clients venaient avec des bottes ! Les plus fidèles ne nous ont pas lâchés et je me suis dit que si je survivais à ça, il faudrait un tremblement de terre pour nous mettre au sol. »

 

Un client venait jouer au Lotto chez moi et me disait toujours qu’un jour il gagnerait dans ma librairie-presse. Il a fini par avoir raison puisqu’il a remporté 30.000 euros au Joker. Et il a tenu parole en nous offrant 500 euros chacun à mon employé de l’époque et moi !

 

Travailler accompagné

« Bien évidemment, la vie de libraire-presse n’est pas simple. Pour moi, un libraire-presse seul ne tient pas plus de cinq ans à un rythme de plus de douze heures par jour, six jours sur sept chaque semaine.

Dès le départ, mon père m’a aidé dans le point de vente et une employée venait tous les après-midis. Quand cette dame est arrivée à l’âge de la pension, nous avons engagé des étudiants. Je n’ai jamais travaillé entièrement seul. Physiquement et moralement, c’est très dur. Il faut pouvoir décompresser, aller faire ses courses, partir en vacances. J’ai eu la chance d’avoir deux bons étudiants qui sont arrivés à seize ans et restés au moins cinq ans les samedis, le mercredi après-midi, les vacances, etc. On pouvait leur faire confiance.

Encore aujourd’hui si j’ai besoin d’un dépannage urgent et qu’ils sont libres, ils sont disposés à me donner un coup de main. J’ai aussi eu des stagiaires en vente de l’IFAPME, mais je suis plus mitigé par rapport à cette expérience. Dans notre métier, la motivation fait beaucoup et elle n’est pas toujours évidente à avoir pour ceux qui ne savent pas trop dans quoi ils s’engagent. »

 

Évolutions et tendances

« En trente ans, le métier a connu son lot de petites et de grandes révolutions. Par exemple, j’ai connu le Lotto avec des bulletins en papier carbone. Vous deviez remplir la grille à la main et malheur à vous si vous vous trompiez, car il fallait alors tout recommencer de zéro. Finalement, ce système a été un remplacé par l’arrivée des machines du Lotto, c’était une grande évolution.

D’un point de vue moins positif, j’ai en effet constaté une baisse de la vente des journaux, notamment à cause d’internet. De plus en plus de gens, jeunes comme adultes, regardent directement les informations sur leur smartphone.

Sans oublier la diminution de certaines marges, comme sur les produits du tabac ou la fameuse histoire des frais de Bancontact. Quand quelqu’un venait vous acheter un timbre à la pièce et voulait payer avec sa carte bancaire, vous perdez de l’argent. C’est tout de même invraisemblable !

Aujourd’hui, les gens veulent tout, tout de suite. Si leur enfant doit lire un livre pour l’école, ses parents débarquent bien souvent trois jours avant la date butoir pour demander si vous l’avez, car ils ne l’ont pas trouvé sur Amazon. C’est dommage de se dire que leur premier réflexe est d’aller voir en ligne alors que s’ils s’y étaient pris à temps, j’aurais pu leur obtenir sans soucis.

Nous avons aussi connu des modes éphémères du style de celle des hand spinners. C’était une véritable folie, les gens étaient prêts à faire des kilomètres pour en trouver et il y en avait chez le boulanger, le marchand de légumes, etc. Dans le coin, une dame en avait même commandé sur internet et en vendait à la sortie de l’école deux fois moins cher que dans les commerces.

Sinon, nous avons vu passer pas mal de délégués. Nous entretenons d’ailleurs de très bons rapports avec eux, quel que soit le fournisseur. C’est cocasse de se dire qu’on en voit défiler un certain nombre en trente ans. Soit parce que la société disparaît, soit ils prennent leur pension ou évoluent au sein de l’entreprise.

Ces changements évolutifs concernent aussi notre réseau puisque nous étions plusieurs librairies-presse dans le coin, mais ma collègue avait arrêté donc sa clientèle était venue ici en grande partie. Depuis lors, une autre personne a ouvert un point de vente de l’autre côté du village et ceux qui vivaient près de chez elle sont repartis là-bas. »

 

Dans l’histoire de ma librairie-presse, le gros problème que j’ai rencontré reste les vols de nuits. Sur les trente ans, j’en ai connu une dizaine et j’ai même été braqué avec une arme. La fois la plus récente, je suis arrivé pour l’ouverture de mon point de vente et les voleurs démarraient en voiture. Dans ces cas-là, vous ne savez pas comment réagir. Cela fait malheureusement partie de l’expérience, mais psychologiquement ce n’est pas évident.

 

La presse, cœur du métier

« Les grandes transformations qui m’ont permis d’agrandir mon commerce constituent un moment important pour ma librairie-presse, car j’en ai profité pour ajouter quatre mètres de linéaires presse afin de compléter le contour d’une partie du magasin.

Je pense que nous devons avoir presque cent-vingt mètres de linéaires développés, ce qui représente une énorme quantité de titres différents. Et qui dit beaucoup de magazines dit évidemment grosse gestion des quantités. Oui, nous proposons énormément de titres différents, mais nous n’avons pas trente exemplaires de chaque.

Il faut arriver à un certain équilibre et à gérer à la perfection ses demandes de retour pour ne pas avoir des numéros qui vont rester trois mois en magasin si on sait pertinemment bien qu’on ne va en vendre qu’un ou deux. Cette offre presse fait clairement notre force, car les gens viennent d’ici et de plus loin parce qu’ils savent qu’ils vont trouver ce qu’ils cherchent. Rien que sur l’entité de Saint Georges, nous devons être sept.

La libéralisation de l’autorisation du commerce de presse un peu partout a généré une augmentation des points presse et donc a diminué la quantité de vente. C’est un peu comme le Lotto maintenant, ils posent des machines où ils peuvent. Et après quand tu fais tes courses au supermarché, tu vois des clients acheter un Ciné Télé Revue et tu ressens un petit pincement au cœur. »

 

Se diversifier au fil des années

« En plus des produits qui sont des piliers des librairies-presse, nous avons proposé des jouets et de la papeterie assez vite. Forcément, comme une enseigne Club est arrivée dans le zoning non loin, suivie d’un Action, cela impacte nos ventes. On sent que pour la rentrée scolaire, les gens font le gros de leurs achats en grandes surfaces dès le mois de juin. Mais à cette période-là, nous sommes plutôt en train de préparer le 15 août que la rentrée. Nous vendons davantage pour les examens de juin quand les parents refont le plumier pour avoir tout le matériel.

Les paris sportifs font aussi partie de notre offre. Nous avions commencé avec Stanleybet puis Scooore. En 2010, la Coupe du Monde avait bien fonctionné et les paris sportifs avaient pris une grande ampleur. Assez paradoxalement, c’était l’époque où tu devais entrer les matchs et les paris sportifs toi-même avant de les imprimer, donc cela prenait un certain temps.

J’ai essayé de développer le livre avec les BD, les livres de poche et les best-sellers. Nous avons pu créer un espace dédié pour les mettre en valeur. Malheureusement, l’affaire Caravelle m’a fait mal et nous avons perdu plusieurs milliers d’euros d’invendus chez eux, mais nous continuons de travailler ce produit.

Parmi nos autres services, nous proposons des colis, des articles cadeaux, des bougies, bijoux, parfums, accessoires, livres, cartes de vœux, des photocopies et nous servons aussi de dépôt pour du nettoyage à sec et de la cordonnerie.

Cependant, nous avons conscience que le temps se fait de plus en plus rare et que le nombre de produits différents ne fait qu’augmenter. Chaque fois qu’un représentant vient vous présenter une opportunité, il faut bien peser le pour et le contre car vous allez devoir investir sans trop savoir si cela va fonctionner. »

 

Pendant le confinement, nous avons songé à mettre sur place un système à emporter si nous ne pouvions pas ouvrir. Nous avions même commencé des démarches auprès du bourgmestre pour au moins permettre aux gens qui en avaient besoin de venir recharger leur compteur à budget le fameux samedi où nous avons tous dû fermer.

 

Générer du passage avec le colis

« Les colis restent un grand sujet de discussion. Pour mon point de vente, je dirai que nous recevons plus de deux cents colis par jour. Croquettes pour animaux, télévision ou bidons d’huile, il y a vraiment de tout, et le succès de Vinted pour les vêtements de seconde main a clairement joué un rôle dans cette augmentation des paquets.

Le vrai atout des colis, c’est qu’ils génèrent du passage et attirent des clients du coin mais aussi de plus loin. Ils contribuent à la visibilité de ton point de vente et cela te fait de la publicité. Malgré tout, cela demande aussi pas mal de travail. Tu dois les réceptionner, les scanner, les entreposer, etc.

Avant, le lundi après-midi était plus calme et tu pouvais passer tes commandes, mais désormais tu as les gens qui viennent déposer leurs colis, les chercher ou te demander si tel paquet est assez grand.
Mais rien que pour le passage qu’ils t’amènent, cela reste un produit intéressant à travailler. Sans oublier qu’ils peuvent déboucher sur des ventes supplémentaires. »

 

Héritage et passation de pouvoir

« Physiquement, je commence à accuser le coup. Quand tu regardes en arrière, tu te dis que trente ans ce n’est tout de même pas rien. Mais bon tant que la santé me le permet, je serai là.

Et puis, pour le futur, Thibault, mon fils, est motivé à l’idée de reprendre la librairie-presse. Cela fait deux ans qu’il travaille avec moi et que je lui apprends les ficelles du métier.

Ce n’est pas facile de laisser la main, donc le flambeau est transmis petit à petit. Je pense que même quand je serai retraité, je ne serai jamais très loin pour lui donner un coup de main. Le magasin est trop grand pour une seule personne.

C’est chouette et un peu inquiétant à la fois de voir les différentes idées et concepts qu’il aimerait développer pour l’avenir. Le plus important c’est qu’il soit conscient qu’on ne révolutionne pas un commerce du jour au lendemain, il faut un changement progressif et linéaire. Le concept de la librairie-presse, tu ne vas pas le changer mais tu dois surfer sur la vague de produits éphémères donc tu dois te réinventer perpétuellement.

D’ailleurs ceux qui pensent que c’est facile se mettent un sacré doigt dans l’œil. Parfois, les gens qui cherchent leur voie, voient notre métier comme un créneau super simple, mais ils se cassent vite les dents car ils l’ont sous-estimé. »

 

Interview réalisée par Colin Charlier dans le cadre du Prodipresse Mag n°104 (Juin/Juillet 2021)

Prodipresse vous informe

 24/06/2021

Une idée pas si farfelue que cela puisque début 2022, vous pourrez ouvrir un compte bancaire traditionnel, déposer et retirer de l’argent directement chez votre libraire-presse !

Grâce à Nickel, le réseau des libraires-presse sera en effet en mesure de vous proposer le meilleur du digital et du physique en mettant à votre disposition un service bancaire proche de chez vous, dans une agence locale ouverte six jours sur sept et bénéficiant d’un horaire élargi. Et le tout, de manière instantanée.

 

Qu’est-ce que Nickel ?

Nickel, c'est la possibilité pour tous les clients et sans discrimination, d'obtenir un compte, une carte et un IBAN de façon hyper simple. Lancé chez les buralistes français en 2014, Nickel est un véritable succès populaire et compte plus de 6.100 buralistes partenaires ainsi que 2 millions de clients.

Sept ans plus tard, cette offre arrive donc en Belgique et vous permettra de bénéficier d’un nouveau service chez votre libraire-presse.

Vous nous faites déjà confiance pour le reste, alors pourquoi pas pour votre compte bancaire ?

 

Articles sur le sujet (accès réservé aux abonnés) :

  • La Libre (cliquez ici)
  • Le Soir (cliquez ici)
  • Trends Tendances (cliquez ici)
  • L’Écho (cliquez ici)
  • La DH (cliquez ici)

L'avis de ProDiPresse

 06/11/2020

Ce vendredi 6 novembre, Yannik Bellefroid était interviewé sur Vivacité en sa qualité de président de l’Union Professionnelle des Associations de Paris. Il se demandait pourquoi les bornes de paris sportifs avaient été reconnues comme produit non essentiel et avaient dû être débranchées dans les librairies-presse alors que l’intégralité des jeux de la Loterie Nationale reste accessible.

Prodipresse, en tant qu’organisation professionnelle des libraires-presse indépendants francophones de Belgique, partage l’incompréhension de Yannik Bellefroid face aux décisions « deux poids deux mesures » de l’État et même de manière générale ces derniers temps.

Il est évident qu’il n’appartient pas à Prodipresse de se prononcer sur les produits qui sont catégorisés comme essentiels ou non, ce n’est pas notre rôle.

Cependant, nous sommes en droit de nous poser des questions sur les choix politiques actuels à deux vitesses. Aujourd’hui, ce sont les paris sportifs qui sont momentanément à l’arrêt, mais qui nous dit que, demain, l’État ne va pas nous interdire de vendre les produits de la Loterie Nationale pour ne pas faire concurrence aux paris sportifs ? Puis d’arrêter de vendre du tabac parce que les marchands de tabac ont dû fermer… À ce rythme-là, il ne nous restera plus que la presse dont la vente sera autorisée, situation invivable qui mènera à la fermeture de toutes les librairies-presse et plus personne ne pourra rien vendre sans faire une concurrence déloyale à un autre secteur.

Tout ce que nous demandons, c’est uniquement de la cohérence pour les décisions futures.

Zoom libraire

 29/10/2020

Pendant de nombreuses années, le numéro 55 de la rue de Renory abritait deux commerces : une librairie-presse et une épicerie. Leur entrée était la même, mais une cloison séparait les deux activités. Nadine s’occupait de l’épicerie, Laurent diffusait de la presse. Depuis janvier 2020 et une rénovation, les légumes frais font désormais face à la carterie, les frigos de boissons surgissent parmi les rayonnages contenant la presse du jour et le comptoir à sandwichs a pour voisin l’Altura de la Loterie Nationale. Bienvenue Chez Laurent et Nadine !

Deux commerces en un

« Le véritable moteur de notre métier, c’est la passion avant tout. Si vous n’aimez pas le contact avec votre client, il ne faut pas vous mettre derrière un comptoir. » confie d’emblée Laurent Dupont, après avoir pris cinq bonnes minutes pour expliquer à un client la marche à suivre afin de télécharger l’application de la Loterie Nationale et bénéficier des avantages liés.

Et des clients, il en voit défiler encore plus depuis la rénovation de son commerce et la transformation de deux commerces distincts en une seule et même entité.

« J’essaye vraiment de prendre le temps pour chacun et chacune, on sent que certain(e)s ont besoin de se confier, donc on ne les expédie jamais, continue-t-il, c’est vraiment ce qui fait le charme du commerce de proximité.

D’ailleurs, on ne reprend ou n’ouvre pas une librairie-presse en se disant que l’on va devenir riche ! Il faut faire la différence entre le chiffre d’affaires et le bénéfice. Le meilleur exemple, c’est quand on voit qu’on a plus de clients pour la librairie que pour l’épicerie, mais que les marges sont tellement plus intéressantes pour l’épicerie et les sandwiches que pour la presse, les cigarettes ou la Loterie… Finalement, les deux commerces s’équilibrent assez bien, même si cela penche parfois plus d’un côté ou de l’autre selon la période. »

Une harmonie qui existait déjà depuis quelques années, puisque Nadine, l’épouse de Laurent, vend des fruits et légumes depuis 1985 et Laurent tient une librairie-presse depuis 1995.

« Je suis originaire du quartier et à la suite d’une restructuration, j’avais perdu mon emploi. Une librairie située plus loin rue de Renory (ndlr : la rue actuelle de sa librairie) était à remettre. Le commerce tournait bien, mais le propriétaire avait quand même fait faillite. Un des principaux handicaps lors de ma reprise, c’est que le point de vente avait été fermé pendant cinq semaines donc les clients étaient partis. Sincèrement, je pense qu’on a ramé pendant cinq ans au départ.

Les années passant, nous avions les deux loyers des commerces à payer et nous avons décidé de chercher un bâtiment à acheter pour réduire les frais. Notre choix s’est porté sur cette ancienne banque qui servait surtout à classer des archives. Nous étions les seuls candidats à son achat et avons donc pu réunir les deux magasins. » raconte-t-il.

Le choix initial fut de séparer les deux commerces avec une cloison. Leur entrée était commune et l’épicerie ouvrait plus tard que la librairie-presse. Un fonctionnement que Laurent et Nadine ont maintenu pendant vingt ans.

« Nous avons connu quelques belles années avant de fléchir un peu au niveau de notre chiffre d’affaires et forcément des bénéfices. En parallèle à cela, des élèves de l’école située non loin de la librairie-presse nous avaient demandé si nous ne voulions pas nous lancer dans les sandwichs. Seul bémol : c’était tout simplement impossible avec la configuration que nous avions alors.

Avec mon épouse, nous avons alors eu une réflexion sur l’avenir de notre affaire et nous avons décidé de fermer une semaine pendant le mois de janvier 2020 pour effectuer des transformations afin de réunir les deux commerces et les remettre au goût du jour. Plusieurs mois plus tard, je peux franchement vous dire que si c’était à refaire, je l’aurai fait plus tôt ! » rigole-t-il.

Une réunification bénéfique, mais qui ne s’est pas totalement effectuée sans crainte, du moins au début.

« C’est vrai que j’ai eu un peu peur au départ, confirme Laurent, car quand vous rentrez dans le magasin maintenant, c’est d’abord une épicerie et le côté librairie-presse est un peu plus caché. Je craignais que les clients ne comprennent pas que la presse était toujours là. Cependant, je reste persuadé que c’était le bon choix. Connaissant le secteur et l’évolution du marché, nous n’avions pas non plus énormément de choix. Et depuis, je ne peux être que satisfait de cette transformation. »

Néanmoins, il est encore difficile de tirer des conclusions sur le long terme au vu de la première partie de l’année marquée par le confinement et toutes ses conséquences.

« D’un côté, nous avons connu notre lot de journées de fou pendant le COVID-19, car beaucoup d’autres commerces ont dû fermer, mais de l’autre, notre lancement dans le sandwich a littéralement été coupé net avec le confinement. Heureusement cela a redémarré depuis. Nous allons donc devoir attendre une période plus normale avant d’analyser les effets de notre nouvelle configuration. » corrobore-t-il.

Et quand on lui demande si deux commerces en un ce n’est pas trop difficile à gérer au quotidien, c’est avec un petit sourire que Laurent répond : « Ah ça ! On va dire qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer ! Rien que le matin, mon épouse part au marché de Droixhe à 5h30 et de mon côté j’attends la livraison de la presse. En gros, c’est un peu la course contre la montre. Sans oublier le marchand de pain qui vient également nous livrer.

Heureusement, maintenant nous sommes rodés, donc nous ne nous en sortons pas mal au niveau de la gestion, mais c’est une logistique de fou. Par exemple en fin de semaine, c’est impossible de faire de l’administratif, il faut penser à tout, tout le temps. Nous n’avons vraiment pas le temps de souffler… »

 

Le cœur avant la raison

Reste à savoir si Laurent et Nadine ont encore des projets futurs de diversification ou s’ils pensent avoir atteint le maximum dans leur magasin :

« De façon générale, je pense qu’il n’est pas rare que votre chiffre d’affaires diminue dans le secteur et la diversification est clairement une solution, mais elle change complètement selon votre emplacement et les attentes de votre clientèle.

Chez nous, il fut un temps où nous vendions énormément de papeterie, mais désormais c’est difficile de concurrencer certaines grandes enseignes. De plus, l’école la plus proche de la librairie-presse est une école technique qui enseigne l’esthétique et la coiffure. Pas vraiment le type de public qui vient chez moi pour un cahier ou un compas, explique Laurent.

Mais attention, je n’ai pas à me plaindre, car mon chiffre d’affaires s’est stabilisé. Bon, on sait que ce sont plus les belles années et quand je vois les marges bénéficiaires du côté de l’épicerie qui atteignent souvent du 40%, je me dis que la différence reste notable. »

De quoi envisager de nouveaux produits ?

« Faut-il toujours vouloir grandir ou se dire qu’on est à fond, tant pis, mais on est à fond et on sait ce qu’on gagne ? demande-t-il.

Il est évident que quand vous n’avez pas le choix, la question a sûrement une autre réponse, mais dans mon cas tant que je reste stable, je sais où je mets les pieds. Se diversifier oui, mais pas n’importe comment ni avec n’importe quels produits. Je ne veux pas devenir un grand bazar.

Et puis quand on voit certains produits avec des marges rabotées comme les cartes de bus, cela ne donne pas franchement envie. À l’époque, nous avions 15% sur les cartes Mobistar vendues via la Loterie, maintenant je ne regarde même plus. Vendre 1.000 cartes de bus par jour juste pour faire entrer des clients qui ne t’achèteront pas autre chose et qui sont toujours pressés, cela ne m’intéresse pas.

Sans oublier qu’ajouter de nouveaux produits, c’est prévoir encore plus de gestion. Et à toujours vouloir faire plus, tu risques de t’écrouler. Seulement voilà, si tu fermes ton commerce ne fut-ce qu’un seul jour, car tu es malade ou que tu es tout simplement au bout du rouleau, non seulement tu ne gagnes rien du tout sur cette journée, mais en plus une devanture fermée cela se remarque et a un mauvais impact au niveau des clients, continue-t-il.

Pour le futur, il fut un temps où on avait pensé à abattre le mur qui sépare notre commerce et les pièces du fond (réserve), mais nous avons déjà réalisé d’énormes travaux qui ont grandement amélioré notre confort de travail. Nous prenons davantage de plaisir à travailler maintenant qu’avant », conclut Laurent.

Par rapport au futur, une chose en tout cas est certaine pour Laurent : pas question de faire l’impasse sur la l’essence même de son métier de diffuseur de presse.

« On ne sait jamais de quoi demain sera fait, mais si c’est pour ne plus être libraire-presse, cela ne m’intéresse pas ! Bien sûr, il y a toujours moyen d’aller chercher d’autres produits, d’ajouter de nouveaux services. Mais je ne veux pas délaisser le cœur de mon métier et ne plus avoir le temps de conseiller un client sur un magazine ou un livre. C’est pareil avec la sandwicherie que nous avons aujourd’hui, elle ne doit pas se faire au détriment de la librairie-presse. D’où l’importance de garder un équilibre le plus longtemps possible.

Par exemple, j’effectue toujours des tournées à vélo chaque matin et cela reste un plaisir de la faire… bon sauf quand il pleut, plaisante-t-il, mais c’est important pour moi de continuer à proposer ce service à mes clients les plus âgés, même s’ils repassent dans la librairie-presse en journée.

Mais demain, je ne suis pas certain que cette clientèle d’un certain âge sera remplacée par une autre et j’aimerai bien que les gens reviennent vers les petits commerces. D’un côté plus positif, nous avons beaucoup d’étudiants kotteurs dans le quartier qui se rendent compte que nous ne sommes pas plus chers qu’ailleurs et surtout que nous avons plus de flexibilité que les grandes surfaces. Le quartier et sa population changent, en tant que libraires-presse nous devons continuer à évoluer avec eux pour rester le cœur de notre quartier ! »

 

Interview réalisée par Colin Charlier pour le Zoom libraire du Prodipresse Magazine n°98 d'octobre 2020.

Prodipresse vous informe

 30/04/2020

Suite au travail mené par Prodipresse, les libraires/presse peuvent désormais bénéficier de plusieurs indemnités en cette période de crise, qu'ils soient restés ouverts ou non.

 

Au niveau des aides fédérales

À la suite des négociations avec le Ministre des Indépendants, Monsieur Denis Ducarme, vous avez accès :

  • Au droit passerelle pour le mois de mars suite à la fermeture du samedi 14/03 et même si vous êtes resté(e) ouvert(e) le reste du mois. Vous ne devez donc pas démontrer une interruption d’au moins 7 jours ;
  • Au droit passerelle pour mois d’avril, uniquement si vous avez interrompu votre activité durant au moins 7 jours consécutifs.
  • Au droit passerelle pour le mois de mai aux mêmes conditions que pour le mois d'avril (les détails de cette décision de prolongation sont à trouver via ce lien). 

La demande pour en bénéficier s’effectue auprès de votre caisse d’assurances sociales.

 

Au niveau des aides régionales

Si vous fait le choix de fermer votre commerce durant cette crise due au corona virus, vous avez droit à :

  • Une prime unique de 4.000 euros si vous vous situez en Région de Bruxelles-Capitale avec le formulaire en ligne sur ce lien (cliquez ici) ;
  • Une prime unique de 5.000 euros si vous vous situez en Région wallonne avec le formulaire en ligne sur ce lien (cliquez ici).

 

Nous avons également obtenu une indemnité supplémentaire de 2.500 euros si votre commerce est situé en Région wallonne, est resté ouvert et que vous avez subi une perte de chiffre d’affaires.
 
Concrètement, si vous avez obtenu le droit passerelle au mois de mars ou au mois d'avril et que vous pouvez prouver une diminution substantielle de votre activité, vous pouvez bénéficier de cette indemnité.

Vous trouverez les procédures pour obtenir ces nouvelles aides en cliquant ici.

Prodipresse vous informe

 27/03/2020

Suite aux négociations menées avec le ministre des Indépendants Denis Ducarme, Prodipresse souhaite informer le réseau que l’aide fédérale du droit passerelle est automatiquement acquise en mars pour les libraires, que vous restiez ouvert ou non. Voici le texte en question :

Pour les libraires : 

  • Les limitations imposées aux libraires par l’arrêté du 13 mars (applicable du 14 au 17 mars) impliquent qu’ils peuvent bénéficier automatiquement du droit passerelle du mois de mars, c’est-à-dire sans devoir démontrer une interruption d’au moins 7 jours.  
  • Pour le droit passerelle du mois d’avril, plus aucune limitation n’est désormais imposée aux libraires par l’arrêté ministériel en vigueur. Cette prestation du mois d’avril n’est donc payable pour eux que s’ils s’interrompent volontairement au moins 7 jours. Si de nouvelles limitations devaient être décidées vis-à-vis des libraires d’ici la fin avril, ceux-ci retomberaient bien entendu dans le cadre d’un droit automatique pour le mois d’avril.

Suivant la situation en avril, Prodipresse informera le réseau des actions que nous entreprendrons.

Continuons à être solidaires durant cette période !

Prodipresse vous informe

 19/03/2020

Suite à la décision du gouvernement fédéral ce 17 mars 2020, les librairies/presse ont été reconnues comme faisant partie des commerces d'utilité publique et peuvent donc rester ouvertes.

Si vous décidez de garder ouverte votre librairie/presse, cette décision gouvernementale entraîne des mesures sanitaires importantes :

  • Vous pouvez ouvrir du lundi au samedi, avec une fermeture à maximum 22h00 ;
  • Les mesures nécessaires doivent être prises pour garantir le respect des règles de distanciation sociale, en particulier le maintien d'une distance de 1,5 mètre entre chaque personne ;
  • Il est conseillé de ne pas accueillir plus d'un client par 10 m² ou de limiter l'accès de votre magasin à 2-3 clients en même temps ;
  • Appliquez des règles d'hygiène simples :
    • Ne serrez pas la main de vos clients et ne leur faites pas la bise ;
    • Lavez-vous régulièrement les mains (eau et savon sont parfaits) ;
    • Acceptez de préférence les paiements électroniques par carte bancaire (et ainsi éviter de manipuler de l'argent) ;
    • Veillez à des lieux de travail propres et hygiéniques (comme le comptoir) par une désinfection régulière de ceux-ci ;
    • Veiller à une bonne hygiène respiratoire sur les lieux de travail en utilisant des mouchoirs en papier à usage unique en cas de toux ou d’éternuements

La santé de tous (la vôtre, celle de vos employés et de vos clients) est bien évidemment prioritaire en cette période.

Vous trouverez une énumération détaillée des différentes mesures de prévention sur les lieux de travail dans cet avis de l’OMS.

Prodipresse vous informe

 19/03/2020

Suite à la décision du gouvernement fédéral ce 17 mars 2020, les librairies/presse ont été reconnues comme faisant partie des commerces d'utilité publique et peuvent donc rester ouvertes.

Si vous décidez de fermer votre librairie/presse, voici les différentes démarches à entreprendre :

 

  1. Prenez contact avec vos différents fournisseurs pour les prévenir

AMP : 

Si vous décidez de ne pas être livré pendant une certaine période, veuillez les en informer le plus tôt possible via Distriweb, avec un minimum de 48 heures à l'avance.

En cas de congé de dernière minute, il est possible que vous soyez encore livré une fois. Ces livraisons de journaux, ainsi que les retours de magazines prévus pendant votre congé, seront alors demandés le jour de la première livraison après votre congé.

Si vous ne souhaitez pas recevoir vos abonnements au magasin pendant la fermeture temporaire du magasin, veuillez le signaler explicitement.

Si la période devait être prolongée au-delà du 5 avril, veuillez les informer de la prolongation de votre congé 3 jours ouvrables avant la date de fin de votre premier congé.

Si vous avez déjà fait une demande de congé anticipé et que vous souhaitez l'annuler, veuillez le faire savoir dès aujourd'hui à l'adresse customer.administration@ampnet.be.

En ce qui concerne les livraisons du samedi, nous attendons toujours le texte officiel du Conseil de sécurité, afin de pouvoir vous informer correctement à ce sujet ultérieurement.

Il est également recommandé d'utiliser autant que possible Distriweb pendant cette période pour l'administration quotidienne ou pour des questions supplémentaires concernant les livraisons et les invendus

 

Tondeur Diffusion :

La distribution de magazines continue tant que les circonstances le permettent.

Tondeur Diffusion tentera, autant que possible, de maintenir les livraisons aux jours habituels. Il cependant très probable que des tournées doivent être reportées, sans qu'ils puissent toujours vous avertir.

Afin de préserver la santé de tous, vous, vos clients, les chauffeurs, ils doivent veiller à assurer une distance de sécurité d’1,5 m. Les chauffeurs déposeront donc votre casier à l’entrée du magasin et vous demandent de préparer vos invendus à cette même place.

Si vous avez pris la décision de fermer votre commerce, merci de le communiquer à customers@tondeur.be

 

bpost :

bpost maintient sa distribution le samedi dans les point poste et spots kariboo ouverts, mais sans garantie formelle vu les circonstances exceptionnelles.

Pour toute fermeture, prenez contact avec votre Field Manager bpost qui sera de bon conseil et vous aidera à gérer votre situation particulière.

 

Loterie Nationale : 

Prévenez votre délégué ou le contact center au 0800/14.961.

 

2. Informez-vous auprès de votre secrétariat social pour savoir comment mettre vos employés en chômage économique

UCM :

Pour les entreprises qui relèvent d’un autre secteur que l’Horeca, le spectacle, l’exploitation de cinéma et les attractions touristiques, vous pouvez introduire directement votre demande de couverture de chômage temporaire pour cause de force majeure via le formulaire ci-dessous.

Vu l’impact très douloureux de cette crise pour les entrepreneurs, ils réalisent toutes ces démarches gratuitement durant toute la période de distanciation sociale. Vous devez également envoyer, de préférence le jour même de la communication électronique, par courrier postal ou de préférence par mail, adressé au service chômage temporaire  du bureau du chômage compétent les explications circonstanciées démontrant que le chômage est la conséquence d'une force majeure due au Coronavirus.  

Retrouvez le formulaire de demande de chômage temporaire pour cause de force majeure en cliquant ici.

Vous trouverez toutes les informations ainsi que la marche à suivre sur le site de l'UCM en cliquant ici.

 

3. Informez-vous pour savoir si vous bénéficiez d'indemnités indépendant et dans quelles conditions (fermeture totale, partielle, sur un mois complet, etc.)

Au niveau fédéral

Depuis le 1er mars 2020, les indépendants qui rencontrent des difficultés suite à la crise du coronavirus peuvent faire appel au droit passerelle pour interruption forcée.

Montants octroyés 

Avec charge de famille Sans charge de famille
1.614,10 €/mois 1.291,69 €/mois

Ce montant est payé par la Caisse d’assurances sociales.

 

Qui est concerné ?

Horeca et Commerce En cas de fermeture totale ou partielle : octroi du droit passerelle durant les mois de mars et avril 2020 (*)
Toute autre activité

En cas d'interruption totale d'au moins 7 jours : octroi du droit passerelle durant les mois de mars et avril 2020 (*).

Exemple:

  • les indépendants mis en quarantaine
  • les indépendants qui interrompent en raison de la baisse presque totale de l'activité (chaîne de production mise à l'arrêt pour manque de composants, de matière première ou de main d'oeuvre).

(*) La période d’application des mesures pourrait être prolongée si l’épidémie se prolongeait au-delà d’avril 2020.

Introduction de la demande 

La demande de droit passerelle pour interruption forcée doit être introduite auprès de la Caisse d’assurances sociales. Elle peut être introduite par mail à l'adresse cas@ucm.be

 

Vous trouverez toutes les informations ainsi que la marche à suivre sur le site de l'UCM en cliquant ici.

 

Au niveau régional

Aucune aide ne sera accordée puisque les librairies/presse ont été autorisées à ouvrir par le gouvernement fédéral.

 

4. Mesures de soutien supplémentaires

Les entreprises qui rencontrent des difficultés financières suite à la propagation du coronavirus (COVID-19) ont déjà pu demander des mesures de soutien auprès du SPF Finances.

Afin de créer une marge de manœuvre financière pour ces entreprises et entrepreneurs, le gouvernement fédéral a maintenant pris des mesures supplémentaires pour atténuer autant que possible l'impact financier du virus.

a) Report du délai d’introduction des déclarations ISoc, IPM et INR-soc avec date limite du 16 mars au 30 avril 2020 inclus

Les contribuables ont un délai supplémentaire jusqu’au jeudi 30 avril 2020 minuit pour rentrer les déclarations à l’impôt des sociétés, à l’impôt des personnes morales et à l’impôt des non-résidents - sociétés.

Ce délai supplémentaire vaut uniquement pour les déclarations avec une date limite d'introduction du 16 mars au 30 avril 2020 inclus.

Report du délai d’introduction des déclarations TVA 

Déclarations périodiques :

  • Déclaration relative à février 2020, délai reporté au 6 avril 2020
  • Déclaration relative à mars 2020, délai reporté au 7 mai 2020
  • Déclaration relative au 1er trimestre 2020, délai reporté au 7 mai 2020

Les starters ou les assujettis titulaires d’une autorisation pour la restitution mensuelle qui souhaitent bénéficier du remboursement mensuel de leur crédit TVA obtiennent également un report jusqu'au 24 du mois suivant la période de déclaration.

 

Relevés intracommunautaires :

  • Relevé relatif à février 2020, délai reporté au 6 avril 2020
  • Relevé relatif à mars 2020, délai reporté au 7 mai 2020
  • Relevé relatif au 1er trimestre 2020, délai reporté au 7 mai 2020

 

Liste annuelle des clients assujettis

  • Délai reporté au 30 avril 2020.
  • Si l'assujetti a cessé son activité : au plus tard à la fin du 4e mois après l'arrêt des activités soumises à la TVA.

b) Paiement de la TVA et du précompte professionnel

Les contribuables et les assujettis obtiennent un report automatique de deux mois pour le paiement de la TVA et du précompte professionnel sans devoir payer d’amendes ou d’intérêts de retard. 

Ce report concerne : 

TVA  :

  • Paiement relatif à la déclaration mensuelle - févier 2020, délai reporté au 20 mai 2020
  • Paiement relatif à la déclaration mensuelle - mars 2020, délai reporté au 20 juin 2020
  • Paiement relatif à la déclaration trimestrielle, délai reporté au 20 juin 2020

Précompte professionnel :

  • Paiement relatif à la déclaration mensuelle - févier 2020, délai reporté au 13 mai 2020
  • Paiement relatif à la déclaration mensuelle - mars 2020, délai reporté au 15 juin 2020
  • Paiement relatif à la déclaration trimestrielle, délai reporté au 15 juin 2020

Outre ce report automatique de paiement, il est possible également de demander l’application des mesures précédemment annoncées pour le paiement des dettes relatives à la TVA et au précompte professionnel. Via cette demande, des délais de paiement supplémentaires, une exemption d'intérêts de retard et/ou une remise d'amende pour retard de paiement peuvent être accordés.

c) Paiement de l'impôt des personnes physiques et de l’impôt des sociétés

Un délai supplémentaire de deux mois sera automatiquement accordé, en plus du délai normal, pour le paiement de l'impôt sur le revenu des personnes physiques, de l’impôt des sociétés, de l'impôt des personnes morales, de l'impôt des non-résidents.

Cette mesure s'applique au décompte des impôts, exercice d'imposition 2019, établis à partir du 12 mars 2020.

Le paiement des dettes relatives à l'impôt sur le revenu des personnes physiques ou des sociétés, y compris celles établies avant le 12 mars 2020, est également soumis aux mesures d'aide annoncées et à des délais de paiement supplémentaires, à l'exemption d'intérêts de retard et/ou à la remise d'amendes pour retard de paiement, sur demande.

 

Attention :

    • Il n'y a pas de suspension des prêts bancaires, des loyers et frais fixes (eau, gaz, électricité) ;
    • Prévoyez aussi la domiciliation pour les partenaires (tabac) ;
    • Les indemnités perçues par les indépendants pourraient être considérées comme une rentrée dans la comptabilité et donc taxée comme telle.

L'avis de ProDiPresse

 12/03/2020

Ce jeudi 12 mars 2020, « le Quotidien belge francophone grand public et sportif qui affirme chaque jour sa recherche de l’exclusivité et de l’information enrichie » (tel qu’il est décrit par le groupe IPM lui-même sur son site), a publié un article abordant les contrôles menés par la Loterie nationale sur la vente de ses produits aux mineurs d’âge sous le titre « Vente de Lotto aux mineurs : 15% des libraires piégés » dans ses éditions papier ou « Vente de billets de loterie aux mineurs : c’est strictement interdit, mais 15% des libraires s’en moquent » sur son site internet. Problème : ces chiffres sont totalement faux…

Passons sur le titre de cet article, notamment le second qui remet directement en cause le professionnalisme de notre réseau (le terme « s’en moquent » faisant clairement allusion à un non-respect de la loi en toute connaissance de cause) et penchons-nous plutôt sur les chiffres avancés par le journaliste de La DH Les Sports+.

D’après les résultats officiels de la Loterie nationale, 554 librairies/presse ont été contrôlées en tout et pour tout sur l’année 2019. Sur celles-ci, seules 43 ont commis une infraction, ce qui représente 7,76% du total.

Nous sommes donc bien loin des « 15,8% de librairies/presse contrôles » en infraction comme annoncé dans l’article.

Car, sur l’ensemble des 1.601 points de vente de la Loterie nationale ayant reçu la visite d’un « mystery shopper » (faux client âgé de moins de 18 ans) en 2019, tous ne sont pas des librairies/presse. En effet, la vente de leurs produits n’est pas réservée exclusivement à notre réseau.

Si l’on compare avec les 554 annoncés plus haut, uniquement un tiers des points de vente contrôlés sont des librairies/presse.

Dès lors, un point de vente de la Loterie nationale n’étant pas forcément une librairie/presse, il est donc totalement faux et malhonnête d’écrire que « 15% des libraires se moquent » de l’interdiction de vendre des produits de la Loterie nationale à des mineurs d’âge.

Par ailleurs, lors de la publication de ses résultats, la Loterie a précisé que les libraires/presse étaient les meilleurs élèves lors de ces contrôles. À l’inverse, les stations essence et les points de vente « FOOD », enregistrent de moins bons résultats. Étant souvent plus « jeunes », ils manquent parfois d’expérience.

« Le point du jeu responsable est fréquemment abordé avec tous nos points de vente (formation, visites de Reps, modules elearning, emails, LONET…). » nous a confirmé à ce propos Arnaud Hermesse, Chief Retail Officer à la Loterie.

Face aux chiffres erronés annoncés dans l’article, Prodipresse, en tant qu’organisation professionnelle des libraires/presse francophones indépendants de Belgique, se désole de ne pas avoir été consultée avant sa publication, ce qui aurait pu aider le journaliste à éviter toutes ces erreurs.

Après tout, ce n’est pas comme si le Code de déontologie journalistique, dès son préambule, indiquait que « les journalistes s’imposent (...) des normes qui découlent de l'obligation de diffuser des informations vérifiées ».

À préférer le sensationnalisme à des informations exactes et vérifiées, il n’est malheureusement pas étonnant de voir les ventes de la presse papier quotidienne baisser. Mais ce n’est pas en s’attaquant au réseau de distribution de ces mêmes quotidiens que cela va s’arranger…

 

L'article publié en ligne est trouvable au lien suivant : https://www.dhnet.be/actu/societe/vente-de-billets-de-loterie-aux-mineurs-c-est-strictement-interdit-mais-15-des-libraires-s-en-moquent-5e691c65d8ad582f316525f3