L'avis de ProDiPresse

 06/04/2022

Dans son journal télévisé du dimanche 3 avril, la chaîne RTL TVI est revenue sur l'interpellation d'un téléspectateur à propos du sujet suivant : son libraire-presse lui demande un supplément en cas de paiement par voie électronique alors que cette pratique interdite depuis 2018. Prodipresse souhaite en profiter afin de revenir le véritable problème de fond derrière ce sujet, le fait que l’État essaie de transférer ses propres responsabilités en matière de circulation des espèces sur les commerçants.

Mettons-nous d’accord tout de suite : oui, faire faire payer le coût des transactions électroniques aux clients qui achètent des produits à faible marge ou pour un petit montant est illégal aux yeux de la loi.

Cette interdiction soulève cependant un problème pour les commerçants indépendants qui se retrouvent parfois à vendre à perte. Attendez, mais vendre à perte est également interdit non ? Eh bien oui, mais le coût d’une transaction électronique n’intervient pas dans la notion d’une vente à perte puisque c’est un "service" proposé aux clients. La vente à perte, c’est uniquement quand vous vendez en-dessous de votre prix d’achat (plus d’infos via ce lien).

Ce qui est d’autant plus délicat, c’est quand l’État rend obligatoire le fait d’avoir un système de paiement électronique pour tous les commerçants dès le 1er juillet 2022.

Via ce procédé, l’État, à qui revient le coût sociétal de l’argent liquide et de rendre disponible l’argent en espèces (pièces et billets en euro), transfère ses responsabilités vers un système électronique et fait supporter cette charge aux plus petits commerçants. Et c’est là que cela pose un problème !

En effet, pour les libraires-presse, il n’est pas possible de négocier les tarifs de ces systèmes de paiement vers le bas (comme le fait la grande distribution) et nous ne pouvons pas non plus augmenter les prix imposés de plus de 80% des produits vendus comme le tabac, la presse ou les jeux de la Loterie Nationale pour couvrir cette charge.

Notre réseau doit donc bel et bien payer le surcoût généré par l’utilisation d’un terminal de paiements électroniques. Après une étude auprès du réseau, un coût moyen a été calculé et est estimé à 0,13 € par transaction (assistances, abonnement, etc.), sans compter l'achat ou la location du terminal.

En mars de cette année, l’UCM soulevait le même problème et indiquait souhaiter une réduction des coûts et obligations administratives. « Un effort est attendu de la part de tous les acteurs de la chaîne de paiements pour davantage de transparence et une diminution des coûts des paiements électroniquesLe gouvernement se doit aussi de prévoir un soutien financier adéquat pour la location et l’achat de terminaux. Une déduction fiscale serait la bienvenue. »

Certes, il sera toujours possible pour un libraire-presse de refuser les transactions électroniques en-dessous d’un certain montant, tant que cela est clairement indiqué. Mais quand on voit que les banques ne se privent pas pour faire payer les frais de retraits d’argent dans des distributeurs ou encore le dépôt de cash, on se dit qu’il y a là, une fois encore, deux poids, deux mesures

L'avis de ProDiPresse

 23/02/2022

Après plusieurs mois d’attente, le nouvel Arrêté royal déterminant les conditions pour l’engagement de paris en dehors des établissements de jeux de hasard est enfin entré en vigueur. Grâce à cet Arrêté royal, la Commission des jeux de hasard va pouvoir recommencer à attribuer et surtout renouveler les licences F2 de paris sportifs qui étaient bloquées depuis le 10 décembre. Cependant, tout n’est pas rose pour autant, car ce nouveau texte de loi ne résout pas tout !

Depuis que la CJH n’avait plus de cadre légal pour assurer la reconduction des licences de paris sportifs, Prodipresse et Perstablo, les fédérations francophones et néerlandophones représentant le réseau des libraires-presse belges indépendants, sont intervenues à plusieurs reprises auprès du ministre de la Justice, Monsieur Vincent Van Quickenborne. Notre volonté était de profiter des modifications de cet Arrêté pour remettre la définition d’une librairie-presse au goût du jour et ainsi faire barrage aux fausses librairies qui profitent de nos prérogatives.

Malheureusement, nos différentes demandes n'ont pas abouti et nous avons été mis face à un Arrêté royal finalisé, ne représentant pas la réalité du terrain. Un seul coup d’œil à la définition d’une librairie-presse telle que reprise dans le texte officiel suffit pour se rendre compte qu’elle ne peut pas être la définition d’un libraire-presse aujourd’hui car les critères repris sont beaucoup trop bas.

Nous constatons donc que nos remarques n’ont pas été prises en compte et sommes évidemment déçus de ne pas avoir été entendus. En tant qu’organisations professionnelles travaillant au quotidien avec le réseau, nous ne sommes pas convaincus que cet Arrêté royal puisse régler les problèmes sur le long terme.

Certes, son entrée en vigueur permet de débloquer le gel des licences et signifie la reprise de leur renouvellement par la Commission des jeux de hasard, mais de la même façon qu’une rustine ne permet pas de colmater une fuite ad vitam aeternam, nous craignons que l’Arrêté royal, suffisant pour résoudre la crise actuelle, crée d’autres problématiques dans un futur proche.

De notre côté, nous continuons de travailler de concert avec nos homologues pour la reconnaissance d’une définition sensée et actualisée de ce qu’est une librairie-presse.

L'Arrêté royal publié au Moniteur est consultable ici

Zoom libraire

 20/12/2021

À Verlaine, tout le monde connaît Michèle et son mari Christian. Et pour cause, leur magasin, Chez Marie-Claire est la seule librairie-presse des environs. Mais ce n’est pas un simple commerce de journaux, car à côté de la presse et des magazines, Chez Marie-Claire est aussi, et avant tout, une fleuristerie. Une double activité qui demande une sacrée organisation au quotidien !

 

Une (longue) journée type

Une journée type commence vers 5 heures et dure jusque 18h30. En soirée nous devons aller chercher de la marchandise pour le côté fleurs.

Notre commerce est ouvert de 7h à 18h, du lundi au samedi. Le lundi de 7h à 12h pour la librairie et le dimanche de 9h à 13h pour le côté fleurs. Le matin, nous travaillons à deux côté librairie, puis vers 8h30-9h je viens du côté fleurs pour faire un bouquet ou une commande. Les fleurs, c’est notre truc à Amandine, ma fille, et moi. Christian, mon époux, c’est la librairie. Bien sûr, en fonction du nombre de clients présents dans le magasin, nous allons aider là où il faut.

Vous l’aurez compris, Chez Marie-Claire est avant tout une histoire familiale !

 

Fleuriste, puis libraire-presse

Le magasin s’appelle Chez Marie-Claire, car à la base il appartenait à ma maman. Elle était fleuriste et, quand elle est partie à la pension en avril 2016, après trente ans de bons et loyaux services, nous avons repris la boutique avec mon mari. Je suis également fleuriste diplômée à la base, donc c’était un choix qui nous semblait logique.

Dès le début, notre idée était de travailler en famille. Donc mon mari, qui avait un autre métier à côté, a commencé par prendre un quatre-cinquième temps pour pouvoir m’aider.

Et puis un jour, nous avons appris comme tous les autres habitants de Verlaine que la librairie-presse du village était à remettre. Forcément, cela nous intéressait, car nous savions que les gens désiraient garder un marchand de journaux dans le coin. Nous avons donc pris nos renseignements auprès des propriétaires, mais ils voulaient aussi vendre le bâtiment en plus du fonds de commerce. Cela ne nous tentait pas, car nous avions déjà notre magasin. L’idée était de récupérer la librairie-presse dans notre commerce actuel et non pas déménager ou devoir gérer deux entités différentes.

Le 2 juin 2022, cela fera deux ans que nous nous sommes lancés dans le métier de libraire-presse et même si parfois les horaires sont un peu durs, nous n’avons aucun regret !

 

Choix des produits

Quand nous avons récupéré leur stock, notre bâtiment faisait déjà la taille qu’il a actuellement. Il a donc fallu faire de la place pour la nouvelle marchandise. Actuellement, nous avons la librairie-presse d’un côté et les fleurs de l’autre. En termes de répartition, je dirais que nous sommes sur plus ou moins 54m² de fleurs et 40m² de librairie-presse.

Maintenant, on n’a pas une place infinie, donc on jongle avec le stock selon les saisons, surtout du côté fleuriste. Pour la presse en revanche, qu’il s’agisse de papeterie ou de magazines, cela se vend toute l’année, donc il y a moins de changements.

Bien évidemment, je ne vends pas tous les produits qui sont venus de l’autre côté, car certains ne sont pas intéressants pour nous ou nos clients. Le côté positif, c’est que cela nous fait des lots à donner aux clients. Comme cela, nous pouvons leur faire plaisir et cela nous permet d’en faire quelque chose.

 

Les clients au rendez-vous

Le premier jour où nous avons ouvert la partie librairie-presse, c’était un peu la panique, car le système de caisse n’était pas opérationnel. Nous avons donc dû réaliser toutes les additions à l’ancienne sur un bloc-notes. Heureusement, les clients étaient au rendez-vous et ils étaient patients et nous ont apporté un réel support. Nous avons même reçu des cadeaux.

Au début, ceux qui connaissaient la fleuristerie venaient pour la librairie-presse, car ils étaient contents que cela reste un commerce de village et familial. Et l’inverse est vrai aussi, car la librairie amène des gens du côté fleurs, donc cela se complète très bien. Nous profitons d’avoir ces deux offres différentes, mais complémentaires, pour favoriser les achats croisés. Par exemple pour la Saint-Valentin ou lors de la fête des mères, nous préparons une pochette de billets à gratter avec des fleurs.

Notre clientèle est donc fort locale et variée. Nous avons aussi bien des jeunes, comme des mamans dans la trentaine ou encore des personnes plus âgées. Je pense d’ailleurs que notre plus vieille cliente a 96 ans !

 

L’impact du COVID-19

Le COVID nous a impacté négativement du côté fleurs. N’étant pas ‘commerce essentiel’, j’ai dû fermer mon magasin de fleurs durant trois semaines avant de pouvoir rouvrir et nous avons lancé la librairie-presse juste après.

Cela veut dire, par exemple, que nous n'avons pas pu faire Pâques l’année passée. Heureusement, nous avons pu vendre du muguet pour le 1er mai et proposer des bouquets pour la fête des mères, mais seulement en commande et livraison. Cela veut dire que vous ne pouvez pas les conseiller correctement.

Je n’ai donc pas du tout eu la même relation avec les clients, certains je les connais depuis trente-cinq ans et d’autres, je ne les connais pas sans le masque.

 

Chouchouter ses clients

Comme notre clientèle nous le rend bien, nous essayons toujours de leur proposer un petit plus, une petite attention. Pour le Jour du Libraire Presse, nous avons bien évidemment offert les goodies reçus via les packs, mais nous avions aussi été plus loin en donnant à chaque client un bic tactile qui sert aussi de porte téléphone portable.

Pour la Saint-Nicolas, nous avons offert à nos clients des petits Saint Nicolas en chocolat et pour les fêtes de fin d’année, nous allons faire imprimer des pochettes de Loterie Nationale avec nos coordonnées dessus. Ce sont des petits gestes qui nous permettent de marquer les gens.

D’ailleurs, nous savons tous que la relation client est un vrai atout dans notre métier. Pour cette raison, si je vends un foulard, je vais tout de suite le mettre dans un sac avec une petite ficelle, j’essaye toujours d’offrir un plus.

 

Un photomaton de 400 kilos

Au niveau des produits proposés, nous avons évidemment les grands classiques que l’on retrouve dans notre métier. Nous en avons aussi ajouté en fonction des demandes des clients comme pour les cartes de bus, les recharges de compteurs à budget ou encore les sacs PMC. Par rapport à l’ancienne librairie-presse, notre rayon cigarettes est davantage développé, car ils avaient juste le strict nécessaire. Les fournitures scolaires fonctionnent assez bien, notamment auprès des parents qui passent chercher un bic pour leur enfant avant les cours, ou des couvre-cahiers à la rentrée. Nous avons une école primaire dans le coin et un établissement d’enseignement secondaire à Saint-Georges dans les environs.

Sinon l’objet le plus original que nous avons récupéré de l’autre côté est sans aucun doute le photomaton. Il pèse 400 kilos et ils s’y sont mis à huit personnes pour tenter de le déplacer, mais impossible ! Finalement, nous avons dû faire appel à des déménageurs et, heureusement, il rentrait dans notre magasin.

Le photomaton marche du tonnerre, surtout avant les vacances, pour les demandes de passeport et cartes d’identité. La seule chose à faire, c’est un entretien une fois par an, mais à part cela, il tourne tout seul. Nous avons déjà eu des clients qui passent faire des photos à 7h du matin avant d’aller à la commune, car elle n’est pas encore ouverte et ils ne veulent pas perdre trop de temps.

Dans le futur, nous envisageons d’ici deux ans d'agrandir l’intérieur du magasin et ne plus avoir qu’un seul comptoir, un nouvel atelier, une entrée accessible pour tous. Cela nous permettra d’harmoniser le magasin et nous facilitera la tâche.

 

Article rédigé par Colin Charlier dans le cadre du Prodipresse Mag n°108 de décembre 2021.

L'avis de ProDiPresse

 13/12/2021

« Le cigarettier Philip Morris, connu pour ses marques Marlboro et L&M, a été condamné en Belgique pour avoir violé l’interdiction de la publicité sur le tabac », rapporte La DH – Les Sports + de ce lundi 13 décembre.

« Le jugement concerne des infractions commises sur l’ensemble du territoire belge, notamment des accords de sponsoring conclus avec des magasins. Les inspecteurs de la Santé publique ont ainsi recensé des preuves d’infractions dans des dizaines d’établissements à travers le pays. Les commerçants recevaient de l’argent et d’autres avantages s’ils donnaient plus de visibilité aux produits de Philip Morris en les exposant d’une "manière très réfléchie et sophistiquée" (éclairage LED, affiches et autocollants au sol, etc.). »

Interrogé dans le cadre de cet article, Xavier Deville, Président de Prodipresse, a tout d’abord tenu à rappeler que « n’importe quel fabricant de produits, que ce soit des parfums ou des vêtements par exemple, fait des démarches contractuelles auprès des points de vente pour qu’ils soient mieux mis en valeur par rapport à ceux des concurrents. »

Mais alors, pourquoi la justice a-t-elle décidée de poursuivre Philip Morris ? « Il y a que le tabac est un produit particulier. Nocif mais autorisé à la vente Il y a une chasse aux sorcières contre les cigarettiers mais leur produit est légal », explique-t-il.

Et s’il reconnaît que Philip Morris offrait du matériel de distribution, des présentoirs ou encore des enseignes publicitaires pour la mise en avant de leur produit, le Président de Prodipresse tient à rappeler ce n’était pas le seul cigarettier à démarcher les vendeurs pour aboutir à ce genre d’accord.

Cependant, le vrai problème réside ailleurs pour Xavier Deville. Car depuis l’arrivée du paquet neutre, ces pratiques n’ont plus aucun intérêt. « Dès lors, pour inciter à la consommation, sans pouvoir faire appel à la publicité, les marques jouent sur les prix avec des gammes Premium et bon marché. Aussi, les gros paquets reviennent moins cher à l’unité que les petits. Et ça, l’État l’autorise alors que c’est aussi de l’incitation. C’est hypocrite ! Tout comme il est illogique d’autoriser la vente de tabac mais d’interdire à un commerce d’indiquer en vitrine qu’il en vend. C’est un peu du foutage de gueule ! »

 

Article de la DH en ligne (réservé aux abonnés) : https://www.dhnet.be/actu/faits/philip-morris-condamne-pour-publicite-illegale-il-faisait-passer-son-interet-personnel-avant-l-interet-public-61b63de0d8ad586d30990205

L'avis de ProDiPresse

 10/12/2021

La Commission des jeux de hasard a publié un avis concernant l'article 42 de la loi du 28 novembre 2021 visant à rendre la justice plus humaine, plus rapide et plus ferme. Dans celui-ci, elle pose un certain nombre de questions et attire l’attention du Gouvernement sur des points précis.

 

L'avis de la Commission des jeux de hasard

« La CJH recommande au Gouvernement de saisir l’occasion d’un arrêté royal définissant ce qu’il y a lieu d’entendre par « activité complémentaire strictement définie » dans le chef des librairies autorisées à proposer des paris sportifs pour limiter tant spatialement que temporellement l’offre de paris hors des agences de paris et ce, dans un souci évident de la protection des joueurs. Elle suggère que ne puissent être considérées comme librairies pouvant offrir des paris que des commerces pouvant se prévaloir d’un contrat avec un distributeur de presse attestant d’une offre (suffisante) de presse actuelle. Elle invite, ensuite, le Gouvernement à exiger d’une librairie souhaitant offrir des paris un chiffre d’affaires « presse » atteignant un pourcentage suffisant. Elle conseille également que l’offre de paris en librairies ne soit possible que pendant certaines heures.

En cas de limitation du nombre de terminaux autorisés en librairie, elle invite par ailleurs le Gouvernement à prendre en compte les intérêts légitimes du secteur privé des jeux de hasard et à veiller à ce que le monopole, que détient la Loterie Nationale en termes de loteries, ne soit pas de facto étendu aux paris. La CJH insiste encore auprès du Gouvernement pour que les nouvelles exigences soient formulées clairement de manière à ce qu’elles puissent être contrôlées efficacement tant au moment de l’octroi et du renouvellement d’une licence que dans le cadre des contrôles. La CJH recommande enfin au Gouvernement et au Parlement de prendre d’urgence une disposition législative reportant l’entrée en vigueur de l’article 42 de la loi du 28 novembre 2021 jusqu’à l’adoption de cet arrêté royal.

Dès l'entrée en vigueur de la loi le 10 décembre et tant que le Roi n'aura pas adopté d’arrête royal ainsi que lui impose le Législateur, pour définir ce qu’il y a lieu d’entendre par « activité strictement définie », la CJH se trouvera donc dans un vide juridique et ne pourra, par conséquent, traiter aucune demande de licence ou de renouvellement. »

 

L'avis de Prodipresse

De son côté, Prodipresse trouve que cet avis de la CJH constitue un premier pas dans la bonne direction, mais plusieurs inconnues persistent encore. Par exemple, qu’entend-on exactement par « chiffre d’affaires » ? Normalement, les produits commissionnés (Loterie Nationale, paris sportifs et cartes de téléphone) ne doivent pas être pris en compte lors du calcul de son chiffre d’affaires. Est-ce bien le cas ici ?

Si dans le futur, le paquet de cigarettes passe à dix euros comme en France, cela va également impacter le chiffre d’affaires. Il en va de même lorsque l’on parle de contrat presse. Si on n’évoque pas un nombre de titres précis, cela va rendre les choses plus floues et compliquées également.

Prodipresse pense qu’il ne faut pas seulement analyser la situation d’aujourd’hui, mais opter dès à présent pour une vision sur le long terme. Sinon, combien de temps cette définition restera-t-elle valable ? Nous avons d’ailleurs prévu d’écrire un courrier en ce sens au ministre de la Justice.

 

Article rédigé par Colin Charlier et Dorian Zaj dans le cadre du Prodipresse Mag n°108 de décembre 2021.

Zoom libraire

 16/11/2021

Même si sa librairie-presse n’est plus située directement le long de la grand route, il est difficile de louper le nouvel emplacement du magasin de Philippe Morren à la sortie de Wavre. Flags de la Loterie et panneaux orange flash dirigent les yeux des passants vers Gastu Press version 2.0.

Au-dessous d’une salle de fitness d’une enseigne bien connue et également… orange, se présente son commerce sur pas moins de 250 m². Un déménagement que ne regrette pas le moins du monde le premier intéressé, bien au contraire, ni ses clients qui semblent lui donner raison !

 

Stagner ou se bouger

Quand votre librairie-presse a dix-sept ans, qu’elle devient un peu vétuste et que vous êtes arrivés au maximum de l’espace disponible, vous vous dites qu’il est peut-être temps de réagir. Ajoutez à cela le gros problème qu’est le manque de parking. Quand vous êtes situé le long d’une grande route, c’est clairement handicapant.

Heureusement, cela ne se ressentait pas (encore) au niveau du chiffre d’affaires, mais il stagnait. Malgré la crise sanitaire, il restait en positif et était en équilibre depuis deux-trois ans. Mais c’est dangereux, car on ne stagne pas pendant une éternité et arrive un moment où l’on commence à descendre. La seule solution était donc de réagir avant que cela se produise !

Deux options s’offraient à moi : soit ne rien faire et prendre ma pension à soixante ans, soit me lancer dans une nouvelle aventure. Si je prenais ma pension, mon épouse, qui travaille avec moi, aurait dû se trouver un autre métier donc cela a aussi pesé dans la balance. Finalement, j’ai fait le choix de déménager pour avoir une librairie-presse plus grande. Une fois que j’aurai soixante-cinq ans, mes beaux-fils parlent de reprendre mon commerce. Et s’ils changent d’avis d’ici-là, je pourrai le remettre sans crainte.

 

Une première expérience

Je suis entré dans le monde de la presse car à la base je travaillais pour un patron qui n’avait aucun respect pour son personnel et cela ma dégoûté. Un soir, à la maison, j’ai ouvert le Vlan et j’ai vu qu’il y avait une librairie-presse à remettre dans les environs. Tout de suite, je me suis dit que c’était pour moi. Je suis allé voir la librairie de Gastuche qui faisait 33m² et je me suis renseigné auprès d’un fiscaliste pour avoir une étude de rentabilité et des projections.

J’ai repris le magasin il y a vingt-et-un ans, le premier septembre 2000 très précisément. Pour gagner de l’espace dans le commerce, je laissais mes boissons dans la voiture pour stocker autre chose à la place comme la papeterie. J’y suis resté deux ans et demi, puis le local à côté était à louer et me permettait de multiplier ma surface par cinq sans doubler le loyer, je n’ai pas hésité longtemps.

Nous avons fait appel à plusieurs sociétés pour refaire le magasin dont Klinkers. Ils n’étaient pas les moins chers, mais leur projet était à mes yeux le plus beau. Nous avons donc rénové le magasin qui mesurait environ 140m². Au début, nous nous demandions ce qu’on allait mettre dedans pour le remplir et en quittant, on ne voyait pas comment on allait pouvoir tout disposer dans le nouveau local !

 

Viser plus grand

Comme je l’expliquais, le bâtiment qui abritait la librairie-presse n’était plus de première jeunesse et nous devions refaire la toiture. Pour ce faire, j’aurais de toute façon dû fermer le temps des travaux. Un peu plus loin au bord de la grand route, il y avait cet ensemble de surfaces commerciales avec un grand parking, je me suis dit que cela pouvait constituer une belle évolution pour mon magasin.

Quand nous avons emménagé ici, le 22 juin 2021, le bâtiment avait seulement quatre ans donc il était pour ainsi dire neuf. Beaucoup de gens m’ont dit que comme je n’allais plus être le long de la route, j’allais perdre une partie de ma clientèle, mais cela ne m’a pas fait peur. Nous nous sommes juste déplacés de cinq cents mètres, nous avons des drapeaux à rue, une pancarte orange avec le nom du magasin et normalement une enseigne Gastu Press est prévue sur le bâtiment. En plus de cela, le vieux bâtiment à l’entrée de la zone commerciale va être détruit l’année prochaine et celui qui prendra sa place sera agrémenté d’un portique qui reprendra les noms des sociétés. Tous ces éléments combinés font qu’en venant de Wavre les gens auront une belle visibilité.

Pour revenir sur les clients, la majorité des habitués sont restés lors du déménagement et comme nous nous sommes rapprochés de l’entrée de Wavre, le bouche à oreille fonctionne plutôt bien. Sans oublier le parking gratuit et la surface commerciale à proximité qui contribuent au fait que les habitants des environs ne craignent pas de se déplacer.

Je pense que mon heure d’ouverture constitue un autre avantage. Nous sommes ouverts de 5h à 18h en continu du lundi au vendredi et de 5h à 14h le samedi (à la base l’horaire du samedi était différent, mais pendant la crise du COVID-19, j’ai décidé d’ouvrir jusque 14h et quand on a recommencé à l’horaire plein, les clients avaient pris l’habitude de venir plus tôt, donc nous l’avons gardé). Il arrive fréquemment que des élèves qui se rendent à l’école à Wavre passent chez moi avant les cours car il leur manque du matériel.

 

Travail d’équipe

Quand nous sommes arrivés dans l’emplacement actuel, nous avons dû faire quelques travaux pour avoir l’intérieur que nous voulions. Par exemple, nous avons abattu un mur parallèle à la façade qui n’avait plus lieu d’être et, au fond du magasin, nous avons construit une cloison pour créer une réserve à part.

Comme ce fut le cas pour mes premiers travaux, j’ai de nouveau fait appel à la société Klinkers. Elle m’a proposé un projet que j’ai un peu retravaillé pour mettre ma petite touche. Cela m’a aussi permis de mettre six mètres de gondoles double-face en plus. Tous mes meubles sont sur roulettes donc c’est facilement modulable.

Au vu de la taille du magasin et de l’afflux de clients certains jours (ndlr : en moyenne 400 clients journaliers), nous avons trois caisses et deux machines de la Loterie nationale. Nous travaillons à trois le matin (avec mon épouse et une employée) et à deux l’après-midi, ce qui nous permet facilement de jongler entre les différentes caisses. C’est la première année que nous en avons autant et je pense que cela nous sera fort utile en fin d’année ou même lors d’un vendredi treize !

 

Le livre avant tout

Notre produit phare est clairement le livre. Dès que nous avons repris la première librairie-presse, nous l’avons développé avec AMP livres et Didier Berger, sur deux mètres de gondole. Malgré l’arrivée d’un nouveau programme informatique chez eux qui a mis à mal le livre (jusqu’à son abandon), nous avons ouvert des comptes chez les différents distributeurs de livres belges, ce qui nous a permis de continuer à proposer ce produit et même de nous lancer à fond dedans.

Aujourd’hui, le livre représente plus ou moins 40% de mon magasin, c’est vous dire à quel point il fonctionne chez nous ! Même pendant la crise, c’était clairement le produit qui a le mieux tourné. Un de ses gros avantages, c’est évidemment de bénéficier d’un droit de retour.

Quand on a commencé, nous ne savions pas trop ce qui allait tourner, donc j’ai fait confiance aux délégués. Maintenant, nous avons évolué selon les demandes et surtout nous avons travaillé les familles qui fonctionnaient pour les faire évoluer. Actuellement, nous sommes arrivés à un assortiment complet : livres d'histoire, romans, bouquins de science-fiction, mangas, bandes-dessinées, etc. Comme nous bénéficions de beaucoup de place, nous arrivons à faire tourner toutes les familles plus que correctement.

D’ailleurs, je pense que le livre c’est l’avenir. J’ai l’impression que le livre numérique et la presse digitale commencent à stagner tout doucement. Toujours avoir les yeux rivés sur une tablette n’est quand même pas très bon pour la santé. Certes, il faudra quelques années parce que la presse numérique a fait un bond en avant incroyable en peu de temps, mais je pense que d’ici cinq ou six ans, la presse papier va revenir en grâce. C’est pour cela qu’il est important pour nous de garder notre coin journaux et magazines, qui se maintiennent.

 

Importante papeterie

Mon autre cheval de bataille, c’est la papeterie. C’est aussi un produit que nous avons commencé à travailler dans notre première librairie-presse et qui représente un peu plus de 25% du magasin actuel.

Notre choix a été de ne pas proposer des produits de bon marché comme le font les grandes surfaces. Nous avons préféré travailler les grosses marques et, une fois que vous le faites, il ne faut pas les mélanger avec des produits de moins bonne qualité, sinon les clients vont s’y perdre. Au début, ils allaient acheter les produits d’appel dans les grandes surfaces, puis ils revenaient chez nous pour les classeurs et cahiers de qualité par la suite car ce qu’ils avaient acheté dans un premier temps n’avait pas tenu le coup. Maintenant, ils viennent chez nous directement pour trouver de la qualité et ils sont satisfaits !

Nous possédons un meuble « écriture » qui reprend les grandes marques comme Stabilo ou Pilot. J’y tenais vraiment beaucoup, car la papeterie attire tout de suite l’œil quand elle est disposée dans des meubles adaptés. Jusqu’à présent, mon chiffre d’affaires me prouve que c’était le bon choix.

 

Carterie et produits d’appel

Nous travaillons la carterie depuis toujours. Nous avons six mètres de cartes avec sept ou huit tourniquets et deux mètres de meuble. Cela fonctionne très bien aussi et je fais plus du double du chiffre d’affaires par rapport à quand mon magasin était de l’autre côté.

Nous avions déjà pas mal de carterie, mais les tourniquets étaient un peu éparpillés dans le magasin alors qu’ici ils forment un bloc donc cela rend mieux. Je travaille en exclusivité avec Hallmark et un tout nouveau stock. Je travaillais déjà avec eux avant donc ils m’ont repris mon ancien stock et tout rempli. C’est du compte ferme, mais ils reprennent tout ce qui est saisonnier.

En plus de cela, nous proposons évidemment les différents produits d’appel que sont la presse, le tabac, les jeux de hasard (Loterie et une borne de paris sportifs), la confiserie et un peu de boissons. Nous ne travaillons actuellement pas les colis, car il faut beaucoup d’espace et j’ai vu des collègues être surchargés de colis pendant la crise du COVID-19. Je pense que si je me lance là-dedans, il me faut quelqu’un dédié aux colis à plein temps, ainsi qu’un espace alloué. Ce n’est pas dans les priorités actuelles, mais la porte n’est jamais fermée car vous ne pouvez pas uniquement travailler les familles à gros rendements, on a besoin des produits d’appel.

 

Du beau livre pour Noël

Pour les fêtes de fin d’année, nous avons prévu de rentrer le beau livre donc un peu plus « haut de gamme » ou plus spécifiques en termes de thèmes comme la cuisine, les voitures, le voyage, etc. Pendant l’année, nous proposons déjà ces titres, mais uniquement via des commandes des clients. Ce sera donc l’occasion de les faire découvrir directement en magasin.

Bien évidemment, nous allons décorer notre librairie-presse et proposer les traditionnelles pochettes et sapins de la Loterie Nationale. Je vais aussi essayer de mettre en place une grosse cagnotte au Lotto et à l’EuroMillions. Quand nous étions dans notre ancien magasin, cela n’avait jamais intéressé les clients car ceux qui veulent jouer gros préfèrent jouer tout seul, mais j’ai envie de réessayer.

 

Un JLP médiatique

Nous avons participé au Jour du Libraire Presse et donnions un Subito à un euro à tous les clients majeurs plus les petits goodies habituels.

Cette année, Vers l’Avenir et RTL sont venus faire un reportage sur notre librairie-presse. Grâce au journal, j’ai vu beaucoup de monde, dont des clients que nous n’avions plus vus depuis un petit moment. Par exemple des gens qui n’étaient plus venus chez nous depuis le déménagement et qui sont passés nous dire bonjour.

L’article est paru le vendredi 22 octobre, celui qui a suivi le gain de l’EuroMillions, et nous avons mieux travaillé ce jour-là qu’une semaine avant ! Tout cela « juste » avec un article dans la presse papier, vous voyez qu’elle a encore de l’avenir !

 

Article rédigé par Colin Charlier dans le cadre du Prodipresse Mag n°107 de novembre 2021.

Prodipresse vous informe

 02/11/2021

Le 23 octobre dernier avait lieu le Jour du Libraire Presse édition 2021. Une fois de plus, cette journée de fête nous a permis de mettre en avant la diversité et la qualité de services qui font la force de notre réseau. Mais pour arriver au résultat final, l’équipe de Prodipresse doit être sur le pont plusieurs mois à l’avance.

Avec cet article, nous vous invitons à découvrir les grandes étapes de la préparation du JLP 2021 !

 

Dorian passe à l’action

Dès le mois de juin, Dorian contacte les différents partenaires du réseau afin d'inscrire les participants à ce jour de fête et définir ensemble les goodies qui feront partie des packs.

 

Les méninges s’activent

C’est à la même période, soit entre trois et quatre mois avant l’événement, que toute l’équipe de Prodipresse se réunit avec Patrice, notre graphiste, pour réfléchir au thème de cette année, ainsi qu’au visuel des affiches et flyers. Cette fois, nous avons voulu mettre l’accent sur l'étendue de l'offre de conseils, réservations, commandes et autres services offerts par le réseau des libraires-presse à ses clients.

 

David prend la route

Petit bond dans le temps jusqu’à la rentrée scolaire et le mois de septembre. C’est à ce moment-là que David se rend chez les partenaires ayant confirmé leur participation afin de récolter les fameux goodies.

Rassemblés dans un garage (cette année mis à notre disposition par Michael Beuel, président de Bruxelles-Capitale pour Prodipresse), les gadgets serviront plus tard à confectionner les packs pour les libraires-presse participants.

 

www.jourdulibrairepresse.be

Toujours en septembre, plus ou moins un mois avant le 23 octobre, le site internet est mis en ligne.

Créé et mis à jour chaque année par Colin, il reprend toutes les informations relatives au Jour du Libraire Presse 2021, une carte des magasins participants avec leurs coordonnées et permet aux points de vente qui le souhaitent de s’inscrire.

 

Un samedi matin chez AMP

Une semaine avant le jour J, le samedi 16 octobre, toute l’équipe de Prodipresse a rendez-vous à Jumet, chez les AMP.

Pour quelle raison ? La confection des packs de goodies bien sûr ! Aidés par Éric, Thomas et David, trois employés des AMP venus nous prêter main forte, notre équipe et des bénévoles ont remplis trois bacs de presse par participant. Dans ceux-ci, les gadgets et les flyers pour prévenir les clients de ce jour de fête.

 

Un colis pour vous !

Deux jours plus tard, le lundi 18 octobre, les points de vente participants reçoivent les packs via les camions de livraison AMP.

 

Couverture médiatique

Cette même semaine, Prodipresse et plusieurs libraires-presse sont contactés par les médias radio, télé et presse papier. Ainsi, RTL (télévision et radio) et les quotidiens des Éditions L’Avenir offrent une belle couverture médiatique au Jour du Libraire Presse 2021. De quoi ramener davantage de clients dans les points de vente le samedi.

 

C’est le grand jour !

Samedi 23 octobre : Jour du Libraire Presse 2021. Voici enfin l’aboutissement de tous ces mois de préparation, d'échanges avec les partenaires, de camionnette remplie de cartons de goodies, ou encore de conception de visuels qui se clôture par une belle journée de rencontres et de fête avec vos clients !

 

Que retenir de cette édition ?

Au moment de faire le bilan de cette édition 2021, Prodipresse souhaite remercier tous les libraires-presse qui ont, à leur manière, participé au Jour du Libraire Presse. Merci aussi aux différents partenaires de cet événement pour leur soutien.

Le JLP 2021, c’était :

  • 3.500 affiches envoyées via le Prodipresse Magazine et vos bacs de presse afin de prévenir vos clients.
  • 125.000 flyers distribués aux points de vente participants via les packs de goodies.
  • 185 libraires-presse inscrits qui ont reçu des gadgets.
  • 4 permanents de Prodipresse sur le front pour préparer cette journée spéciale.

En interne, notre équipe est déjà en train de plancher sur la prochaine édition afin de vous proposer des nouveautés pour l'année prochaine. Car, comme vous l’avez vu, un tel projet ne se prépare pas la veille. Nous espérons donc avoir de belles surprises à vous présenter en 2022 pour continuer de dynamiser cet événement qui approche lentement mais sûrement de sa trentième édition !

 

Article rédigé par Colin Charlier et Dorian Zaj dans le cadre du Prodipresse Mag n°107 de novembre 2021.

Prodipresse vous informe

 16/07/2021

En cas d'inondation et/ou de sinistre de votre librairie-presse, vous trouverez ci-dessous la liste des différentes procédures à suivre auprès des partenaires du réseau.

Le premier réflexe est de contacter votre compagnie d’assurances et d'accumuler les preuves des dégâts (photos, factures…). Ces preuves pourront vous servir pour obtenir d’autres aides !

 

Dernières mises à jour :

Containers pour les indépendants et entreprises

Un marché a été lancé afin de permettre aux communes sinistrées de disposer de containers adaptés pour pouvoir rapidement relocaliser indépendants et commerçants sinistrés. Le besoin maximal est évalué à environ 750 containers pour une période de 3 mois. Un budget de 3,6 millions € a été mobilisé. Une évaluation aura lieu fin août afin d’analyser la pertinence du renfort ou de l’adaptation du dispositif.

Pour en savoir plus et en bénéficier, nous vous invitons à vous renseigner auprès de votre commune.

 

Fonds wallon des calamités

Le fonds wallon des calamité peut intervenir pour indemniser les particuliers et entreprises de dégâts à des biens normalement non-assurables. Les compagnies d’assurance indemnisent en effet la plupart des sinistres “ordinaires” (via l’assurance-incendie, l’omnium pour les véhicules de moins de 5 ans,…).

Ce sont les autorités communales qui introduisent une demande de reconnaissance de calamité auprès des instances régionales.

Une fois la calamité reconnue (via publication au Moniteur belge), le propriétaire du bien endommagé a jusqu’à 3 mois pour adresser sa demande d’aide à la réparation au Service Régional des Calamités. Les formulaires sont disponibles auprès de votre administration communale ou en ligne.

Seuls les biens suivants pourront être indemnisés, que la personne ait ou non souscrit une police d’assurance :

  • les biens qui ne sont pas des risques simples (les biens immeubles extérieurs tels qu’un mur de soutènement, un abri de jardin fixé sur une chape en béton, une terrasse carrelée, etc. et certains biens meubles extérieurs tels que les meubles de jardin, une tondeuse, des outils de jardinage, etc.) ;
  • Les véhicules automoteurs d’usage courant et familial d’au moins 5 ans pour autant qu’ils ne soient pas couverts par une mini omnium ou une omnium ;
  • les récoltes non engrangées ;
  • les cheptels vifs hors bâtiment ;
  • les sols ;
  • les cultures ;
  • les peuplements forestiers.

 

Le fonds wallon des calamités n’intervient pas lorsque les biens endommagés appartiennent à des personnes morales ET qu’ils pouvaient être couverts par un contrat d’assurance. Il peut intervenir pour indemniser les particuliers et entreprises victimes de dégâts à des biens normalement non assurables.

Il y a toutefois des exceptions. Cette limitation ne vaut pas pour les personnes qui n’ont pas été en mesure d’assurer leurs biens en raison de leur état de fortune ET qui ont droit au revenu d’intégration sociale ou à une aide équivalente. Elles devront fournir une attestation du CPAS et pourront alors obtenir une aide à la réparation pour le contenu ou le bâtiment.

Retrouvez ici toutes les modalités de cette aide : 

 

Solidarité élargie

La plateforme www.aide-inondations.be permet de connecter les personnes en recherche d’aide avec des personnes proposant leurs services. Cette plateforme est gratuite et recense des besoins et services sur l’ensemble de la Belgique.

 

Pollution aux hydrocarbures

Lors des inondations, des citernes à mazout ont perdu leur contenu et des hydrocarbures se sont parfois répandus dans des espaces publics et des propriétés privées sans qu’il ne soit plus possible de déterminer l’origine des pollutions. Grâce à un soutien régional de 2 millions €, tout citoyen particulier, entreprise ou pouvoir public lésé pourra adresser une demande de prise en charge de cette pollution à sa commune. Il s’agit bien ici des pollutions qui ne sont pas couvertes par les assurances car l’auteur de la pollution ne peut pas être identifié.

 

Mesures de la Société Wallonne des Eaux

La SWDE offre son soutien aux personnes victimes des récentes inondations catastrophiques, en concertation avec les autres fournisseurs de service. La SWDE interviendra à plusieurs niveaux :

  1. Eau gratuite pour le nettoyage et pas de mauvaise surprise en cas d’installation défectueuse : 

Des volumes d’eau importants ont été utilisés pour nettoyer et déblayer les maisons sinistrées. La SWDE fera en sorte qu’ils soient gratuits.

De plus, les inondations ont pu provoquer des incidents sur les installations intérieures privées (boilers, etc.) avec des surconsommations d’eau à la clé. La SWDE ne facturera pas ces volumes excédentaires à ses clients victimes des inondations en ce mois de juillet.

Les sinistrés ne doivent donc entreprendre aucune démarche spécifique pour bénéficier de cette mesure en leur faveur. Seul le relevé d’index annuel devra être transmis à la SWDE, comme c’est déjà le cas.

  1. Remise en service gratuite de la distribution d’eau :

Des raccordements ne sont plus en service ou doivent être mis hors service dans le cadre de la démolition ou de la rénovation des maisons endommagées par les inondations.

Leur remplacement, qui représente en moyenne un coût de 1.500 €, ne sera pas facturé aux clients sinistrés.

  1. Pas de frais de rappel :

La SWDE suspend temporairement les frais de recouvrement (rappel et mise en demeure) pour les factures adressées à ses clients touchés par les inondations. Via le compte client en ligne (www.swde.be) ou sur simple appel, la plus grande flexibilité est offerte pour les délais de paiement.

  1. Mobilisation du Fonds social de l’eau :

La SWDE invite ses clients en difficulté à solliciter le CPAS de leur commune pour pouvoir bénéficier du Fonds social de l’eau pour afin de prendre en charge tant leur facture d’eau que les améliorations techniques sur les installations privées (boilers, etc.).

Pour mémoire, le Fonds social de l’eau, alimenté par les distributeurs, intervient dans le paiement de la facture du consommateur en difficulté́ de paiement, même s’il n’est pas allocataire social.

 

Prêt ricochet relance

Ce prêt permet de constituer, renforcer ou reconstituer du fonds de roulement (en ce compris l’achat de stock) pour votre entreprise.

Pour les indépendants et petites entreprises situés en RW, d’un montant de maximum 100.000€

Pour plus d’informations : https://www.sowalfin.be/financement/pret-ricochet/

 


 

Loterie Nationale

La démarche à suivre pour régler tous les aspects liés à l’exploitation du point de vente (hardware, matériaux publicitaires, billets à gratter) est la suivante : les points de vente impactés sont invités à contacter le Customer Service Desk (0800/94901 (FR)), lequel sera renforcé en effectifs lors des prochains jours, pour signaler l’impact de l’inondation dans leur point de vente.

 

Le Customer Service Desk :

  • Contactera le partenaire externe de la Loterie Nationale pour l’informer de la nécessité d’une intervention et celui-ci contactera à nouveau le point de vente pour planifier l’intervention. Il conviendra d’attendre le moment où les points de ventes seront à nouveau accessibles et où ils auront eu le temps de prendre les premières mesures nécessaires ;
  • Informera les points de ventes qu’en cas de terminal défectueux suite à l’inondation, qu’il convient d’envoyer un mail à veerle.buyens@nationale-loterij.be reprenant les informations suivantes : la date et l’heure du sinistre, le nom du point de vente et le numéro de client ID, ainsi quelques photos qui montrent les dégâts. La Loterie Nationale s’occupera du suivi avec la compagnie d’assurance ;
  • Informera également le Hub auquel le point de vente appartient géographiquement. Un collaborateur du Hub contactera alors le point de vente pour s’informer de l’état des billets à gratter et du matériel BTL structurel. Le Hub s’organisera ensuite pour envoyer quelqu’un sur place dès que possible pour prendre en retour les billets à gratter endommagés et pour (faire) remplacer le matériel BTL défectueux. La Loterie Nationale mettra tout en œuvre pour qu’une nouvelle livraison de billets à gratter soit effectuée (procédure rush si nécessaire). Toutes les livraisons qui sont déjà impactées par l’inaccessibilité des points de vente touchés seront listées et tout sera mis en œuvre pour faire la livraison dès que possible.

 

Tondeur Diffusion

Tondeur peut aider à l’évaluation de la marchandise détruite en vue de solliciter l’assurance de votre point de vente. Sur demande, ils vous communiqueront une liste d’inventaire théorique (c’est-à-dire hors ventes).

Attention : pour que cette liste corresponde à la situation actuelle, il faut que votre demande leur parvienne avant la mise en vente de la semaine prochaine !

Si vous souhaitez suspendre les livraisons, en gardant ou non votre marchandise, il faut également en avertir Tondeur le plus rapidement possible.

 

AMP

Votre sinistre peut être déclaré via Distriweb. Les invendus seront crédités sur base des BIC.

En vue de l’intervention de votre assurance, AMP peut transmettre une liste des titres non retournés suite aux transferts.

Attention : ne pas déclarer à l’assurance et ensuite renvoyer sans quoi l’assurance peut se retourner contre vous.

AMP est disponible pour vos questions et demandes au cas par cas

 

Circus

Contacts :

Toufan par mail à toufan@circus.be ou Youness Nachet par mail à youness.nachet@circus.be

 

Bingoal

Contact :  Jean-Pierre par mail à jean-pierre@bingoal.be

 

Ladbrokes

Contact : Sven Van Hulst par mail à sven.vanhulst@entaingroup.com 

 

Bpost

Pour les Points Poste et les Points colis, des équipes Bpost se rendront sur place pour aider au traitement des paquets.

 

Assurances

FEBRAPEL (la Fédération des Courtiers en assurance) insiste sur l’importance d’effectuer rapidement les démarches pour activer les couvertures assurantielles nécessaires :

  • assurance incendie (indemnise les dommages causés par les inondations)
  • couverture d’assistance
  • assurance chômage commercial
  • assurance perte d’exploitation
  • assurance omnium pour les véhicules inondés…
  1. Vérifiez que vous êtes bien couvert par une assurance incendie-dégâts des eaux (contrat en cours + paiement de votre prime) ;
  2. Prenez des mesures de conservation pour limiter le préjudice. Les frais qui en découlent seront remboursés par votre compagnie s’ils sont raisonnables et justifiés ;
  3. Déclarez votre sinistre rapidement auprès de votre Compagnie d’assurance ou via votre courtier ;
  4. Préparez un dossier complet permettant de justifier vos pertes (listes, factures, photos, devis de réparation..) ;
  5. Programmez une visite de l’expert mandaté par votre compagnie pour lui remettre le dossier justificatif et négociez avec lui le dédommagement. Soyez attentif à ne rien omettre ou laissez le sinistre « ouvert ».

La loi prévoit une indemnisation dans les 30 jours de la signature du PV avec l’expert. Vous pouvez mandater un contre-expert en cas de désaccord sur le montant.

Si vous êtes locataire, notifiez sans tarder le sinistre à votre propriétaire. C’est son assurance qui
remboursera les dégâts à l’habitation (sols, murs, installations de chauffage et d’électricité…). Les
dommages au contenu sont couverts par votre propre police incendie, si vous avez fait assurer le
contenu en même temps que votre responsabilité locative.

 

Caisse d'assurances sociales

  • Vous pouvez introduire une demande de report ou de dispense de cotisations sociales, à
    commencer par la cotisation ici du 3e trimestre 2021. Elle peut être obtenue auprès de votre caisse
    d’assurances sociales, en remplissant dans les prochaines semaines le formulaire ad hoc.
  • Vous pouvez également recevoir une indemnité de droit passerelle pour force majeure. Cette aide a eu toute son utilité durant la crise Covid et a pour but de couvrir la perte de revenu du ménage. Elle est activable en cas d’arrêt de 7 jours des suites d’une catastrophe naturelle, telle une inondation ou de la destruction (ici par l’eau) de l’outil de travail de l’indépendant. C’est aussi auprès de la caisse d’assurances sociales que la demande doit être effectuée (au plus tôt, mais sans problème encore d’ici la fin de l’année). Le montant de l’indemnité est de 322,92 € (403,53 € en cas de charge de famille) par semaine d’interruption complète.

Durée

Avec charge de famille

Sans charge de famille

Entre 7 et 13 jours

403,53 €

322,92 €

Entre 14 et 20 jours

807,05 €

645,84 €

Entre 21 et 27 jours

1.210,58 €

968,77 €

28 jours ou plus

1.614,10 €

1.291,69 €

  • Pour couvrir les travailleurs pour la période d’arrêt de tout ou partie de l’activité de l’entreprise, il y a lieu de se tourner vers le chômage temporaire. Si l’exercice des activités de votre entreprise est impossible en conséquence des conditions climatiques défavorables, vous pouvez demander l’intervention de l’Onem pour vos ouvriers dans le cadre du chômage temporaire intempéries et pour vos employés dans le cadre du chômage temporaire pour force majeure. Plus d’informations via ce lien :

https://www.onem.be/fr/nouveau/chomage-temporaire-attribuable-aux-conditions-meteorologiques-exceptionnellement-mauvaises-inondations

 

Prêt 0% inondations

La Sowalfin lance un prêt d’urgence pour soutenir les entreprises en croissance sinistrées. Il s’agit d’une
avance à titre de préfinancement. Montant max. 50.000€ (max. 75% du montant réclamé par
l’entreprise/ l’indépendant auprès de la compagnie d’assurance ou du Fonds des Calamités), pas de
min.

Pour qui ?

Ce produit s’adresse aux indépendants et PME dont l’activité est impactée par les inondations
exceptionnelles des 14 et 15 juillet 2021 et qui remplissent les conditions suivantes :

  • pour les entreprises de plus de 3 ans : pas en situation de difficulté financière au 31/12/19
    (avant la crise)* ;
  • ne pas être en état de faillite, de cessation d’activités ou de liquidation ;
  • le siège d’exploitation de l’entreprise, impacté directement par les inondations, est situé en
    Région wallonne.

    *Une entreprise est considérée comme en difficultés financières si elle a plus de 3 ans ET que ses fonds
    propres au 31/12/19 sont réduits à moins de la moitié de son capital social souscrit ET qu’elle présente
    une perte de min. ¼ du capital souscrit en 2019.

Durée du prêt

Durée indéterminée (jusqu’à indemnisation par la compagnie d’assurance/le Fonds des Calamités)

Pour plus d’informations : https://www.sowalfin.be/financement/pret-urgence-inondations/

 

Questions administratives et soutien psychologique

Le numéro 1771 a été activé afin de pouvoir répondre à tout un panel de demandes d’accompagnement d’ordre administratif ou psychologique.

 

Zoom libraire

 30/06/2021

Le 1er avril 2021 n’était pas un jour comme les autres pour Benoît Delbrouck puisqu’il fêtait un anniversaire peu banal : celui de ses 30 ans de métier ! Trois décennies durant lesquelles sa librairie-presse aura vu passer les bulletins en papier carbone du Lotto, plusieurs générations de délégués, la fonte de certaines marges ou encore de nombreuses modes éphémères. Fier du chemin parcouru, Benoît compte passer la main à Thibault, son fils, mais pas tout de suite…

 

Joyeux anniversaire !

« Malgré la situation sanitaire actuelle, nous voulions marquer le coup ! Ce n’est pas tous les jours que vous fêtez vos trente ans de carrière. Pour les vingt-cinq ans du commerce, nous avions déjà organisé un petit toast avec les clients et les commerçants du coin. Cette fois, nous avons forcément dû nous limiter tant au niveau des gens présents, uniquement des clients, qu’au niveau des choses prévues.

Devant la librairie-presse, nous avions installé deux tonnelles au cas où le mauvais temps aurait été de la partie, mais heureusement la météo a été clémente avec nous et il faisait beau. Le point de vente était également décoré avec des guirlandes, des ballons, etc.

Plusieurs partenaires avaient répondu présents. C’était le cas de Sudpresse avec le quotidien La Meuse. Nous proposions aux gens de souscrire à un abonnement libraire et de recevoir une télévision comme cadeau de bienvenue. Le journal du jour était bien évidemment offert.

La Loterie Nationale nous avait quant à elle fourni des petits goodies et nous avions mis en place une action sur le Lottery Club avec eux. En plus de cela, nous offrions aux clients un petit brûle-parfum.

De son côté, mon fils m’avait fait une surprise en me faisant cadeau d’une vareuse floquée du nom de la librairie-presse avec le chiffre trente (une du Standard pour lui et d’Anderlecht pour moi) et s’était arrangé avec un des opérateurs de paris sportifs avec qui nous travaillons pour nous faire une belle enseigne.

À cause des règles en vigueur, nous devions avoir une autorisation de la commune ainsi que leur fournir un plan d’entrée et de sortie. Cela a ajouté quelques points d’attention supplémentaire, mais cela n’a pas gâché cette journée pas comme les autres ! »

 

Origines et agrandissement

« À la base, je travaillais comme gérant de la brasserie Le Vieux Haneffe. En 1991, la propriétaire de l’établissement m’a annoncé qu’elle souhaitait le vendre, mais je n’avais pas les moyens pour l’acheter. C’est alors qu’un de mes cousins qui vivait dans le village m’a informé qu’une librairie-presse était à reprendre. Je n’ai pas dû réfléchir trop longtemps avant de me décider et de débarquer dans le métier, c’était le 1er avril 1991.

Au début, le commerce faisait 70 m² et son emplacement était un peu particulier, car il faisait partie d’une galerie d’autres magasins. Au fur et à mesure, nous avons connu plusieurs aménagements du complexe et ma librairie-presse a pu grandir pour atteindre désormais plus ou moins 160m². Je bénéficie également d’une réserve de 50m² pour entreposer les stocks et les colis.

Un autre grand changement fut le déplacement de l’entrée principale de la galerie. Sur papier, cela n’a l’air de rien mais, dans les faits, le flux de clients ne vient plus de la même façon. Heureusement, j’ai eu l’autorisation de créer une autre entrée face à la rue.

Parmi les autres commerces, certains ne sont plus là actuellement, car ils ont dû fermer et ont été repris par d’autres enseignes. Parfois, cela impacte directement ma librairie-presse, comme avec l’ouverture d’un supermarché juste à côté qui, il est vrai, amène une nouvelle clientèle, mais a aussi fait diminuer mes ventes de boissons et de confiseries, car son prix est plus attractif que le mien.

Dans les environs, nous avions d’ailleurs un bureau de pointage et les gens passaient ici tous les jours pour acheter un journal ou un paquet de cigarettes. Cela a ensuite été espacé à une fois par semaine, puis une fois par mois et maintenant ils ne viennent plus du tout. Vous pouvez avoir le meilleur magasin, vous êtes toujours soumis à des facteurs extérieurs totalement indépendants.

Cependant, je ne pense pas que nous connaitrons le même sort que ces malheureux voisins. Je me rappelle quand il y a eu un gros chantier pour placer les égouts dans la rue. Cela a duré trois mois et plus aucune voiture ne savait passer jusqu’à la librairie-presse. Eh bien les clients venaient avec des bottes ! Les plus fidèles ne nous ont pas lâchés et je me suis dit que si je survivais à ça, il faudrait un tremblement de terre pour nous mettre au sol. »

 

Un client venait jouer au Lotto chez moi et me disait toujours qu’un jour il gagnerait dans ma librairie-presse. Il a fini par avoir raison puisqu’il a remporté 30.000 euros au Joker. Et il a tenu parole en nous offrant 500 euros chacun à mon employé de l’époque et moi !

 

Travailler accompagné

« Bien évidemment, la vie de libraire-presse n’est pas simple. Pour moi, un libraire-presse seul ne tient pas plus de cinq ans à un rythme de plus de douze heures par jour, six jours sur sept chaque semaine.

Dès le départ, mon père m’a aidé dans le point de vente et une employée venait tous les après-midis. Quand cette dame est arrivée à l’âge de la pension, nous avons engagé des étudiants. Je n’ai jamais travaillé entièrement seul. Physiquement et moralement, c’est très dur. Il faut pouvoir décompresser, aller faire ses courses, partir en vacances. J’ai eu la chance d’avoir deux bons étudiants qui sont arrivés à seize ans et restés au moins cinq ans les samedis, le mercredi après-midi, les vacances, etc. On pouvait leur faire confiance.

Encore aujourd’hui si j’ai besoin d’un dépannage urgent et qu’ils sont libres, ils sont disposés à me donner un coup de main. J’ai aussi eu des stagiaires en vente de l’IFAPME, mais je suis plus mitigé par rapport à cette expérience. Dans notre métier, la motivation fait beaucoup et elle n’est pas toujours évidente à avoir pour ceux qui ne savent pas trop dans quoi ils s’engagent. »

 

Évolutions et tendances

« En trente ans, le métier a connu son lot de petites et de grandes révolutions. Par exemple, j’ai connu le Lotto avec des bulletins en papier carbone. Vous deviez remplir la grille à la main et malheur à vous si vous vous trompiez, car il fallait alors tout recommencer de zéro. Finalement, ce système a été un remplacé par l’arrivée des machines du Lotto, c’était une grande évolution.

D’un point de vue moins positif, j’ai en effet constaté une baisse de la vente des journaux, notamment à cause d’internet. De plus en plus de gens, jeunes comme adultes, regardent directement les informations sur leur smartphone.

Sans oublier la diminution de certaines marges, comme sur les produits du tabac ou la fameuse histoire des frais de Bancontact. Quand quelqu’un venait vous acheter un timbre à la pièce et voulait payer avec sa carte bancaire, vous perdez de l’argent. C’est tout de même invraisemblable !

Aujourd’hui, les gens veulent tout, tout de suite. Si leur enfant doit lire un livre pour l’école, ses parents débarquent bien souvent trois jours avant la date butoir pour demander si vous l’avez, car ils ne l’ont pas trouvé sur Amazon. C’est dommage de se dire que leur premier réflexe est d’aller voir en ligne alors que s’ils s’y étaient pris à temps, j’aurais pu leur obtenir sans soucis.

Nous avons aussi connu des modes éphémères du style de celle des hand spinners. C’était une véritable folie, les gens étaient prêts à faire des kilomètres pour en trouver et il y en avait chez le boulanger, le marchand de légumes, etc. Dans le coin, une dame en avait même commandé sur internet et en vendait à la sortie de l’école deux fois moins cher que dans les commerces.

Sinon, nous avons vu passer pas mal de délégués. Nous entretenons d’ailleurs de très bons rapports avec eux, quel que soit le fournisseur. C’est cocasse de se dire qu’on en voit défiler un certain nombre en trente ans. Soit parce que la société disparaît, soit ils prennent leur pension ou évoluent au sein de l’entreprise.

Ces changements évolutifs concernent aussi notre réseau puisque nous étions plusieurs librairies-presse dans le coin, mais ma collègue avait arrêté donc sa clientèle était venue ici en grande partie. Depuis lors, une autre personne a ouvert un point de vente de l’autre côté du village et ceux qui vivaient près de chez elle sont repartis là-bas. »

 

Dans l’histoire de ma librairie-presse, le gros problème que j’ai rencontré reste les vols de nuits. Sur les trente ans, j’en ai connu une dizaine et j’ai même été braqué avec une arme. La fois la plus récente, je suis arrivé pour l’ouverture de mon point de vente et les voleurs démarraient en voiture. Dans ces cas-là, vous ne savez pas comment réagir. Cela fait malheureusement partie de l’expérience, mais psychologiquement ce n’est pas évident.

 

La presse, cœur du métier

« Les grandes transformations qui m’ont permis d’agrandir mon commerce constituent un moment important pour ma librairie-presse, car j’en ai profité pour ajouter quatre mètres de linéaires presse afin de compléter le contour d’une partie du magasin.

Je pense que nous devons avoir presque cent-vingt mètres de linéaires développés, ce qui représente une énorme quantité de titres différents. Et qui dit beaucoup de magazines dit évidemment grosse gestion des quantités. Oui, nous proposons énormément de titres différents, mais nous n’avons pas trente exemplaires de chaque.

Il faut arriver à un certain équilibre et à gérer à la perfection ses demandes de retour pour ne pas avoir des numéros qui vont rester trois mois en magasin si on sait pertinemment bien qu’on ne va en vendre qu’un ou deux. Cette offre presse fait clairement notre force, car les gens viennent d’ici et de plus loin parce qu’ils savent qu’ils vont trouver ce qu’ils cherchent. Rien que sur l’entité de Saint Georges, nous devons être sept.

La libéralisation de l’autorisation du commerce de presse un peu partout a généré une augmentation des points presse et donc a diminué la quantité de vente. C’est un peu comme le Lotto maintenant, ils posent des machines où ils peuvent. Et après quand tu fais tes courses au supermarché, tu vois des clients acheter un Ciné Télé Revue et tu ressens un petit pincement au cœur. »

 

Se diversifier au fil des années

« En plus des produits qui sont des piliers des librairies-presse, nous avons proposé des jouets et de la papeterie assez vite. Forcément, comme une enseigne Club est arrivée dans le zoning non loin, suivie d’un Action, cela impacte nos ventes. On sent que pour la rentrée scolaire, les gens font le gros de leurs achats en grandes surfaces dès le mois de juin. Mais à cette période-là, nous sommes plutôt en train de préparer le 15 août que la rentrée. Nous vendons davantage pour les examens de juin quand les parents refont le plumier pour avoir tout le matériel.

Les paris sportifs font aussi partie de notre offre. Nous avions commencé avec Stanleybet puis Scooore. En 2010, la Coupe du Monde avait bien fonctionné et les paris sportifs avaient pris une grande ampleur. Assez paradoxalement, c’était l’époque où tu devais entrer les matchs et les paris sportifs toi-même avant de les imprimer, donc cela prenait un certain temps.

J’ai essayé de développer le livre avec les BD, les livres de poche et les best-sellers. Nous avons pu créer un espace dédié pour les mettre en valeur. Malheureusement, l’affaire Caravelle m’a fait mal et nous avons perdu plusieurs milliers d’euros d’invendus chez eux, mais nous continuons de travailler ce produit.

Parmi nos autres services, nous proposons des colis, des articles cadeaux, des bougies, bijoux, parfums, accessoires, livres, cartes de vœux, des photocopies et nous servons aussi de dépôt pour du nettoyage à sec et de la cordonnerie.

Cependant, nous avons conscience que le temps se fait de plus en plus rare et que le nombre de produits différents ne fait qu’augmenter. Chaque fois qu’un représentant vient vous présenter une opportunité, il faut bien peser le pour et le contre car vous allez devoir investir sans trop savoir si cela va fonctionner. »

 

Pendant le confinement, nous avons songé à mettre sur place un système à emporter si nous ne pouvions pas ouvrir. Nous avions même commencé des démarches auprès du bourgmestre pour au moins permettre aux gens qui en avaient besoin de venir recharger leur compteur à budget le fameux samedi où nous avons tous dû fermer.

 

Générer du passage avec le colis

« Les colis restent un grand sujet de discussion. Pour mon point de vente, je dirai que nous recevons plus de deux cents colis par jour. Croquettes pour animaux, télévision ou bidons d’huile, il y a vraiment de tout, et le succès de Vinted pour les vêtements de seconde main a clairement joué un rôle dans cette augmentation des paquets.

Le vrai atout des colis, c’est qu’ils génèrent du passage et attirent des clients du coin mais aussi de plus loin. Ils contribuent à la visibilité de ton point de vente et cela te fait de la publicité. Malgré tout, cela demande aussi pas mal de travail. Tu dois les réceptionner, les scanner, les entreposer, etc.

Avant, le lundi après-midi était plus calme et tu pouvais passer tes commandes, mais désormais tu as les gens qui viennent déposer leurs colis, les chercher ou te demander si tel paquet est assez grand.
Mais rien que pour le passage qu’ils t’amènent, cela reste un produit intéressant à travailler. Sans oublier qu’ils peuvent déboucher sur des ventes supplémentaires. »

 

Héritage et passation de pouvoir

« Physiquement, je commence à accuser le coup. Quand tu regardes en arrière, tu te dis que trente ans ce n’est tout de même pas rien. Mais bon tant que la santé me le permet, je serai là.

Et puis, pour le futur, Thibault, mon fils, est motivé à l’idée de reprendre la librairie-presse. Cela fait deux ans qu’il travaille avec moi et que je lui apprends les ficelles du métier.

Ce n’est pas facile de laisser la main, donc le flambeau est transmis petit à petit. Je pense que même quand je serai retraité, je ne serai jamais très loin pour lui donner un coup de main. Le magasin est trop grand pour une seule personne.

C’est chouette et un peu inquiétant à la fois de voir les différentes idées et concepts qu’il aimerait développer pour l’avenir. Le plus important c’est qu’il soit conscient qu’on ne révolutionne pas un commerce du jour au lendemain, il faut un changement progressif et linéaire. Le concept de la librairie-presse, tu ne vas pas le changer mais tu dois surfer sur la vague de produits éphémères donc tu dois te réinventer perpétuellement.

D’ailleurs ceux qui pensent que c’est facile se mettent un sacré doigt dans l’œil. Parfois, les gens qui cherchent leur voie, voient notre métier comme un créneau super simple, mais ils se cassent vite les dents car ils l’ont sous-estimé. »

 

Interview réalisée par Colin Charlier dans le cadre du Prodipresse Mag n°104 (Juin/Juillet 2021)

Prodipresse vous informe

 24/06/2021

Une idée pas si farfelue que cela puisque début 2022, vous pourrez ouvrir un compte bancaire traditionnel, déposer et retirer de l’argent directement chez votre libraire-presse !

Grâce à Nickel, le réseau des libraires-presse sera en effet en mesure de vous proposer le meilleur du digital et du physique en mettant à votre disposition un service bancaire proche de chez vous, dans une agence locale ouverte six jours sur sept et bénéficiant d’un horaire élargi. Et le tout, de manière instantanée.

 

Qu’est-ce que Nickel ?

Nickel, c'est la possibilité pour tous les clients et sans discrimination, d'obtenir un compte, une carte et un IBAN de façon hyper simple. Lancé chez les buralistes français en 2014, Nickel est un véritable succès populaire et compte plus de 6.100 buralistes partenaires ainsi que 2 millions de clients.

Sept ans plus tard, cette offre arrive donc en Belgique et vous permettra de bénéficier d’un nouveau service chez votre libraire-presse.

Vous nous faites déjà confiance pour le reste, alors pourquoi pas pour votre compte bancaire ?

 

Articles sur le sujet (accès réservé aux abonnés) :

  • La Libre (cliquez ici)
  • Le Soir (cliquez ici)
  • Trends Tendances (cliquez ici)
  • L’Écho (cliquez ici)
  • La DH (cliquez ici)