L'avis de ProDiPresse

 31/08/2018

Depuis le 9 août 2018, les commerçants ne peuvent plus facturer de coûts supplémentaires lors d’un paiement électronique. Cette interdiction avait été annoncée en février 2018, lorsque le gouvernement devait transposer la directive européenne interdisant la répercussion des frais pour les paiements électroniques dans le droit belge. La Belgique était l’un des derniers pays où des frais supplémentaires étaient encore demandés en cas de paiements électroniques.

En tant qu’organisation professionnelle représentant le réseau des libraires/presse indépendants francophones, secteur directement touché par cette problématique, Prodipresse souhaitait réagir par rapport à cette interdiction.

D’un point de vue légal, comme précisé en introduction de cet article, il s’agit de la transposition de la directive européenne dans le droit belge. À ce niveau-là, il n’y a pas grand-chose à faire ni à réclamer si ce n’est le manque d’attention de nos commissaires européens sur une problématique touchant notre commerce de proximité.

Prodipresse comprend que l’utilisation et l’entretien des appareils de paiements électroniques aient un coût et ne le conteste nullement. En revanche, notre organisation s’étonne que les organismes financiers puissent encore prendre des frais sur un retrait en liquide par carte de crédit par exemple. Dès lors, Prodipresse estime qu’il y aurait deux poids et deux mesures au niveau d’une transaction électronique.

Ce sont les commerçants qui doivent payer le surcoût généré par l’utilisation d’un terminal de paiements électroniques. Après une étude auprès du réseau, un coût moyen a été calculé et est estimé à 0,13 € par transaction. Ces coûts sont impossibles à répercuter sur la vente d’autres produits puisque 80% des ventes dans une librairie/presse sont des prix imposés (tabac, jeux, presse). À cela s’ajoute une faible marge sur les plus gros secteurs (tabac, jeux).

L’objectif poursuivi par cette transposition d’une loi européenne (favoriser le paiement électronique) est raté. Le commerçant pouvant décider de refuser d’accepter des paiements électroniques en dessous d’un certain montant. Il n’est plus possible d’accepter que les clients paient des petits montants par carte, sous peine de perdre de l’argent (voir les exemples repris sur l'affiche téléchargeable ci-dessous). Sans compter les produits comme les cartes de bus, les timbres ou encore les sacs poubelles qui se vendent à perte en cas de paiement par carte puisque se sont des services offerts à nos clients.

De son côté, Prodipresse sensibilise les clients des librairies/presse via son affiche mettant en avant le réel coût des appareils de paiements électroniques pour les commerçants et va travailler sur le sujet dans le prochain mémorandum politique afin de sensibiliser le monde politique à cette problématique et à rétablir un juste équilibre dans les mesures prises.

 

Pour télécharger l'affiche mentionnée, cliquez ici

 

« Prodipresse est une association qui a pour objet de développer le professionnalisme du réseau de vente, de pérenniser le réseau de vente de proximité, d’accompagner les mutations commerciales et sociétales, et de défendre les intérêts de leurs membres. Prodipresse a pour but d'informer, de communiquer, de dispenser des formations et de mettre en place un label de spécialiste presse, d'inventorier, de cartographier et de mettre en place des outils permettant de rendre la presse accessible au plus grand nombre, de faire un travail de veille économique, d’identifier les enjeux pour la profession (site web collectif, coopérative), de négocier et de représenter le réseau des diffuseurs de presse auprès du monde professionnel dans sa branche d'activité et effectuer un travail de lobbying auprès des différents acteurs économiques, politiques et sociaux. »

L'avis de ProDiPresse

 29/08/2018

Le 22 août dernier, l'Union Professionnelle des Agences de Paris a publié un communiqué de presse dans lequel elle annonce être en faveur d'une interdiction des paris sur les compétitions sportives de jeunes (mineurs d’âge) :

Les membres de l’UPAP ont pris connaissance avec grand intérêt de la proposition de loi qui sera déposée prochainement par Madame la députée fédérale Els Van Hoof (CD&V) visant à interdire totalement les paris sur les compétitions de jeunes de moins de 18 ans; elle l’introduira à la rentrée parlementaire et aurait déjà reçu l’appui du Ministre de la Justice Koen Geens (CD&V).

L’UPAP, qui représente un réseau de quelque 335 agences de paris, s’accorde pleinement avec les objectifs de la proposition de loi et est prête à apporter son total soutien à sa mise en œuvre. Selon le Président de l’UPAP, Yannik Bellefroid, la proposition de loi peut contribuer alors à la réalisation des objectifs poursuivis par l’Union Professionnelle des Agences de Paris : « en interdisant ces formes de paris, le législateur va attaquer en même temps 4 maux : celui des paris sur les compétitions de jeunes (de moins de 18 ans), la tentation du match fixing, l’incitation de faire jouer des jeunes avant l’âge de 18 ans et la lutte contre les bookmakers clandestins (qu’ils soient actifs sur internet ou pas); c’est donc un texte légal important que l’UPAP cautionne entièrement ».

Aujourd’hui, les membres de l’UPAP ne mettent pas ces offres en exergue (pour autant qu’elles existent) et en tout état de cause, cette offre est marginale ; mais vu cette actualité, l’Union Professionnelle a diligenté une enquête auprès de ses membres afin de corriger les éventuelles offres et de les exclure définitivement au sein de son organisation.

L’UPAP le confirme volontiers, elle est pour la canalisation des joueurs au sein d’une offre légale, c’est-à-dire la création et l’encadrement d’un secteur légal des jeux de hasard, au sein desquels les joueurs peuvent se divertir tout en bénéficiant des mesures de protection mises en place par le législateur et par les opérateurs.

En conclusion, l’UPAP souhaiterait autant que possible être associée aux discussions et auditions relatives au secteur.

 

En tant que représentante des libraires/presse indépendants francophones de Belgique, Prodipresse est en faveur d’un cadre clair ainsi que d’une offre légale et respectueuse. Prodipresse soutient donc cette proposition de loi qui vise à interdire les paris sur des compétitions sportives de mineurs d'âge. 

 

« Prodipresse est une association qui a pour objet de développer le professionnalisme du réseau de vente, de pérenniser le réseau de vente de proximité, d’accompagner les mutations commerciales et sociétales, et de défendre les intérêts de leurs membres. Prodipresse a pour but d'informer, de communiquer, de dispenser des formations et de mettre en place un label de spécialiste presse, d'inventorier, de cartographier et de mettre en place des outils permettant de rendre la presse accessible au plus grand nombre, de faire un travail de veille économique, d’identifier les enjeux pour la profession (site web collectif, coopérative), de négocier et de représenter le réseau des diffuseurs de presse auprès du monde professionnel dans sa branche d'activité et effectuer un travail de lobbying auprès des différents acteurs économiques, politiques et sociaux. »

Zoom libraire

 15/08/2018

Les derniers enfants ont rejoint leur classe et Marc BAREK peut un peu souffler : être situé à proximité de quatre écoles ce n’est pas de tout repos. Pourtant, ce libraire/presse bruxellois préfère tirer le positif de chaque situation. D’ailleurs dans son magasin il ne travaille pas, il s’amuse ! C’est virevoltant d’un client à l’autre, tantôt en français, parfois en néerlandais ou encore en arabe, qu’il tient sa librairie/presse depuis dix-sept ans. Et ce, toujours dans la bonne humeur et la zen attitude.

 

Bonjour Marc, comment êtes-vous devenu libraire/presse ?

Marc BAREK : Bonjour Colin, à la base j’étais complètement parti dans autre chose puisque j’ai fait des études de technicien. Puis, en sortant des études, j’ai commencé à restaurer des meubles anciens. Cela me plaisait énormément, mais après vingt-quatre ans, j’ai eu envie d’autre chose. J’ai alors décidé de reprendre une librairie/presse en 2001. Je voyais cela un peu comme un challenge.

Bien sûr, j’ai commencé par suivre des cours de gestion pendant un an et durant les trois premières années, je n’ai pas touché le moindre salaire. Les débuts étaient difficiles donc j’ai préféré tout réinvestir dans le magasin.

 

Parlons un peu de votre librairie/presse : on sent qu’elle a un esprit bien à elle.

Marc BAREK : Tout à fait, j’irai même plus loin en affirmant que c’est une vieille librairie/presse qui a une âme.  Quand vous entrez pour la première fois, vous êtes tout de suite frappé par l’odeur de bonbons qu’il y flotte !

C’est une librairie/presse de quartier et pas de centre-ville et j’ai voulu garder cet aspect. Bien sûr, j’ai effectué quelques petites transformations.

Par exemple, j’ai tout repeint dans des tons plus clairs. Et ce, tout en travaillant.

 

Vous parliez des bonbons, avez-vous développé certains produits en fonction de votre clientèle ?

Marc BAREK : Bien sûr ! L’ancienne propriétaire vendait surtout beaucoup de magazines, mais aujourd’hui, avec la perte de la presse j’ai adapté les produits que je vends. Je propose toujours des journaux et magazines avant tout pour dépanner les clients. Mais soyons honnêtes, je gagne plus sur les cigarettes et les bonbons.

J’ai donc décidé de développer mon offre de bonbons, car je me trouve à proximité de quatre écoles et il y a des arrêts de bus sur le même trottoir que moi. Les enfants passent donc très souvent dans mon magasin. C’est également pour cela que vous voyez que je propose beaucoup de jouets pour les enfants : des ballons, des pistolets à eau, etc. Ce que j’organise également, c’est des échanges de vignettes Panini durant l’année avec eux. Sincèrement, je pense que sans les enfants, ma boutique serait fermée. Et puis avec eux tu sais à quoi t’en tenir : s’ils n’aiment pas quelque chose, ils vont te le dire directement. Il faut garder son âme d’enfant !

 

Que proposez-vous d’autre comme produits ?

Marc BAREK : Au niveau des autres produits, je vends pas mal de cigarettes. La technique, c’est de voir qui t’offre les meilleures marges et de ne pas hésiter à séparer tes achats. Moi par exemple, j’achète mon tabac à un endroit et mes cigarettes chez un autre. Après, comme je suis Bruxelles, tu peux toujours en trouver des cigarettes pas chères, mais je préfère ne pas m’y risquer, car il faut toujours se méfier des gens qui viennent te trouver en te disant qu’il leur reste dix fardes à bon prix que tu vas revendre facilement.

J’ai également les colis via Kariboo. On m’a proposé d’être Point poste, mais quand je vois les soucis que j’ai eus avec d’autres opérateurs de colis je préfère ne pas m’y risquer. De plus, je trouve que cela n’est pas rentable par rapport à la place que je devrais allouer aux colis dans mon magasin.

J’ai bien évidemment les produits de la Loterie Nationale. Cela fonctionne pas mal, mais ce qui nous tue avec la Loterie, c’est le nombre de points de vente. Rien qu’ici sur la chaussée il y a dix magasins qui vendent des produits de la Loterie Nationale. C’est difficile de toujours augmenter ses ventes.

Au niveau des bornes de paris sportifs, je trouve que c’est un amène misère. Des gens viennent parfois y blanchir de l’argent. J’ai une seule borne, mais ce sont surtout des habitués qui jouent dessus. Tenez l’agence Ladbrokes juste à côté, ils se sont fait braquer plusieurs fois et il y a déjà eu des bagarres. Je ne veux pas de ça chez moi. On m’a proposé d’ouvrir une salle de jeux dans ma librairie/presse, mais je ne pense pas que cela soit une bonne idée.

Enfin, je propose aussi un service de photocopies. J’ai l’avantage qu’il n’y en a plus dans le quartier, mais c’est plus du dépannage qu’autre chose. Je ne gagne pas beaucoup dessus.

 

Revenons un instant sur les clients, on sent qu’ils sont très importants pour vous !

Marc BAREK : Je connais peu de libraires/presse qui vous diront le contraire. Ma philosophie c’est d’être positif au maximum. Les clients me boostent véritablement. D’ailleurs, je dis souvent que je ne travaille pas, mais que je suis chez moi. La preuve, c’est que derrière mon comptoir, j’ai une salle avec ma table, ma cuisine, ma télé, etc. !

Et puis il y a tout un jeu avec le client. Déjà, ma porte est toujours ouverte. Cela aide les gens à entrer et je peux aussi les apostropher si j’en vois que je connais qui passent devant ma librairie/presse. Une fois que le client est à l’intérieur, c’est à toi de jouer ! Il vient pour jouer au Lotto ? Vends-lui autre chose en même temps.

J’estime avoir un très bon contact avec les clients. Je m’amuse même avec eux ! Le plus important, même si tu as des soucis, c’est de ne pas les faire rejaillir sur les clients. Ils ne sont pas là pour entendre tes problèmes et mon but c’est qu’ils ressortent toujours de ma librairie/presse avec le sourire.

 

Est-ce qu’être libraire/presse à Bruxelles c’est différent d’ailleurs ?

Marc BAREK : C’est difficile à dire. J’imagine qu’il doit y avoir quelques différences, notamment de clientèles selon la ville et la province dans laquelle vous vous trouvez. Personnellement, je trouve qu’il y a surtout une différence entre les librairies/presse de centre-ville et celles de quartier. Comme je l’ai dit au début, ici c’est une librairie/presse de quartier. Il y a un véritable effet de petit village et une ambiance de quartier. Tout le monde se connaît, tout se sait très vite. Et puis j’ai aussi la chance d’avoir mon chien qui aide à se sentir en sécurité quand on en a vraiment besoin.

 

Quels sont vos projets pour le futur de votre librairie/presse ?

Marc BAREK : Projet, c’est un grand mot ! J’ai déjà soixante ans donc je n’en ai pas de grand en chantier. Idéalement, je pense que j’aimerai vendre plus de jouets, d’articles cadeaux et de nourriture-snacks, car c’est ce qui marcherait le mieux avec ma clientèle d’enfants et de jeunes. Ils passent le matin avant les cours, sur le temps et midi et aussi en fin de journée avant de reprendre le bus ou de rentrer chez eux.

J’ai également la possibilité d’ouvrir mon magasin derrière le comptoir pour agrandir la surface de vente.

Et pourquoi ne pas mettre des tables à l’extérieur pour l’été et y vendre des crêpes, des petits gâteaux, etc.

 

Vous êtes membre de Prodipresse, que pensez-vous de cette organisation professionnelle ?

Marc BAREK : Je suis membre depuis longtemps chez Prodipresse. J’ai même été assez impliqué au sein de l’organisation à un moment, mais j’avais l’impression que rien n’aboutissait. À l’époque, j’allais « démarcher » des collègues libraires/presse, mais j’ai surtout rencontré des gens assez fermés.

Ils voyaient un peu Prodipresse comme un phare : tu savais que Prodipresse était là, mais tu avais l’impression qu’il n’y avait aucun recours.

Aujourd’hui, cela a changé avec l’engagement de l’équipe des permanents. Prodipresse s’implique plus ou en tout cas obtient plus de résultats et surtout communique dessus. Je trouve que c’est une très bonne chose et j’espère que cela va continuer pendant longtemps !

 

Comment voyez-vous l’avenir du métier de libraire/presse ?

Marc BAREK : Je ne suis pas négatif, mais je pense qu’il faudrait se spécialiser dans le choix de la presse. Aujourd’hui, les gens lisent l’actualité sur leur téléphone ou en diagonale. Le mieux serait de se lancer dans les livres et les magazines spécialisés (comme ceux sur le golf par exemple), mais il faut évidemment connaître son sujet.

Pour moi, les magazines people ne servent plus à rien, on peut tout trouver sur internet. C’est pareil pour la cuisine et le jardinage. La presse en elle-même est en train de mourir. De façon générale, j’ajouterai également que les gens sont un peu timides. C’est vite chacun chez soi. Il faudrait plus d’échanges.

 

Avez-vous une petite anecdote pour terminer ?

Marc BAREK : Comme tous mes collègues libraires/presse, je pourrais vous en raconter un sacré nombre ! Mais comme vous m’en demandez une seule, je vais choisir la fois où un polar se déroulant à Bruxelles est paru.

J’en avais vendu une vingtaine de livres « La Main » et un jour, un client est entré dans ma librairie/presse et qui travaillait dans le monde des médias. Je lui ai demandé pourquoi il n’en faisait pas une série. Et bien, il a contacté la RTBF avec avec les deux auteurs du livre et il va être adapté en série télévisée !

L'avis de ProDiPresse

 18/06/2018

Prodipresse et Perstablo, les deux organisations professionnelles francophone et néerlandophone des libraires/presse en Belgique, demandent un véritable plan de politique de santé publique efficace.

Le SPF Santé nous a informés ce mardi 12 juin du projet de la ministre d’introduire le paquet neutre. Mais de l’aveu même de Mathieu CAPOUET, le fonctionnaire en charge du dossier, cette mesure ne sera efficace que si elle est accompagnée d’autres mesures. Prodipresse et Perstablo se posent dès lors la question de savoir quel sera le réel impact de cette mesure, hormis le côté emblématique, si elle n’est pas accompagnée d’une vraie politique cohérente et complète.

La ministre s’appuie sur des éléments d’enquêtes dont on ne connaît pas les sources, avec de nombreuses incohérences aux niveaux des dates et des informations partielles. Prodipresse et Perstablo estiment qu’il est temps d’avoir une politique de santé globale, qui tient compte des aspects liés à la santé publique et à la sensibilisation des consommateurs. Il serait plus intéressant, pertinent et efficace de réellement consulter les parties prenantes et de réfléchir ensemble à établir une politique de santé, tout en tenant compte de tous les impacts de ce type de mesure et en anticipant les modes de consommation de l’avenir.

Le réseau a un rôle à jouer dans la santé publique du pays. Nous sommes un réseau de spécialistes de produits de vente non-libres (tabac, jeux, alcool) et dont c’est le chiffre d’affaires principal. Nous voulons être acteurs, réels partenaires de la politique santé, mais force est de constater que notre avis n’est pas pris en compte. Nous ne sommes pas consultés et ne recevons jamais de réponse à nos courriers. Les libraires presse du pays font appel à un réveil du monde politique, des mandataires et de l’opinion publique. Nous sommes un maillon indispensable dans ce processus. Nous sommes sur le terrain, nous informons nos clients, nous les connaissons et nous les guiderons en fonction des mesures qui seront prises suite à un vrai débat et un vrai choix pour notre société de demain.

En Allemagne, le paquet neutre n’existe pas et la publicité est toujours autorisée dans les lieux publics. Ce pays enregistre pourtant le plus bas taux de jeunes fumeurs grâce à une politique de prévention efficace et adaptée au jeune public. En France, le paquet neutre est d’application avec une politique de prix forts sur le tabac traditionnel. Par contre, la Ministre de la Santé s’est positionnée en faveur des nouvelles technologies comme l’e-cigarette pour que le réseau puisse aider les fumeurs à transiter vers des produits moins nocifs. C’est également le cas au Royaume-Uni.

Pour Prodipresse et Perstablo, il est donc grand temps que ce débat au sein des instances publiques ait lieu. Les deux organisations confirment leur volonté d’y jouer un véritable rôle sociétal comme leurs membres le font au quotidien dans leur commerce de proximité. Pour rappel, le Parlement reconnaissait le 16/05/2015 au travers d’une résolution (DOC 53 1710/006) le « rôle précieux que jouent les marchands de journaux dans le tissu économique et social (…) ».

Pour toute information complémentaire :

      • Xavier DEVILLEPrésident de Prodipresse - 00 32 475 80 41 49
      • Yannick GYSSENSPrésident de Perstablo - 00 32 475 48 77 49

« Prodipresse et Perstablo sont des associations qui ont pour objet de développer le professionnalisme du réseau de vente, de pérenniser le réseau de vente de proximité, d’accompagner les mutations commerciales et sociétales, et de défendre les intérêts de leurs membres. Prodipresse a pour but d'informer, de communiquer, de dispenser des formations et de mettre en place un label de spécialiste presse, d'inventorier, de cartographier et de mettre en place des outils permettant de rendre la presse accessible au plus grand nombre, de faire un travail de veille économique, d’identifier les enjeux pour la profession (site web collectif, coopérative), de négocier et de représenter le réseau des diffuseurs de presse auprès du monde professionnel dans sa branche d'activité et effectuer un travail de lobbying auprès des différents acteurs économiques, politiques et sociaux. »

Zoom libraire

 14/06/2018

Pour ce Zoom libraire, Prodipresse a décidé de pousser la porte de la Librairie des Faubourgs, située à au centre d’Arlon dans la province du Luxembourg. Derrière une façade d’apparence plutôt classique se trouve un point de vente tout en longueur. Sur la gauche, un long comptoir accompagne presque les clients jusqu’au fond de la librairie/presse. Sur le côté droit, un linéaire presse qui coure tout le long du mur. Bienvenue dans le plus gros point de vente Lotto de toute la Belgique !

 

Bonjour Pascal, pouvez-vous présenter et expliquer votre parcours de libraire/presse ?

Pascal PIRON : Bonjour Colin, la librairie/presse chez nous c’est une affaire de famille ! Au départ, c’est mon papa, alors grossiste en tabac, qui a décidé d’ouvrir cette librairie/ presse en 1976. J’ai tout naturellement commencé à l’aider avant de reprendre sa succession il y a trente-cinq ans.

Au début je travaillais seul, mais au bout d’un moment, vous avez besoin d’aide sinon votre santé vous lâche. Actuellement, nous sommes deux à temps plein et nous avons un étudiant qui vient nous donner un coup de main le samedi. Mon fils vient également m’aider de temps en temps. Je pense que c’est un gros avantage de travailler en famille.

 

Dès votre vitrine, on aperçoit des articles de Carnaval (masques, confettis, déguisements). Avez-vous développé des produits spécifiques en fonction de votre clientèle ?

Pascal PIRON : Cela fait quelques années que j’ai décidé d’adapter les produits que je propose par rapport aux différentes saisons et aux fêtes, notamment celles de fin d’année. D’ailleurs, à cette période, nous vendons désormais des feux d’artifice.

Au Carnaval, comme vous l’avez vu, nous avons aussi des masques et des déguisements. Cette année, nous allons proposer un assortiment de produits liés à la Coupe du Monde (écharpes, drapeaux, etc.). Lors du dernier Euro de football, nous avions installé une table devant la librairie/presse avec des produits estampillés Diables Rouges et cela marchait plutôt bien. Cependant, de façon générale, le souci avec ces produits c’est qu’il s’agit de revenus faciles donc tout le monde s’y met et vous perdez votre « exclusivité ». Cela explique pourquoi je prends désormais moins de ces produits. Et puis il y a aussi le problème de la disparition des petits fournisseurs chez qui vous pouviez avoir des prix et vous réapprovisionner plus facilement.

Concernant les paris sportifs, j’ai fait le choix de mettre en concurrence plusieurs opérateurs. Cela m’amène une clientèle différente de celle des agences, donc ces clients ne vont pas rester trois heures devant l’écran. C’est un produit qui fonctionne bien en termes de revenus et de clients, mais ce n’était pas facile à démarrer. J’ai fait le choix de mettre des écrans d’ordinateur et pas des bornes de paris sportifs, car je trouve que le contact client et le conseil sont plus faciles sous cette forme-là.

Par rapport aux autres services proposés, nous avons un grand nombre de titres de presse, ce qui nous permet d’avoir des revues spécifiques. Nous faisons aussi un peu de réservations et de commandes. Nous avons une boîte aux lettres TBC Post, mais nous ne sommes pas satisfaits du système des recommandés chez eux. En plus de cela, nous sommes point UPS, Mondial Relay et Kariboo.

Au niveau des livres, nous avons juste les best-sellers que nous mettons au comptoir et qui partent assez vite et nous travaillons avec des éditeurs locaux comme Weyrich.

 

Vous êtes actuellement le plus gros point de vente Lotto de toute la Belgique. Comment en arrive-t-on là ?

Pascal PIRON : Je crois que notre gros point fort c’est notre régularité. Au début, j’organisais de temps en temps des cagnottes pour les tirages de la Loterie. Maintenant, c’est quasiment tout le temps. Les clients m’appellent même pour me demander quand aura lieu la prochaine cagnotte ! Mais j’aimerais ne pas trop en faire. Je veux garder des gens qui ont le plaisir de venir chez moi.

Ce qui m’a aussi boosté, c’est le fait d’avoir eu deux gros gagnants (ndlr : plus d’un million d’euros) en dix ans. Et puis, je me trouve aussi dans une région où les clients ont un pouvoir d’achat plus élevé qu’ailleurs.

 

Vous avez pourtant d’autres librairies/presse pas très loin de chez vous. Et le Club d’Arlon vend des produits de la Loterie Nationale. Cela ne vous fait pas de tort ?

Pascal PIRON : Non, car je pense que chacun a sa clientèle habituelle. Concernant cette ouverture de nouveaux points Lotto, j’ai un avis assez tranché. Dans notre région du Luxembourg, il n’est pas rare d’avoir des villages où le/la libraire/presse a mis la clé sous la porte et où il n’y a plus de possibilité d’acheter un billet de Loterie à moins de prendre sa voiture et de faire quelques kilomètres pour aller à la ville la plus proche.

Il m’est arrivé de voir des gens entrer dans ma librairie/presse et me dire que l’indépendant de leur village a fermé et qu’ils songent à s’abonner au Lotto via internet pour ne pas devoir faire des longs trajets à chaque fois qu’ils veulent jouer.

Dans ces cas-là, je comprends que la Loterie rouvre un nouveau point Lotto en dehors d’une librairie/ presse. Cependant, je ne suis pas pour l’installation d’un point Lotto dans une zone où il en existe déjà un ou deux. Cette solution ne me semble pas utile. D’ailleurs, j’ai peur de l’utilisation que la Loterie fait d’internet.

 

Vous craignez le numérique de façon générale ?

Pascal PIRON : Sincèrement, oui. Aujourd’hui, on ne nous attend plus ! Si tu n’es pas là, si tu n’ouvres pas à l’heure ou que tu n’as pas les journaux, les clients vont sur leur smartphone voir l’actualité et tu rates le coche.

J’ai quand même créé une page Facebook pour ma librairie/presse au bout de quelques années, notamment sur les conseils de mon représentant de la Loterie Nationale. Il m’a conseillé de partager les gros gains obtenus dans mon commerce.

Nous alimentons aussi notre page avec les paris sportifs. Cependant, je trouve dur, voire impossible, de quantifier le réel impact des réseaux sociaux. Nous avons un peu plus de 2.000 likes sur notre page, mais quand nous publions nous avons une dizaine de personnes qui like ou partagent la publication. Et en librairie/presse, il n’y a pas forcément plus de passage.

 

En tant que libraire/presse, vous êtes affilié à Prodipresse. Pour vous, est-ce important d’être membre d’une organisation professionnelle ?

Pascal PIRON : C’est même très important ! Parmi les gros avantages, je retiens surtout les documents mis à la disposition des membres, comme les Fiches Techniques par exemple. Prodipresse remplit un rôle très important, car en tant que libraires/ presse, nous n’avons pas le temps de tout faire et Prodipresse nous aiguille. L’organisation peut également fournir un suivi juridique quand il y a des problèmes. C’est un vrai plus.

Bien sûr, il y a toujours des choses sur lesquelles on aimerait avancer. Par exemple, je rêve d’une solution pour les encyclopédies qui permettrait d’échanger entre collègues des numéros qu’un(e) de vos client(e)s vous a demandé parce qu’il lui manque. Donc si jamais vous trouvez une solution un jour, je suis preneur !

 

Avez-vous des projets futurs pour votre librairie/presse ?

Pascal PIRON : J’en ai au niveau de l’aménagement de mon point de vente. À l’entrée de mon magasin, j’aimerais enlever les nombreuses armoires que j’ai et aménager le coin confiserie et boissons en quelque chose de plus cocooning. Au fond de ma librairie/presse, il y a le coin jeu que je souhaiterais également améliorer pour bénéficier de plus de place et avoir un endroit mieux défini.

De façon générale, j’aimerais me créer une demande de produits spécifiques (produits bio, chocolat, etc.) mais cela demande un gros travail de vente et de conseil. Je ne veux pas me lancer dans l’inconnu.

 

Comment voyez-vous l’avenir du réseau dans le Luxembourg et de façon générale ?

Pascal PIRON : Au niveau du Luxembourg, les villages se vident et deviennent des « villages-dortoirs » où les petits magasins ne sont plus utiles, à moins d’ouvrir le soir quand les gens rentrent du travail. Il y a une vraie perte du potentiel de clients. La solution serait peut-être de décaler ses horaires d’une heure, car nous sommes en décalage par rapport à la vie du monde moderne. Je ne suis cependant pas encore prêt à le faire.

De façon générale, l’avenir qui nous attend est bizarre, mais je reste optimiste, car le nombre de librairies/presse se stabilise. Il y a eu un gros boom à un moment, les gens levaient leur volet en pensant que cela allait être facile. Ce sont ces libraires-là qui ont fermé boutique, car ils n’ont pas compris que quand vous devenez libraire/presse, vous prenez les bons comme les mauvais côtés. C’est un peu une vocation. Actuellement, on revient à une situation plus normale en termes de nombre.

Une solution est de se diversifier, mais plus on le fait et plus on perd nos origines. L’idéal est de trouver le bon créneau, son créneau, qui va rapporter et de travailler des produits que l’on aime. Sans oublier le contact avec les gens qui nous sauve aujourd’hui et dans le futur. Personnellement, je m’amuse encore énormément dans ce métier !

Prodipresse vous informe

 14/06/2018

La Loterie Nationale a décidé de revoir le billet à gratter Mots Croisés en proposant désormais deux éditions : un billet à 3 € au nouveau design et un tout nouveau billet à 5 € avec 2 grilles de jeu.

Informations pratiques :

      • Lancement : le lundi 11 juin 2018 ;
      • Numéro de jeu : 506 pour l'édition à 3 €, 521 pour l'édition à 5 €, 522 pour l’édition allemande à 5€ ;
      • Gain minimum garanti par paquet scellé : 68 € pour l'édition à 3 €, 55 € pour l'édition à 5 €.

Vous trouverez toutes les informations dans le Lop'date et le matériel publicitaire est à placer à partir du lundi 11 juin.

Prodipresse vous informe

 14/06/2018

« Ladbrokes.be » vous offre 80% de marge sur la vente du Guide de la Coupe du monde en Russie.

À l’occasion de la Coupe du Monde de Football 2018, « Ladbrokes.be » publie le guide de référence pour les fans de football et les parieurs. Vendu au prix de 9,90€ il sera, selon la formule consacrée, disponible dans toutes les bonnes librairies/presse à partir du 31 mai 2018.

Dans le cadre de sa relation privilégiée avec les librairies/presse et sa volonté de se rapprocher des acteurs de terrain que sont les libraires/presse, « Ladbrokes.be » a le plaisir de vous annoncer que 7,47€ par exemplaires vendus vous seront restitués (soit 80% de la marge sur le prix de vente HTVA).

Richement illustré et composé, entre autres choses, des profils de toutes les équipes participantes, des joueurs clés, ainsi que des statistiques pour proposer au lecteur des aides pour parier, le guide édité par « Ladbrokes.be » se positionne comme l’ouvrage le plus complet disponible pour cet évènement majeur.

Une affiche promotionnelle vous sera également offerte par « Ladbrokes.be » lors de la distribution des Guides afin de vous permettre de le mettre en avant dans vos librairies/presse.

Zoom libraire

 14/06/2018

La façade de la Librairie Atmosphère s’étend sur pratiquement dix mètres. Sa grande vitrine donne l’occasion aux passants d’avoir une bonne vue sur la grande diversité des produits proposés et sur la profondeur du point de vente. Une fois passé la porte, un véritable univers s’ouvre à vous : sur votre droite de la carterie et une pièce uniquement dédiée à la papeterie ; sur votre gauche des présentoirs de bics, stylos, marqueurs et autres fluos ; en face de vous des rayonnages de presse et de livres à n’en plus finir… sans oublier la pièce du fond remplie de bandes dessinées. Bienvenue chez Christian LEVRIE, Président de la région de Namur pour Prodipresse et libraire/presse depuis presque vingt ans dans la région.

 

Bonjour Christian, quand avez-vous commencé votre parcours de libraire/presse ?

Christian LEVRIE : Bonjour Colin, j’ai commencé comme libraire/presse il y a presque dix-sept ans. J’ai commencé par tenir un magasin à Gilly pendant deux ans et demi. Je vivais alors à Tamines et je savais qu’il y avait une librairie/presse tenue par deux sœurs qui fermait systématiquement quand elles partaient toutes les deux en vacances. Je trouvais cela dommage, car elles perdaient une partie de leur clientèle à ce moment-là. J’ai fi ni par reprendre ce point de vente étant donné qu’il avait un beau potentiel. J’y suis resté neuf ans, avant d’acheter ce bâtiment-ci dans lequel j’ai ma librairie/presse actuellement. Le 1er avril, cela a fait quatre ans que je suis ici.

Je tiens la librairie/presse avec ma femme, Patricia, et notre fils vient nous donner des coups de main assez souvent.

 

Quand on entre dans votre librairie/presse, on est frappé par sa taille (environ 250 m²), on imagine que cela a dû jouer dans votre décision d’acheter le bâtiment ?

Christian LEVRIE : Dire le contraire serait mentir. C’est agréable de pouvoir bénéficier d’autant d’espace pour développer ses gammes de produits. En plus du rez-de-chaussée, nous bénéficions aussi d’un étage lui aussi d’une belle superficie. Le tout est de trouver comment l’occuper !

En revanche, mon point de vente a un gros problème : le manque de possibilités de stationnement. Au départ, quand j’ai acheté le commerce, le Bourgmestre avait donné son accord pour se garer devant, mais maintenant mes clients ont des amendes quand ils le font. Et évidemment, personne à la commune ne répond quand nous les interpellons pour le stationnement temporaire…

 

Vous parliez de vos produits, quels sont ceux que vous proposez ? Avez-vous développé des produits spécifiques en fonction de votre clientèle ?

Christian LEVRIE : La grande taille de mon point de vente me permet en effet de proposer pas mal de produits différents. Outre la presse, le tabac et le jeu, nous avons un grand espace alloué à la papeterie. Nous avons beaucoup travaillé ce produit donc nous avons une gamme assez fournie : classeurs, fardes, cahiers, blocs de feuilles, bics, marqueurs, stylos, etc. Bon, nous nous limitons quand même en papeterie aujourd’hui à cause de la concurrence. Nous avons aussi fait le choix de ne plus vendre de produits « licences », car cela ne rapporte pas beaucoup et il nous en reste toujours sur les bras. Nous avons également une grande offre en livres et en bandes dessinées. Nous travaillons avec plusieurs écoles, dont le Collège Saint-André situé plus loin, en livres scolaires et livres de lecture.

Cela nous permet d’avoir pas mal de livres différents dans nos rayons. Parmi les autres produits, nous avons aussi des Guides du Routard et des cartes Michelin. Nous sommes point poste et recevons les colis UPS. D’ailleurs le point poste permet de drainer pas mal de passage dans le point de vente.

Au niveau des paris sportifs, nous mettons deux bornes à la disposition de nos clients. Je dois bien avouer que nous n’avons pas de gros parieurs et que la clientèle n’est pas toujours terrible, mais nous avons certains habitués.

Il y a aussi le tabac évidemment ! Avant de déménager dans ce point de vente, nous en vendions beaucoup plus, car nous étions sur le chemin de la gare. Quand nous avons changé d’endroit, nous avons diminué en cigarettes. De façon générale, je dirai que la clientèle a un peu changé avec le changement de lieu.

Terminons avec l’alcool fort. Nous nous sommes lancés dans la vente de ce produit en janvier 2017. Il y avait un commerce plus bas dans la rue qui en vendait et lorsqu’il a fermé, nous avons été mis en contact avec le fournisseur pour récupérer la marchandise.

Ce sont surtout des produits qui ne sont pas présents dans les grandes surfaces (rhum et whisky principalement). Quant à la deuxième partie de la question, les produits que nous vendons n’ont pas été demandés spécialement par la clientèle. Il s’agit principalement d’envies personnelles.

 

Vous êtes affilié à Prodipresse, mais également président de la Province de Namur. Que pensez-vous de cette organisation ?

Christian LEVRIE : Mon avis ne sera pas totalement objectif ! Cela fait longtemps que je suis impliqué chez Prodipresse. D’abord comme membre du bureau, puis comme président régional. Je ne vais donc pas vous surprendre en vous disant que pour moi, une organisation professionnelle comme Prodipresse, qui défend le secteur et le représente est très importante.

Dans la rubrique Vue des régions du dernier magazine, je parlais du prix unique du livre et de tout le travail qu’il y avait eu derrière ce projet qui a duré plus de trente ans. Je pense que Prodipresse joue un grand rôle à long terme dans bon nombre de projets importants qui touchent le réseau des libraires/presse. À court terme, cela peut être frustrant pour certains qui ont l’impression que les choses n’avancent pas, mais en coulisses, la machine Prodipresse ne s’arrête jamais tant que ces projets n’ont pas aboutis. Et pour cela, je tire mon chapeau à l’équipe !

En tant que président de la Province de Namur, je relaie les problèmes constatés sur le terrain ainsi que les retours positifs des collègues namurois lors de chaque Conseil d’administration avec les autres présidents de Prodipresse. Ce rôle de relais est également très important pour continuer d’avancer en ayant conscience de la réalité de terrain.

 

Comment décririez-vous la situation du réseau des libraires/presse dans la Province de Namur ?

Christian LEVRIE : Ce qui me frappe surtout, notamment dans mon coin, c’est le nombre de magasins types « Sun Set » et « Night & Day ». Concrètement, dès qu’un ouvre quelque part, le second le fait aussi pour le concurrencer.

Comme si cela ne suffisait pas d’avoir un « concurrent » direct près de votre librairie. C’est mon cas avec un point de vente « Sun Set » plus bas dans ma rue et un « Night & Day » un peu plus haut.

Sinon, je dirais que comme partout ailleurs, la situation de chaque point de vente dépend des autres commerces similaires dans la région. Chez moi, par exemple, ma vente de produits de la Loterie nationale a augmenté à la suite de la fermeture de trois points de vente dans les environs. Cependant, j’ai perdu en presse, notamment sur le Ciné Télé Revue, quand le magasin Champion l’a eu. Maintenant, le petit Carrefour du coin l’a aussi donc je pense que je vais encore perdre un peu en volume. Malheureusement, c’est le cas pour les libraires/presse un peu partout.

 

Avez-vous des projets futurs pour votre librairie/presse ?

Christian LEVRIE : On a toujours des projets ! Reste à voir lesquels seront réalisables et sur quelle durée. Dans l’immédiat, nous aimerions créer des événements pour promotionner l’alcool que nous vendons. J’imaginais par exemple une dégustation d’ici juin, avant la fête des Pères.

J’envisage aussi de vendre des cigares, car c’est une envie que j’ai depuis longtemps. Ma femme a toujours freiné, mais je pense qu’elle est en train de changer d’avis !

Finalement, nous aimerions trouver une bonne idée pour occuper l’étage de la librairie/presse. Pour le moment, c’est un ami qui vend des costumes qui a ses produits disposés à l’étage. Ce qui est plutôt positif, car cela attire du monde tous les jours. De temps en temps, il y a des gens qui achètent aussi des articles chez moi. Quant à la future occupation de l’étage, nous avons un peu réfléchi avec mon épouse et elle pensait à y installer des boutiques éphémères. Le tout serait de savoir comment annoncer efficacement leur présence. Mais tout cela est encore en cours de réflexion…

 

Comment voyez-vous l’avenir du réseau des libraires/presse ?

Christian LEVRIE : Comme beaucoup d’autres de mes collègues, je pense que les petits points de vente vont finir par disparaître. Les libraires/presse qui louent le bâtiment dans lequel se trouve leur commerce risquent aussi d’être coincés au bout d’un moment. Parfois, ils ont un gros loyer et il n’y a pas de possibilité d’extension de leur magasin. Ils sont vite limités.

Dans notre librairie/presse, si nous tenons le coup c’est avant tout parce que nous nous sommes diversifiés. Au bout d’un moment, vous êtes obligés de proposer et de vendre des produits avec plus de marge que la presse voire le tabac. Nous avons également la chance d’avoir une grosse clientèle en papeterie et des écoles dans les environs que nous fournissons en livres.